‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 238 sur 633 · VORR · texte numérisé non relu

VORR

J'ai fait serment de le laisser régner en pais.

EDOUARD

Mais pour un royaume, il n'est pas de sermeiè qu'on ne puisse enfreindre. J'en violerais mil pour régner une année.

RICHARD

Non. A Dieu ne plaise que vous soyez parjuri

YORK

Je le serai, si j'ai recours à la force.

RICHARD

Je prouverai le contraire, si vous voulez m'i tendre.

YORK. ,1

Tu ne le prouveras pas, mon fils; c'est impoér sible. I

RICBARD. 1

Un serment n'est valable que lorsqu'il a A prêté devant un magistrat légal et légitime, ayv autorité sur celui qui jure. Henri n'en avait a^ cunesur vous; carc'est un usurpateur; or, camB c'est lui qui a requis votre serment , ce sermM^ mon père, estnul et sans valeur. Aux armes donc! Songez, mon père, combien il est doux de porter une couronne. 11 y a là tout un élysée de délices, toutes les félicités imaginées par les poètes. Pourquoi hésiter encore? Je n'aurai point de repos que la rose blanche que je porte n'ait été rougiedu sang tiède et paresseux de Henri.

YORK

Richard, il suffit ; je veux régaer ou mourir.—

HENRI Vr."

Mon frère, vous allez sur-le-champ vous rendre à Londres, a6n d'exciter Warwick à cette entreprise; — toi, Richard, tu iras trouver le duc de Korfolk, et le prenant en particulier, tu lui feras part de notre résolution. — Toi, Edouard, tu te rendras auprès de lord Cobham; les habitans de Kent sont prêts à marcher à sa voix ; j'ai confiance en eux; ils sont braves, spirituels, courtois, et pleins d'une chaleur généreuse. — Pendant que TOUS serez ainsi occupés, il ne me restera plus qu'à trouver l'occasion de lever l'étendard, sans que ni le roi ni aucun des membres de la maison de Lancastre puissent soupçonner mes desseins.

Entre UN MESSAGER.

TORE, conlinuant.

Mais attendez un moment. — (Au Messager.) Quelles nouvelles? pourquoi te vois-je ainsi accourir à la h&te?

LE HESSAGER.

La reine, appuyée de toute la noblesse du nord, se prépare à vous assiéger ici, dans votre château. Elle arrive à la téle d'une armée de vingt miUe hommes; songez donc à vous défendre, mylord.

TORE

Oui, l'épée à la main. Quoi I t'imagines-tu que nous ayons peur d'eux? — Edouard et Richard, vous resterez avec moi. — Mon frère Montaigu partira pour Londres. Que le noble Warwick, Cubham et ceux de nos autres amis que nous avons chargés de veiller sur le roi, prennent toutes les mesures qu'exige la prudence, et ne se fient point â la bonhomie d'Henri et à ses sermens.

UONTAIGU.

Mon frère, je pars. Je vous réponds d'eux, n'en doutez pas-, sur ce, je prends humblement congé.

Il sort.

Entrent SIR JOHN et SIR HUGUES MORTIMER.

voRK, cojiiinuant.

Sir John et sir Hugues Mortimer, mes oncles! vous arrivez à Sandal fort à propos; l'armée de la reine se prépare à nous assiéger.

SlR JOUN.

Nous ne lui donnerons pas cette peine; nous rons i sa rencontre en rase campagne.

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