‹ Œuvres dramatiquesChapitre 85 sur 290 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Entrent PRUDENCIO et OTAVIO.

prudencio. — Je crois qu'on a eu vent de quelque chose. Mais voilà Teodora.

otavio. — Si la douleur lui arrache des cris, il est certain qu'elles ne pourront ignorer ce qui se prépare.

prudencio. — Il est déjà nuit; fais-moi le plaisir d'attendre un peu plus tard pour commencer l'opération.

otavio. — Mon cœur a une telle soif de vengeance,

L'EAU FERRÉE DE MADRID

qu'il est prêt à crever. — Éloigne d'ici ta sœur. {D'un ton brusque et dur). Et toi, Leonor, va à tes affaires1.

(Leonor se retire.)

prudencio. — Teodora, supposé que tu comprennes ce que je ne comprends pas en toi, laisse-moi seul un moment.

teodora. — A ton aise! Plaise à Dieu seulement qu'il n'en résulte pas pour tous deux plus de peine et de regrets.

prudencio. — Dieu te conduise, sainte nitouche; on connaît maintenant ton hypocrisie.

teodora. — Si l'on s'attaque à mon honneur, quel est celui que l'on respectera? C'est ainsi que tu te laisses entraîner par Otavio, un blanc-bec, un fou?

prudencio. — Pars, et laisse-nous délirer à notre aise

teodora. — Et tu te dis gentilhomme? tu te día sage;'

(Elle s'en va.)

(Entre Salucio.)

salucio. — La torche était toute prête, quand est venu frapper à la porte un personnage dont, la réputation est établie dans toute la ville. J'ai ouvert; je ne pouvais m'y refuser. Faut-il qu'il entre?

prudencio. — Sans doute. Mais dis-moi d'abord son nom.

salucio. — Florencio.

prudencio. — Qu'il n'attende pas. N'éteins pas la torche : elle servira à l'éclairer.

salucio. — Mais le voilà.

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