SCÈNE XII
Entrent ALEXANDRE, en costume de général; DIANE, <"/ cheval: FAlîlO, SOLDATS, avec arquebuses, tambours et bannières; FOULB DE PEUPLE.
julto. — Voilà Octave, notre général : mais quel est ce
jouvenceau qui s'avance à cheval avec tant de bonne grâce?
camilo. — Quelle élégante tournure !
julio. — Superbe.
''Les trompettes sonnent pendant que Diane monte les degrés du vestibule du palais).
teodora . — Fenisa, je ne sais ce qui arrive; mais la cité tout entière a les yeux fixés avec admiration sur ce jouvenceau.
Diane. — Amis, je m'appelle Diane; je suis la duchesse, la dame d'Urbin. Il n'y a pas d'autre droit que le mien à la possession de cet État dont je m'empare aujourd'hui. Cet État fût-il plus grand, je saurais le gouverner, je saurais être à la hauteur des devoirs que m'imposerait le trône. J'étais menacée par les prétentions de Teodora. Pour m'assurer le succès, j'ai déguisé la finesse de mon entendement, jusqu'au jour où je pouvais compter sur une armée en campagne. Cette armée, vous la voyez. Ainsi, peuple d'Urbin, les armes seront désormais les arguments à qui je confie la justice de ma cause. Les tours, les pontslevis, les portes, les fossés, sont sous bonne garde. Le premier qui bouge sera fusillé. Julio, Teodora et Camilo, sont bannis à perpétuité de mes États : je leur fais grâce de la vie, par égard pour moi-même. Je leur paye et avec usure la moquerie qu'ils ont faite de moi, car ils vont en exil nourrir à loisir leur dépit et leur colère. Je donne à Fabio la main de Laura, en récompense de ses loyaux services...
fabio. — Accepté.
Diane. — Et avec six mille...
fabio. — Ducats de rente?
DIANE . — Oüi.
fabio. — Que réponds-tu, Laura?
laura. — Je t'appartiens.
dune. — Le noble et. vaillant chevalier, ici présent, n'est pas Octave Farnèse ; c'est Alexandre de Médicis, duc d'Urbin, et mon époux.
570 LA FAUSSE INGÉNUE
Alexandre. — Que mon âme réponde, à défaut de mes paroles.
dîane. — Prenez la moitié de cette couronne de laurier queje dépose sur ma tète.
Alexandre. — Plus précieuse que l'or et les diamants.
teodora. — Rien n'égale ma rage et ma fureur.
.tulto. — Il y a noce, mais nous n'en sommes pas.
fabio. — C'est ici la lin de la fausse ingénue. Si vous nous pardonnez nos fautes, nous en aurons plus de cœur, le poët*1 à écrire, et nous à vous servir.
FIN DE LA TROISIÈME ET DERNIERE