‹ Œuvres dramatiquesChapitre 281 sur 290 · DIANE · texte numérisé non relu

DIANE

Allah garde votre Altesse !

Que votre turquerie soit la bien venue ! Donnez-moi vos pieds.

Ils tiennent à mes jambes.

Vos mains alors.

1 . Cela met sur la voie de la scène où M. Jourdain est reçu marna mouchi, niais la charge n'est pas aussi forte.

LA FAUSSE INGÉNUE

diane. — Si je vous les donne, comment voulez-vous que je m'habille après !

laura. — Que Votre Altesse fasse avancer un siège.

Diane. — Ne pouvait-il pas en apporter un de chez lui !

laura. — C'est l'usage... [à Fabio). Que votre seigneurie veuille bien s'asseoir.

julio, à part, à Teodora. — Il me semble en vérité reconnaître Fabio.

teodora. — Elle le connaissait à peine, et il aura pris ce costume hétéroclite pour flatter son idée.

julio. — Sa stupidité ne fait plus de doute ; seul, ce qui se passe pourrait suffire à faire la preuve de simplicité niaise la plus grande qu'on ait jamais vue ou ouï conter.

fabio, bas à Diane. — Alexandre, belle Diane, vient de faire prendre position à l'infanterie, et il a formé dans le palais un escadron d'arquebuses et de piques. Il donne ses ordres, monté sur un coursier dont les pieds font jaillir des étincelles; l'animal s'enlève par bonds avec son cavalier, tellement impatient du frein, qu'il semble toujours prêt à briser ses sangles.

Diane. — Continuez, monsieur l'ambassadeur.

fabio. — Puisque vous m'ordonnez de continuer, sachez, madame la Duchesse, que, par l'organe de moi. Mustapha, son ambassadeur, le grand Sultan Mahomet, empereur de la Chine, de Tartarie et de Dalmatie, d'Arabie et de Fontarabie, vous envoie son salut.

Diane. — Ce qui m'étonne, c'est que dans votre si longue route, et marchant si vile, vous n'ayez pas perdu ce salut1 que vous m'apportez.

fabio, bas à Diane. — La singulière figure que font nos personnages en m'écoutant !

diane, de même. — Prends garde à ne rien dire qui puisse me perdre.

fabio, de même. — Oh! si vous aviez vu de quel air marchait Alexandre! Il avait un éclat à faire pâlir l'envie.

diane. — Continuez, monsieur l'ambassadeur.

1. Jeu de mots intraduisible sur salud, qui signifie à la fois « saiut » tet '< santé. »

fabio. — Le Sultan a reçu voire lettre, au sortir de la mosquée, en présence de Jarifa1, lettre par laquelle vous l'informez que vous avez formé le projet de conquérir la Palestine, qui est la Terre-Sainte des Chrétiens; que dans ce but vous avez ordonné de grandes levées dans vos états, et fait broder sur vos bannières la lettre C et la lettre T, ce qui signifie : Controles Turcs. [Bas ci Diane.) Alexandre m'a dit qu'il profiterait pour venir vous voir du moment où il mettrait l'escadron en bataille.

Diane, de même. — Cet espoir est ma vie. (//«^^Continuez, monsieur l'ambassadeur.

fabio. — A la lecture de cette missive, qui témoignait d'un si haut degré d'arrogance, le Sultan se prend la moustache, et dans le transport de sa colère, il s'agile de telle façon qu'il en a fait craquer la ceinture de son pantalon garance. Finalement, il m'a donné l'ordre de partir le jour même, de prendre des mules vivement, là où je ne trouverais pas de relais, et une fois arrivé en Italie, de vous dire... rien du tout. Ma mission est terminée, il neme reste plus qu'à reprendre le chemin d'Anatolie, de Caramanie et de Barbarie.

(Il sort avec le même cérémonial.)

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