‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 276 sur 633 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Même ville. — Un app.irlement du palais.

Entrent LA REINE ÉLISABKTH, LOllD FaVEUS, CI LOllU GP.EY.

BIVEBS.

Prenez patience, madame; je ne doute pas que sa majesté ne recouvre bientôt sa santé habituelle.

GBEY.

Votre impatience empire son mal ; ainsi, an nom du ciel, conservez bonne espérance, et réconfortez sa majesté par l'enjouement de votre conversation,

LA BEINE ELISABETH.

S'il venait à mourir, que deviendrais-je?

GBEY.

Il n'en résulterait pour vous d'autre malheur que la perte d'un tel époux,

LA BEINE ELISABETH.

La perte d'un tel époux est un malheur qui les comprend tous.

GBEÏ.

Le ciel vous a l'ait don d'un excellent lils qui, après la murt du roi, bcra votre cunsolaieur.

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

LA REINE ELISABETH

Hélas I il esl jeune, et sa minorité sera confiée à la luielle de Richard de Gloster, qui n'aime ni moi ni aucun de vous.

RIVEns.

Est-il décidé qu'il sera prolecteur?

LA REINE ELISABETH

C'est un point résolu, bien que la chose ne soit pas encore faite; mais si le roi meurt, cela aura lieu inrailliblement.

Entrent BUCKINGHAM et STANLEY.

Voiciles lords Buckingham et Stanley.

BCCRINGBAM.

Salut à votre gracieuse majesté.

STANLEV.

Dieu rende à votre majesié le bonheur et la joie.

LA REINE ËLlSABETg.

Mon cher lord Stanley, la comtesse de Richcmond ne se joindrait pas au vœu bienveillantque vous venez de m'exprimer; néanmoins, Slanley, bien qu'elle soitvolre femme, et qu'elle ne m'aime pas, soyez certain, mon cher lord, qu'en dépit de sou orgueilleuse arrogance, je ne vous en veux pas.

STANLEY

Je VOUS conjure de ne pas ajouter foi aux accusations jalouses de ses calomniateurs, et de voir dans cequ'elles pourraient présenter de vrai, non le résultat d'une raalveillauce enracinée, mais d'une faiblesse maladive.

LA REINE ELISABETH

Avez-vous vu le roi aujourd'hui, mylord Staney ?

STANLET.

Le duc de Buckinghain et moi nous venons a l'instant même de quitter sa majesté.

LA REINE ELISASETn.

Y a-l-il quelque apparence de mieux?

BUCKINCBAU.

11 y a tout à espérer, madame: sa majesté parle avec gaieté.

LA HEINE ELISABETH

Dieu lui rende la santé 1 Lui avez-vous parlé?

BUCKINGHAM

Oui, madame: il a exprimé le désir de réconcilier le duc de Gloster avec vos frères, et d'opérer un rapprochement entre ce.i derniers elle lord chambellan; à cet effet, il vient de les mander €• sa royale présence.

LA REINE ELISABETH

Dieu veuille que tout aille bien! — Mais cela ne sera jamais; je ciaiosquc oolic bonheur n'ait atieiut son api'jjce.

Entrent GLOSTER, HASTINGS et DORSET.

GLOSTER,

Ils me font injure, et je ne le souffrirai pas. Qui sont-ils ceux qui se plaignent au roi que je suis morose, et que je ne les aime pas? Par siin! Paul, ceux-là portent i sa majesté bien peu d'affection, qui lui rebattent les oreilles de lr:iCDSseries semblables. Parce que je ne suis ni flatteur ni beau parleur, que je ne sais pas sourire à la face des gpns, l'aire patte de velours, tromper, cil ne r, prodiguer les saluts à la française, et les politesses grimacières, on me fera passer pour un ennemi haineux! INe peut-on vivre en homme franc, loyal et inoffensif, sans voir sa bonhomie c.ilomniée par les insinuations d'un tas de faquins hypocrites et doucereux?

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