I.E ROI ÉDOUAIID
Eh bienl je ne réclame que mon duché; je ne demande pas autre chose.
GLOSTER, à part.
Oui, mais quand le renard aura réussi à faire entrer son museau , le corps ne tardera pas à suivre.
HASTINGS
Qu'attendez-vous, monsieur le maire? pourquoi celte hésitation? Nous sommes les amis du roi Benri.
LE MAIRE
En vérité? En ce cas, les portes vous seront ouvertes.
II quitte les remparts avec ses collègues,
GLOSTER.
Voilà un général habile autant que brave, et bientôt persuadé I
HASTINGS
Le bon vieillard n'y entend pas malice ; il ne demande qu'à ne pas se compromettre; mais une fois que nous serons entrés, je ne doute pas que nous ne lui fassions entendre raison, ainsi qu'à ses collègues.
Les portes s'ouvrent, et on voit s'avancer LE MAIRE et DEUX Aldermf.n.
LE BOI EDOUARD
C'est bien, monsieur le maire : ces portes ne doivent être tenues fermées que la nuit , ou en lemps de guerre. Allons, mon ami, ne craignez rien, et donnez-moi les clefs. {Il lui prend les clefs.) Edouard défendra la ville et vous, et tous les amis fidèles qui voudront bien me suivre.
Bruit de tambours. Arrive MONTGOMERY, à la télé de SES Troupes.
ClOSTER.
Mon frère, voici sir John Montgomery,' notre ami fidèle, si je ne me trompe.
LE ROI EDOUARD
Soyez le bien venu, sîr Johnt Mais pourquoi arrivez-vous en armes?
MONTGOMERY
Pour venir en aide au roi Edouard dans ses périls, comme c'est le devoir de tout sujet loyal.
LE ROI EDOUARD
Nous vous rendons grjce , mon cher Montgoluèry : mais mainieiiant nous oublions nos droits à la couronne, et ne rHvcndiquons que notre du» ché, jusqu'à ce qu'il plaise i Dieu de nous donner le reste.
MONTGOMERY
Ea ce cas, adieu j car j« vais repartir. J'étais
venu servir un roi, et non un duc. Battez, tambours, et remettons-nous en marche.
Les tambours battent une marcbe mllilaire. LE ROI EDOUARD.
Arrêtez un moment, sir John; nous allons examiner par quels moyens sûrs on pourrait recouvrer la couronne?
MONTGOMERY
Qu'est-il besoin d'examiner? En deux mots, si vous ne consentez pas à être proclamé roi sur-lechamp, je vous abandonne à votre fortune, je pars et fais contremander la marche des renfort» qui vous arrivent. Pourquoi combattrions-nous, si vous ne prétendez rien?
GLOSTER.
Allons, mon frère, pourquoi ces scrupules?
LE ItOI EDOUARD.
Quand nous serons plus forts, nous ferons valoir nos droits; jusque là il est plus prudent de dissimuler nos intentions.
HASTINGS
Arrière ccsdistinctions subtiles ! C'est aux armes â décider aujourd'hui.
GLOSTER.
Et c'est par l'intrépidiié qu'on arrive à la couronne! Mon frire, nous allons vous proclamer roi tout d'abord; à celte nouvelle, vous verrez accourir auprès de vous une foule d'amis.
Qu'il soit fait comme vous voudrez. Car je suis dans mon droit, et Henii n'est qu'un usurpateur.
MONTGOMERY
Je reconnais mon souverain à ce langage ; main« tenant, vous voyez en moi le champion d'Edouard.
HASTINGS
Sonnez, trompettes. Edouard va être proclamé roi à l'instant même. — [Â un soldai.) Soldat» approche, et lis à haute voix la proclamation.
Il lui remet im papier. Les trompeltes jouent une fanfare. LE SOLDAT, Usant.
B Edouard IV, par la grâce de Dieu, roi d'AiiM «gleterre etde France, et seigneur d'Irlande, etc.
MONTGOMERY
Etquiconquecontesteraledroitdu roi Édouardj je le défie en combat singulier, et voilà mon gage^
Il jette à terre son gantelet.
TOUS
Vive Edouard IV I
LE ROI ÉD0I1AKD
Merci, brave Montgomery. — Je vous remercia tous. Si la fortune me seconde, je saurai recon nailre votre aliachement. Nous allons passer la nuit dans notre bonne ville d'York; demain , dès que le char du soleil paraîtra au bord de l'horizon, nous irons à la rencontre de Warwick et d8 ses partisans. Car, pour Henri, ce n'est poinl un guerrier. — Ah l indocile Clarencel combien tu dois soulfiir de flatter Henri, et d'abandoonef tou ftèrel Mais, Dieu aidant, je sautai tenir téi^
HENRI VI
tout à la fois à Warwick et à toi. — Marchons, braves soldats; ne doutez pas de la TÏctoire; et l'ennemi une fois vaincu, attendez-vous à être lar- i gement récompensés. j
Vs s^ éloignent. I
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