POIREAU
Oui, monsieur.
FALSTAFF
Tu es un poireau bien chélif.
Le pointerai-je, sir John?
FALSTAFF
C'est inutile, car tout son équipement est chargé sur son dos, et le tout repose sur deux allumettes : ne le pointez pas.
CERVEAUVIDE, riant.
Ha! bal ha! — comme vous voudrez, comme vous voudrez, sir John; je vous approuve. — François Faiblot!
FAIBLOT.
Me voilà, monsieur.
* Un certain nombre d'Iiommcs qui ne figurent que sur les rûlcs, clduutnous touchons la solde. Aucun détail du métier u'dckappe \ Skakspcare, cet uLscrvaleur univcnel. (,Not4: du tnidiictciir.)
HENRI IV
FAl.STAPF.
Qael est ton état, Faiblot7
KAIBLOT.
Tailleur pour femmes, monsieur.
CERYEAUVIDE.
Le poinlerai-je ?
Pointez-Ie; mais s'il eût été tailleur pour ommes, c'est lui qui vous aurait fait un point. — Is-tu homme à faire autant de trous dans les rangs ennemis que ton aiguille en fait dans la 'obe d'une femme ?
FAIBLOT.
Je ferai de mon mieux, monsieur; vous ne pouvez m'en demander davantage.
FALSTAFF
C'est bien dit, mon digne tailleur pour femmes; bien dit, courageux Faiblot 1 tu seras vaillant comme la formidable colombe ou la souris magnaciime. Pointez-moi letailleur pour femmes, monieur Cerveauvide; pointez-le-moi bien, monsieur Cerveauvide.
FAIBLOT.
J'aurais bien désiré, monsieur, que Poireau pût partir aussi.
FALSTAFF
Et moi, je souhaiterais que tu te fasses tailleur pour hommes, afin deleraccommoderet delemetire en état de partir. Je ne puis enrôler comme simple soldat le chef de tant de bataillons. Que cette raison te suffise, irrésistible Faiblot.
FAIBLOT.
Elle me suffira, monsieur.
FALSTAFF
Je te suis bien obligé, révérend Faiblot. Qui tient après?
Pierre Lebœuf.
FALSTAFF
Parbleu, voyons Lebœuf.
LEBCCCF.
Me voilà, monsieur.
FALSTAFF
Sur ma parole, voilà un gaillard bien bâti I Allons, pointez-moi Lebœuf jusqu'à ce qu'il en beugle.