‹ Œuvres dramatiquesChapitre 87 sur 290 · Ville de Navarre, jadis résidence «les rois · texte numérisé non relu

Ville de Navarre, jadis résidence «les rois

L'EAU FERRÉE DE MADRID

Florencio. — H y a ici quelque' mystère qui vous fait nous prendre pour d'autres.

prudencio. — Belise vivait modeste et tranquille; n'estce pas toi et celui qui t'accompagne qui avez imaginé ce plan destiné à l'abuser, elle et l'hypocrite Teodora; le plan de feindre une maladie qui dure depuis quatre mois, le plan suivant lequel un certain laquais du nom de Bel- Iran, en bonnet et en gants parfumés d'ambre, s'est présenté chez moi comme docteur, et a laissé pour ordonnance de sortir le matin pour aller au Prado, après avoir pris au préalable ce fer qui m'ôte et l'honneur et la vie?

Florencio. — Je veux que celui que je porte à mon côté me traverse le cœur, si je l'ai fait.

otavio. — Vous le nieriez?

(Rentre Salue io.)

salucio. — Cet homme, ce laquais, prétendu médecin que nous retenions prisonnier, étrille sans aucun doute les mules du démon, car on ne sait ce qu'il est devenu, ni lui, ni votre fille.

otavio. — Gomment! Belise?... Autre disgrâce.

prudencio, — Il a disparu et ma fille aussi?

salucio. — Oui, il a disparu ainsi que votre fille.

prudencio. — Donne-moi cette épée, mon neveu : Otavio, donne-moi ton épée, il faut que j'aille tuer ma sœur.

otavio. — Votre sœur? En quoi est-elle coupable?

Florencio. — Messieurs, voulez-vous connaître la cause de toutes vos misères? Apprenez qu'un certain cavalier de leur connaissance m'a soufflé une dame, et c'est pour lui rendre la pareille en lui enlevant Belise, que vous me voyez ici. Venez avant qu'ils ne s'en aillent; je vais vous dire où ils sont.

otavio. — Voilà du nouveau!

prudencio. — Très-nouveau.

Florencio. — Venez.

prudencio. — Qui êtes-vous?

Florencio. — Venez, vous dis-je.

prudencio. — Prenons des armes, mon neveu.

otavio. — Avec tout leur fer, ils finiront par émousser nos épées.

(Ils sortent.)

Page 1