‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 181 sur 633 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Une plaiae de la Gascogne.

Àrtivem d'un c&lé YORK, à la téie de ses troupes de l'atilre UN MESSAGER.

Les éclaireurs envoyés pour reconnaître la formidable armée du Dauphin sont-ils de retour?

LE MESSAGEB.

Ils sont de retour, mjlord, et ils annoncent que le Dauphin marche sur Bordeaux avec toutes ses troupes pour combattre Talbot. En route, deux armées plus nombreuses que la sienne ont effectué avec lui leur jonction, et toutes ces forces réunies se dirigent vers Bordeaui.

YORK

Malédiction sur ce scélérat de Somerset, qui ne m'envoie pas le renfort de cavalerie levé tout exprés pour ce siège. L'illustre Talbot s'attend a être secouru p^r moi, et je suis joué par un traître, et je ne puis venir en aide au noble chevalier. Dieu veuille l'assister dans sa détresse! S'il vient à échouer, il nous faut renoncer à faire la guerre en France.

Arrive SIR 'WILLIAM LL'CY.

LBCT.

Illustre chef des guerriers anglais, jamais sur la terre de France votre coopération ne fut plus nécessaire; volez au secours du noble Talbot, qu'environne maintenant une ceinture de fer, et qu'assiège de toutes parts la destruction. A Bordeaux, duc belliqueux! i Bardeaux, YorkI sinon dites adieu à Talbot, à la France et à l'honneur de l'Angleterre.

TOSK.

0 Dieu! ce Somerset, dont l'orgueil jaloux retient mes cornettes, — que n'est-il à la place de Talbot I nous sauverions un vaillant gentilhomme, en sacrifiant un traître et un làcbe. Je pleure de colère et de rage, de voir que nous périssons ainsi pendant que des traîtres s'endorment dans une lâche inaction.

LDCT.

Oh! envoyez des secours à ce général en détresse.

TOKK.

Il meurt; nous sommes vaincus; je manque à ma parole de guerrier; nous sommes dans le deuil; la France sourit; nous sommes vaincus; ils triomphent , et tout cela par la faute de ce lâche, de ce traître de Somerset.

LUCT.

En ce cas, Dieu fasse miséricorde à l'ain« du

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brave Talbot, ainsi qu'à son jeune fils John, que j'ai rencontré il y a deux heures, allant rejoindre son pèr« belliqueux I Voilà sept ans que Talbol n'a vu son fils, et maintenant ils ne vont se revoir que pour mourir tous deux.

TOKE.

Hélas 1 la triste joie qu'éprouvera Talbot à embrasser son jeune fils au bord de sa tombe! Partous I la colère m'ôte presque la parole. Faut-il que deux cœurs long-temps séparés ne se réunissent qu'à l'heure de leur mortl Lucy, adieu; tout ce que ma destinée me permet de faire; c'est de maudire la cause qui m'empêche de secourir Talbot. Le Maine, Blois, Poitiers et Tours, sont perdus pour nous par la faute de Somerset et de son inaction.

Il s'éloigne avec ses troupes.

LDCY seul Ainsi, pendant que le vautour de la sédition dévore le cœur do nos généraux, l'inaction et la négligence nous font perdre les conquêtes d'un roi victorieux à peine refroidi dans sa tombe , de Henri V d'immortelle mémoire. Pendant qu'ils se traversent l'un l'autre, la vie de nos soldats, notre gloire, nos conquêtes, nous perdons tout à la fois.

Il s'éloigne.

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