‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 215 sur 633 · MICHEL · texte numérisé non relu

MICHEL

Comme vous dites.

CADE

Pour m'égaler à lui, je vais .'i l'inslnnt même me créer chevalier. (// mel un genou en Icrre.) I.èvc-

loi sir John Moriimer. (Il se relive.) Maintenant il trouvera à qui parler.

Àrriieni, au soit du tambour et n la tête de ceurs irotipes , SIR HOMFROY STAFFORD cl WIL- LIAM, son frère.

STAFFORD

Manans rebelles, la fange et l'écume de Keni marqués pour la potence, — mettez bas les armes; retournez dans vos chaumières; abandonnez 1 1misérable; le roi sera miséricordieux si vous rentrez dans le devoir.

WILLIAM STAFFORD

Mais il sera irrité, inexorable et sanguinaire, si vous persistez dans la révolte ; ainsi, la soumission ou la mort. 'j

CADE. '

Pour ce qui est de ces esclaves en babils de soie, je n'ai rien à leur dire; c'est à vous que je parle, bonnes gens sur qui j'espère bien régner un jour; car je suis le légitime héritier du tréne.

STAFFORD

Scélérat, ton père était maçon; et toi, tu n'es qu'un tondeur de draps; n'est-ce pas vrai?

CADE

Adam était jardinier.

WILLIAM STAFFORD

Et que veux-tu en conclure?

CADE

Ceci. — Edmond Moriimer, comte de Marche, | épousa la fille du duc de Clarence. Est-ce vrai f

STAFFORD

Oui.

CADE

Il cul d'elle deux enfans jumeaux.

WILLIAM STAFFORD

C'est faux.

C'est là la question ; mais moi, je dis que c'est, vrai. — L'aîné, ayant été mis en nourrice, fut dérobé par une mendiante ; et ignorant sa naissance et sa famille, quand il fut devenu grand, il se fit maçon ; je suis son hls; nie-le, si lu le peux.

niCUARD.

Oui, c'est la vérité; en conséquence, il sera roi.

SMITU.

Mylord, il a hflti une cheminée dans la maison de mon père, et les briques sont encore 11 pour l'allcstcr; ne le niez donc pas.

STAFFORD

Ajouierez-vous foi aux paroles d'un vil manant^: qui ne sait ce qu'il dit?

TOUS

Nous le croyons; ainsi, allez-vous-en.

HEIN RI Vr.

WILLIAM STAFFOHD.

Jack Cade c'est le duc d'York qui l'a soufOé ton rôle.

CADE, à part.

11 ment; car c'est moi qui en suis l'inventeur. — {fl^aîi(.)Va dire au roi, de ma part, qu'en considération de son père Henri V, sous le règne duquel les petits garçons jouaient à la fossette avec des ccus français, je consens à le laisser régner; mais je veillerai sur lui en qualité de prolecteur.

niCBAP.D.

El, en outre, nous voulons avoir la léte de lord Say, qui a vendu le duché du Maine.

CADE

Rien de plus juste; car par là l'Angleterre a perdu un membre, et elle ne pourrait marcher sans bâton, si ma puissance ne lui servait d'appui. Rois, mes confrèies, sacbez que lord Say a mutilé l'ctal, et l'a fait eunuque. II y a plus ; il parle français ; donc c'est un traître.

STAFFOBD.

0 grossière et pitoyable ignorance I

CADE

Réfutez ce raisonnement, si vous pouvez. Les Fr.iiiçais sont nos ennemis; ch bien! je vous le demande, celui qui parle le langage d'un ennemi peut-il être un loyal conseiller, oui, ou non?

TOCS.

Non, non; il nous faut sa tête.

WILLIAU STAFFOBD

Allons, puisque les paroles de douceur sont inutiles, atlaquons-les avec les troupes du roi.

STAFFORD

Héraut d'armes, Mez dans toutes les villes proclamer traîtres Cade et ses adhérens; annoncez que tous ceux qui seront pris les armes à la main seront pendus, pour l'exemple, à leur porte, à la vue de leurs femmes et de leurs enfans. — Vous tous, qui aimez le roi, suivez-moi.

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