‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 155 sur 633 · LA KEINE ISABELLE · texte numérisé non relu

LA KEINE ISABELLE

Elle peut rester.

Tocs sorieni, à l'exception du ROI HENRI, de CA- THERINE et de sa DAME D'HONNEUR.

LE BOI BENBI.

Belle Catherine, vous, la belle des belles, daignez apprendre à un soldat des paroles qui plai-

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geot à l'oreille d'une femme , et plaident auprès de son tendre cœur la cause de l'amour' .

CATHERINE

Votre majesté se moquerait de moi; je no saurais parler votre anglais.

O belle Catherine, si votre cœur français veut m'aimer tout de bon , je serai charmé de vous entendre exprimer vossentimens dans votre mauvais anglais. M'aimez-vous, Catherine?

CATHERINE

Pardonnez-moi , je ne comprends pas ce que veut dire aimer"*.

LK SOI BENRI.

Un ange vous ressemble, Catherine, et vous êtes semblable à un ange.

CATHERINE

Que dit-il î que je suis semblable aux anges?

ALICE

Oui vraiment, sauf votre gr&ce, c'est ce qu'il dit.

LE ROI HENRI

Je le dis, Catherine, et je n'hésite pas â l'affirmer.

CATHERINE

0 bon Dieu I le langage des hommes est plein de tromperies I

LE ROI HENRI, à Alice.

Que dit-elle, belle demoiselle? que le langage des hommes est plein de tromperies?

ALICE

Oui, c'est ce que dit la princesse.

La princesse est de vous deux la plus forte sur ranglais*'*. Efifectivement, Catherine, en vous faisant la cour, il est heureux pour moi que vous ignoriez ma langue; je suis charmé que vous parliez si mal l'anglais : si vous le parliez mieux, vous trouveriez en moi un roi si vulgaire, que vous pourriez me soupçonner d'avoir vendu ma ferme pour acheter une couronne. Je n'entends rien au jargon des amans; tout ce que je puis, c'est de vous dire tout uniment : — Je votts aime. Si, au lieu de vous borner à me dire : Est-ce bien vrai? vous exigez que je vous en dise davantage, je suis au bout de mon chapelet. Donnez-moi votre réponse, là, franchement; frappons-nous dans la main, et que ce soit un marché conclu. Qu'en dites-vous, madame?

CATHERINE

Sauf votre honneur, je vous comprends fort bien.

I,B ROI BBNRI.

vive Dieu t s'il me fallait faire des vers ou dan-

Pour comprendre celte scène, il est ne'cesaaire de se rappeler que du» le tnte, Catherine parle en fraufaù, et le roi Hanri «n «nglaia. (tfole du traducttur.)

" Il y a ici un jeu de mou sur ZiAe, semblable, et like, aimer. (Note du traducteur.)

'" Le roi fait allusion au mauvais anglais et à la pitoyable prononciationd'Alice,qui se fait moins comprendre en parlant anglais que sa maîtresse en parlant français. ( Note du traducteur.)

ser pour vous plaire, Catherine, je serais lia homme perdu. Pour le premier de ces exercices, je n'ai ni rime ni mesure ; pour le second, j'ai plus de vigueur que de cadence. S'il ne me fallait, pour conquérir le cœur d'une dame, que sauier prestement en selle, mon armure sur le dos, forfanterie à part, je ne serais point embarrassé ; s'il me fallait faire le coup de poing pour ma belle, ou faire caracoler mon cheval pour obtenir ses faveurs, je défierais un boxeur ou un écuyer de s'en tirer mieux que moi; mais, vive Dieu! je ne puis jouer l'amoureux novice, ni exhaler mon éloquence en soupirs, ni me confondre en protestations savamment calculées ; je ne sais donner qu'une parole toute unie que je ne donne que lorsqu'on me la demande, et que je n'enfreins jamais. Si tu peux aimer, Catherine, un homme de cette trempe, dont la figure ne vaut pas la peine que le soleil la brûle, qui ne regarde jamais dans son miroir pour le plaisir de s'y voir, que tes yeux me le disent. Je te parle en soldat; si je te conviens ainsi, prends-moi; sinon, te dire que je mourrai, ce serait dire vrai; mais dire que je mourrai d'amour pour toi, ce serait mentir, et toutefois je t'aime ; et si tu m'en crois, Catherine, tu prendras pour époux un homme au cœur sincère et sans artifice : il faudra, bon gré, mal gré, qu'il te soit fidèle, car il n'a pas le don de faire sa cour ailleurs. Quant à ces beaux diseurs au babil inépuisable qui s'insinuent dans la faveur des dames, ils en sortent comme ils y sontentrés: la rime les y porta, la raison les en chasse. Après tout, un beau parleur n'est qu'un bavard, la poésie qu'une ballade. Le meilleur jarret s'aifaiblil; la taille la plus droite finit par se courber; uue barbe noire devient blanche; une télé frisée devient chauve, un beau visage se fane, les plus beaux yeux deviennent creux et ternes ; mais un bon cœur, Catherine, un bon cœur, c'est le soleil et la lune; ou plutôt c'est le soleil, non la lune, car il brille toujours, ne change jamais et reste invariable. Si lu veux un homme de celle trempe, prends-moi; en me prenant, tu prendras un soldat, et non seulement un soldat, mais un roi. Voyons, que te semble de mon amour? Parle, ma charmante, et franchement, je t'en conjure.

CATHERINE

Est-il possible que j'aime l'ennemi de la France?

LE KOI HENRI.

Non, il n'est pas possible que vous armiez l'ennemi Je la France, Catherine; mais en m'aimant, c'est l'ami delà France que vous aimerez; car j'aime la France à tel point que je ne veux pas en céder un seul village; je la veux toute entière. Catherine, quand la France sera à moi, et moi à vous, alors la France sera à vous, et vous serez à moi.

CATHERINE

Je ne vous comprends pas.

LE ROI UENRI. i

Non, Catherine? je vais m' exprimer en termes français qui vont rester collés à ma langue comme

HENRI V

une nouvelle mariée au cou de son époux dont on ne peut la détacher. Quand j'aurai jiris possession de la France, et vous possession de moi, — voyons, après? Saint Denis, viens à mon aide! — alors, la France sera vôtre, et vous serez mienne'. J'aimerais autant, Catherine, avoir à conquérir le royaume que d'être ooligé de t'en dire encore autant en français. Je n'obtiendrai jamais rien de toi en français, si ce n'est que tu te moques de moi.

CÀTBERISE.

Sauf votre honneur, le français que vous parlez est meilleur que l'anglais que je parle. LE ROI be:«ri.

Non certainement, Catherine ; mais je pense que nous parlons également mal, vous, ma langue, moi, la vôtre; et je crois qu'à cet égard nous ne nous devons rien. Mais, Catherine, sais-lu assez d'anglais pour comprendre ceci ; Peux-tu m'aimer7

CATHERINE

C'est ce que je ne puis dire.

LE ROI HERRI.

Quelqu'un de tes voisins pourrait-il me le dire, Catherine? je le leur demanderai. Allons, je sajs que lu m'aimes. Ce soir, quand lu stras retirée dans ti chambre, tu questionneras cette demoiselle sur mon compte, et je sais qu'en lui parlant, Catherine, tu déprécieras justement celles de mes qualités que tu aimes le mieux ; mais, ma bonne Catherine, traite-moi avec ménagement, d'autant plus, aimable princesse, que je t'aime à la fureur. Si jamais tu es à moi, Catherine, et il y a quelque chose en moi qui me dit que cela sera, comme je t'aurai conquise les armes à la main, il faut que tu donnes le jour à de vaillans guerriers. Avec l'aide de saint Denis et de saint Georges, ne pourrons-nous, à nous deux, procréer un fils, moitié français, moitié anglais , qui ira A Constantinople tirer le grand Turc par sa barbe? Que t'en semble? qu'en dis-tu, ma belle fleur de lis?

CITBERIRB.

Je ne sait pss cela.

LE ROI HENRI

Non, c'est plus tard que tu le sauras; mais dès à présent tu peux le promettre. Promets-moi seulement, Catherine, que tu contribueras pour ta part à procréer un tel fils, du moins dans sa moitié française, et quant à la moitié anglaise, je promets de m'en acquitter, foi de monarque et de bachelier. Que répondez-vous à cela, o la plus belle Catherine du monde, ma trés-chére et divine diesse' ' t

CATHERINE

Votre majesté possède assez de français menteur pour tromper la plus sage demoiselle qu'il y ait en France.

Le roi prononce en français la phrase que nous avons toulignee. {Soie du traducteur.) " Le roi dit ceci en français. (JVofe du iradiiclenr.)

LE ROI HENRI

Ah! fi de mon français menteur! Par mon honneur, je te le dis en anglais sincère et vrai : je l'aime, Catherine. Par mon honneur, je n'oserais jurer que tu m'aimes, néanmoins, j'ai dans le sang quelque chose qui me dit que cela est, malgré le peu d'attrait que ma figure doit avoir pour loi. Maudite ambition de mon père! sa pensée était absorbée par la guerrecivile quand il m'engendra ; en conséquence, il m'a donné un extérieur dur, un visage de fer, si bien que lorsque je m'approche des dames pour leur faire ma cour, je leur fais peur. Mais la vérité est, Catherine, que plus je vieillirai, mieux je serai ; ce qui me console, c'est que l'âge, ce destructeur de la beauté, ne pourra pas m'enlaidir davanlage. Tu me prends, si toutefois tu consens à me prendre, dans mon état le plus défavorable; quand lu nie posséderas, si lu me possèdes, m me verras g;ignerdc jour en jour. RéponJs-mui donc, belle Catherine, veux-tu de moi? Mets de côté ta timidité virginale; révèleles pensées de ton cœur avec le regard d'une '.mpéra- Irice; prends-moi parla main, etdis-moi: — Henri d'Angleterre, je suis à toi. Tu ne m'auraspas plus tôt (lit ces mots fortunés, que je répondrai à haute et intelligible voix : 1,'AngIeterre est à toi; l'Irlande est à toi , la France est à toi, et Henri Plantagenet est à toi ; et tu peux m'encroire, bien que je le dise en sa présence, tu trouveras en lui, sinon le meilleur des rois, du moins le meilleur des compagnons. Allons, réponds-moi dans ton mélodieux jargon; car ta voix est une mélodie, et ton anglais un jargon.— Veux-tu demoi?

CATHERINE

C'est comme il plaira au roi mon père.

LE ROI HENRI

Oh 1 cela lui plaira, Catherine, cela lui plaira.

CATHEKINE.

Dans ce cas, cela me plaira également.

LE KOI HENRI.

Cela étant, permettez que je vous baise la main, et TOUS nomme ma reine.

CATHERINE

Laissez, monseigneur, laissez, laissez;vraiment, je ne veux pas que vous abaissiez votre grandeur, en baisant la main de votre indigne servante; excusez-moi, je tous prie, mon très-puissant seigneur.

LE KOI HENRI.

Eh bien, je vous baiserai donc sur les lèvres, Catherine ?

CATHERINE

Ce n'est pas la coutume de France de baiser les dames et demoiselles avao( leur noce.

LE Rui BE^RI, à Alice.

Mademoiselle, qui êtes mon interprète, que ditelle?

ALICE

Que ce n'est pas la coutume des dames de France, — Je ne sais pas comment on dil baiser en anglais.

LE KOI HENRI.

To kiss.

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ALICE

Votre majesté sait le français mieux que je ne sais l'anglais.

LE ROI HENRI

Elle veut dire que ce n'est pas la coutume des jeunes filles en France de se laisser embrasser avant d'être mariées; est-ce cela?

ALICE

Oui, vraiment.

LE ROI HENRI

0 Catherine 1 les grands rois font fléchir les coutumes gênantes. Chère Catherine, ce n'est pas à des gens comme vous et moi que les usages d'un pays opposent leurs faibles barrières; c'est nous qui établissons les usages, Catherine ; et la liberté que notre rang nous donne ferme la bouche à la censure, comme je vais fermer la v6tro par un baiser, pour vous punir de me l'avoir refusé, en m'opposant les usages de votre pays: résignez-vous donc de bonne grâce. [Il l'embrasse.) Vos lèvres sont ensorcelées, Catherine; il y a plus d'éloquence dans leur délicieux contact que dans les discours du conseil de France; elles exerceraient sur Henri d'Angleterre une influence plus persuasive que l'intervention de tous les monarques du monde. Voici venir votre père.

Entrent LE ROI et LA REINE DE FRANCE, LE DUC DE BOURGOGNE, BEDFORD, GLOSTER, EXETER, WESTMORELAND, et autres Sei- CNEUivs Français et Anglais.

LE DUC DE ROURGOGNE

Dieu garde votre majesté, mon royal cousin t n'étiez-vous pas occupé à enseigner l'anglais à notre princesse ?

LE ROI HENRI

Je voulais, mon beau cousin, lui apprendre combien je l'aime; et c'est effectivement là du bon anglais.

LE DUC DE BOURGOGNE

A-t-elle des dispositions?

LE ROI HENRI

Notre Kingue est rude, mon cousin, et mon caractère l'est passablement aussi ; en sorte que, n'ayant ni la voix ni le cœur prédisposés à l'aJulaiion, je ne puis évoquer en elle, sous ses traits véritaUes, le génie de l'amour.

LE DUC DE DOURGOGNE

Pardonnez à la franchise de ma gaité, si je vous réponds là-dessus. Si vous voulez procéder avec elle par voie d'évocation, il vous faut commencer par tracer un cercle magique; si vous évoquez l'amour sous ses traits véritables, il doit apparaître nu et aveugle. Pouvez-vuus donc blâmer une jeune fille dont la joue est encore colorée du modeste incarnat de la pudeur virginale, de se refuser à la présence d'un enfant aveugle et nu? 11 ine semble que c'est trop exiger d'une jeune fille.

Cependant, tout enfermant les yeux, elles cè-

dent; et tout aveugle qu'il est, l'amour triomphe.

LE DUC DE BOURGOGNE

Sire, ellessont excusables, puisqu'ellesnevoient pas ce qu'elles font.

LE ROI HENRI

Veuillez donc, seigneur, engager votre cousine à fermer les yeux.

LE DUC DE BOURGOGNE

Je le veux bien, si vous voulez vous engager à lui faire comprendre mes motifs. Les jeunes filles, après les ardeurs d'un chaud été, sont comme les mouches à la saint Barthélemi, aveugles bien qu'ayant des yeux; et l'on peut alors toucher avec la main celles qui auparavant n'enduraient pas même le regard.

LE ROI HENRI

La moralité de votre apologue, c'est que je dois m'en référer au temps et à un été chaud, àla fin duquel j'attraperai la mouche, c'est-à-dire votre cousine, qui alors sera aveugle.

LE suc DE BOURGOGNE.

Comme l'est l'amour avant d'aimer.

LE ROI HENRI

C'est vrai; et il en est parmi vous qui peuvent remercier l'amour de mon aveuglement; car il est bon nombre de belles cités de France que je ne vois pas parce qu'une belle et jeune pucelle de France s'interpose entre elles et mes regards.

LE ROI DE FRANCE

Oui, seigneur, c'est avec raison que, vue de loin, chacune d'elles se transforme en pucelle àvos yeux; elles ont toutes une ceinture de murailles vierges, que la guerre n'a jamais franchies.

LE ROI HENRI

Catherine sera-t-elle ma femme?

LE ROI DE FRANCE

Ce sera comme il vous plaira.

LE ROI HENRI

Je désire qu'elle ait pour dames d'honneur les cités vierges dont vous venez de parler; de cette manière, la jeune fille qui s'interposait entre moi et l'objet de mes désirs aura comblé tous mes Tœnx.

LE ROI DE FRANCE

Nous avons consenti à toutes les conditions raisonnables.

LE ROI HENRI

Est-il vrai, mylords d'Angleterre?

WESTMORELAND

Le roi a tout accordé, sa fille d'abord, puis successivement tous les autres articles, tels que vous les aviez proposés.

EXETER

Le seul qu'il n'ait point accepte est celui dans lequel voire majesté demande, — que le roi de France, toutes les fois que dans un acte diplomatique il sera fait mention de votre majesté, la désigne dans les termes suivans; savoir, en français: Notre Iris-cher fils Henri, roi d'Angleterre, héritif.r de France; et en latin: Prœcharissimus fiUut noslcr Henricus, rex Anrjliœ et lucres Francid,

LE ROI DE FRANCE

Il est vrai, mon frète, que j'ai refusé cet ar-

HENRI V

ticle;inaissivous insistez, je suisprêtàl'accorder.

LE KOI HENRI.

Je TOUS prie, dans l'intérêt Je notre affection et d'une alliance chérie, de permettre que cet article soit joint aux autres; et pour conclusion , veuillez me donner votre fille.

LE ROI DE FRANCE

Prenez-la, mon cher fils, et puissiez-vous tous deux me donner des successeurs. Puissent les royaumes rivaux de France et d'Angleterre, dont les rivages mêmes semblent pâles d'envie à la vue du bonheur l'un de l'autre, mettre lin à leur haine I Puisse cette union chérie établir entre les deux nations des sentimens d'harmonie et de bon voisinage; et que la guerre n'étende jamais son glaive ensanglanté entre l'Angleterre et la France I

TOCS.

Ainsi sait-il 1

LE ROI HENRI

A présent, Catherine, soyez la bien venue; — et soyez-moi tous ici témoins que j'embrasse en elle mon épouse et ma souveraine.

Ll REINE ISABELLE.

Que Dieu, dont la volonté fait seule les mariages fortunés, fasse de vos cœurs un seul cœur, de vos royaumes un royaume unique I Comme l'époux et l'épouse, quoique deux, n'eu font qu'un par l'amour, de même qu'entre vos deux royaumes l'union soitsi intime, que les mauvais procédés ou l'odieuse ialousie, qui viennent parfois troubler la couche des meilleurs hymens, ne se glissent jamais entre les deux Dations, pour rompre par le

divorce leur pacte indissoluble. Que l'Anglais soit Français et le Français Anglais, et qu'ils s'accueillent en frères I — Que Dieu veuille m'entendre I

TOUS

Ainsi soit-il I

LE ROI HENRI

Allons tout préparer pour mon mariage. — Ce jour-là, duc de Bourgogne, nous recevrons votre serment et celui de tous les pairs, comme garant de notre alliance. Catlierine recevra mes sermens, moi je recevrai les vûtres; puissent-ils être tous inviolables et prospèresl

Us sorlcnt.

LE cnœuR.

Nous voilà au terme où notre auteur a conduit à grand'peine cette histoire, resserrant de grands hommes dans un étroit espace, et ne faisant qu'ébaucher çà et là le cours lumineux de leur gloire. Henri, cet astre d'Angleterre, brilla peu de temps; mais dans ce court intervalle il jeta un éclat immense. La fortune avait forgé son épée; après avoir conquis le jardin del'univers *, il en laissa la souveraineté à son fils. A ce roi succéda Henri VI, couronné au berceau roi de France et d'Angleterre; tant de mains prirent part à son gouvernement, qu'elles perdirent la France, et ensanglantèrent l'Angleterre; notre scène vous a souvent offert ces tableaux; veuillez en leur faveur faire i. celui-ci un indulgent accueil.

* La Fraucc. {Note du Iraditctmir.^

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