‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 255 sur 633 · TROISIÈME GARDE · texte numérisé non relu

TROISIÈME GARDE

Donnez-moi l'aisance et le repos; je les préfère à un honneur dangereux. Si Warwick connaissait la position du roi, sans nul doute il viendrait l'éveiller.

PREMIER GARDE

Si nos hallebardes ne lui fermaient le passage.

DEUXIEME GARDE

Oui, certes: et pourquoi gardons-nous sa tente royale, sinon pour protéger sa personne contre les ennemis nocturnes T

Arrivent WARWICK, CLARENCE, OXFORD, SOMERSET et dne Troupe de Soldats.

WARWICK

Voilà sa tente, et vous voyez ses gardes. Courage, messieurs: l'honneur maintenant oujamaisl| suivez-moi seulement, et Edouard est à nous. premier garde.

Qui viveî

DEUXIÈME GARDE

Halte là, ou tu es mort.

Warwick et sa troupe crient tous ensemble : fVarwicka îVarwichi et fondent sur la garde, qui s'enfuit en criant ; iiux armes l aux armes I Warwick et les sieos | les poursuivent.

Les tambours battent; la trompette sonne. On voa revenir WARWICK et sa Troupe, qui amènen le roi porte dans un fauteuil. GLOSTER et BAS TINGS s'échappent.

SOMERSET

Qui sont ceux qui fuient là-bas?

WARWICK

Richard et Hastings : qu'ils partent, nous tenoi le duc.

LE ROI EDOUARD

Le duel Warwick, la dernière fois quenousnoi sommes vus, tu m'appelais le roi t

WARWICK

Oui; mais les temps sont changés. Quand vouC m'avez déshonoré dans mon ambassade, moi |« vous ai dégradé; je vous ai ôté votre titre de roi; et maintenant je viens vous créer duc d'Vork< Hélas! comment pourriez- vous gouverner ua royaume, vous qui nesavez pas traiter convenable' meut les ambassadeurs, ni vous contenter d'une épouse, ni en user fraternellement avec vos frèrei ni travailler au bonheur des peuples, ni vous gi rantir de vos ennemis î

LE ROI EDOUARD

Et toi aussi, mon frère Clarence, je t'aperçois ici Ohl je vois bien maintenant qu'il faut qu'Ëdouai succombe.— Toutefois, Warwick, eu dépit de toi les malheurs, de toi et de tous tes complice! Edouard conservera toujours l'attitude d'un roj Dût le courroux do la fortune renverser grandeur, mon ame est au-dessus des caprices dl sa roue. ,

WARWICK, lui étant sa couronne.

Qu'Edouard soit doue roi d'Angleterre en idée; Henri portera la couronne; il sera le roi véritable; tu n'en seras que l'ombre. — Mylord de Semerset, je vous cbartje de conduire sur-le-cbamp

HENRI VI

le duc Edouard à la résidence de mon frère , l'ar-lieTêque d'York. Quand j'aurai livré bataille à Pembroke et à ses partisans, j'irai vous rejoindre, et je porterai à Edouard la réponse de Louis et de la princesse Bona. Jusque là, adieu, mon cher duc d'York.

LE ROI ËDOCARD.

Ce qu'impose la destinée, il faut que l'bomme le supporte : il est inutile de vouloir naviguer maigre veuis et marées.

Edouard s'éloigne, accompagne de Souerset et d'une escorte.

OXFORD

Il ne nous reste plus, mylords, qu'à marcher sur Londres avec nos soldats.

WABWICK.

Oui, ce doit être notre premier soin; allons faire cesser l'emprisonnement de Henri, et replaçons-le sur le trône des rois.

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