‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 27 sur 633 · I.E BATARD · texte numérisé non relu

I.E BATARD

Oli 1 j'arrive tout lialetant de la rapidité de ma course et de l'impatience que j'avais de voir votre majesté.

LE ROI JE.IN

0 mon cousin, tu viens à propos pour me (ernier les yeux. Le câble de mon cœur est rompu et brûlé, et les voiles avec lesquelles voguait la nef de ma vie sont réduites à un lil, à un cheveu ; mon cœur ne tient plus qu'à une fibre fragile qui va se rompre des que j'aurai entendu ton rapport; et alors, tout ce que tu vois ne sera plus qu'un insensible argile, qu'un simulacre vain de la royauté disparue.

LE BATARD

Le daupbin se prépare à marcher vers ces lieux, où Dieu sait comment nous lui résisterons; rar, ayant voulu effectuer une retraite nécessaire, j'ai, dans l'espace d'une nuit, perdu la plus grande partie de mes troupes, englouties par une inondation inattendue.

Le Roi mcurl.

SALISBURY

Vous débitez ces nouvelles mortelles à l'oreille d'un mort! — Mon prince! mon souverain ! — Roi tout-à-1'hcure, — qu'est-il maintenant?

HENRI

Arrivé, comme lui, au bout de ma carrière voilà donc quel en sera le terme! Quelle sûreté, quelle espérance, quelle stabilité fonder sur celle vie, quand ce qui tout-à-l'heure était un roi , n'est maintenant qu'un peu d'argile?

LE BATABD.

Et tu nous as quittés! Je ne reste après toi que pour te venger; puis mon ame ira le servir au

ciel, comme elle t'a servi sur la terre. (Se re-

lournani vers les seigneurs anglais.) Astres, qui maintenant êtes rentrés dans votre orbite, suinzmoi, et venez m'aider à repousser du sein de notre mourante patrie la ruine et un déshonneur éternel. Allons à l'ennemi, si nous ne voulons qu'il vienne à nous. Le dauphin, la rage dans le cœur, est à nos portes.

SALTSBURT.

11 parait que vous êtes moins bien in^ruit que nous : il y a une demi-heure 4 peine que le cardinal Pandolphe, qui en ce moment se repose dans l'ahbaye, nous a apporté, de la part du dauphin.

des propositions que nous pouvons accepter a*ec honneur et avantage, et qui mettent immédiatement fin à la guerre.

LE BATARD

Ses propositions seront d'autant plus avantageuses qu'il nous trouvera mieux préparés à nous défendre.

SALISBURT.

Déjà les choses sont en quelque sorte arrangées : le dauphin a envoyé vers la côte une grande partie de ses bagages, et a remis sa cause à l'arbilrage du cardinal. Si vous le jugez convenable, vous, moi et quelques autres, nous partirons avec lui cet après-midi, pour amener cette affaire à une heureuse issue.

LE BATARD

J'y consens. — [Au prince Henri.) Vous, noble prince, avec tous les grands dont la présence ne nous sera pas indispensable, vous resterez pour lendre a votre père les honneurs funèbres.

HENRI

C'est à Worcester que son corps devra être enterré * ; il l'a ordonné ainsi.

LE BATARD

Son vœu sera rempli. Et vous, cher prince, puissiez-vous porter avec bonheur le sceptre héréditaire et glorieux de ce royaume! Je vous offif à genoux, et en sujet soumis, mes fidèles services et une obéissance qui ne se démentira jamais.

SALISBIBY.

Nous vous offrons également l'hommage de notre inaltérable dévouement.

HENRI

Mon ame est vivement émue, et je voudrais vous lemercier, mais je ne puis vous répondre que par mes larmes.

LE BATARD

Ne donnons à la douleur que le temps strictement nécessaire; elle a reçu d'avance notre tribut. — Jamais il n'est arrivé à l'Angleterre, et il ne lui arrivera jamais, de fléchir le genou devant un orgueilleux vainqueur qu'après avoir aidé tlle-niéme à s'infliger des blessures. Maintenant que SCS lords sont revenus i'elle, dût le monde entier s'armer contre nous, nous lui ferons face. Nous n'avons rien à redouler, tant que l'Angleterre restera fidèle à elle-même.

Ils

Un cercueil lîc pierre, rciiferniaiit le corps du roi

n, a êl.i aéeouvc-rl .tans l'église calliédiale de Worcc» , !<■ 17 juillet 1797. [tlolcdu Itadiiclciir.)

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