ACTE IV, SCÈNE III 48 i
Deuxième Sentinelle.
Pourquoi gardons-nous la tente royale, sinon pour la défendre contre des ennemis nocturnes?
{Entrent WARWICK , CLARENCE , OXFORD , SOMERSET et des forces).
Wapwick.
Voici sa lente. Voyez oîi se tient sa garde. Courage, mes maîtres. L'honneur est pour maintenant ou jamais! Suivezmoi et Edouard nous appartient !
Première Sentinelle.
Qui va là?
Deuxième Sentinelle.
Un pas de plus, tu es mort!
(WARWICK et les autres crient : « Warwick ! Warwick I » et se précipitent sur la garde, qui se sauve ■ en criant : « Aux armes! Aux armes! » Warwick et les autres la suivent. Le tambour bat, les trompettes sonnent. Rentrent WARWICK et sa suite, amenant le roi en robe de nuit, assis dans un fauteuil. Glocester et Hastings s'enfuient) . Quels sont ceux qui prennent la fuite?
Warwick.
Richard et Hastings. Laissons-les aller. Voici le duc.
Le Roi Edouard.
Le duc! La dernière fois que nous- nous sommes vus ne m'appelais-tu pas roi, Warwick?
Warwick.
La situation n'est plus la même. Le jour où vous m'avez disgracié dans mon ambassade, je vous ai dépouillé de votre qualité de roi. Aujourd'hui je veux refaire de vous un duc d'York. Comment, en effet, pourriez-vous gouverner un royaume, vous qui ne savez pas respecter vos ambassadeurs, ni vous contenter d'une seule épouse, ni traiter fraternellement des frères, ni travailler au bien-être du peuple, ni vous garantir contre vos ennemis?
Le Roi Edouard.
Frère Clarence, es-tu aussi dans ces lieux? Alors, je le vois, Edouard doit succomber. Cependant, .Warwick, en dépit de tous ses malheurs, en dépit de toi-même et de tes complices, Edouard se comportera en roi ! La malice de la fortune peut renverser mon pouvoir, mon âme dépassera le cercle de sa roue !
Warwick, lui enlevant la couronne.
Alors qu'Edouard règne avec son âme. Derechef Henry portera la couronne d'Angleterre. 11 sera le véritable roi, tu n'en seras que l'ombre. Milord de Somerset, à ma requête,
iv. — 41
veillez à ce que le duc Edouard soit immédiatement mené chez mon frère, l'archevêque d'York. Quand je me serai battu avec Pembroke et ses compagnons je vous retrouverai et ferai connaître à Edouard la réponse que lui envoient Louis et dame Bonne. Jusque-là, portez-vous bien, bon duc d'York. Le Roi Edouard.
Ce que les destins imposent, les hommes sont obligés de le supporter. On ne saurait lutter contre vent et marée !
(On emmène le roi Edouard. Somerset V accompagné) . Oxford.
Maintenant que faire, sinon marcher sur Londres avec nos soldats ?
Warwick.
C'est le plus pressé. Délivrons le roi Henry de sa prison et asseyons-le sur le trône ^
[Ils sortent).