LE LORD HAIRE
Mylord, il me suffit de la parole de votre seigneurie; c'est comme si je l'avais vu et entendu parler. Et ne doutez pas, très-nobles princes, que je n'informe nos citoyens fidèles de la justice qui a présidé i vos actes dans celte circonstance.
GLOSTER.
C'était pour cela que nous souhaitions ici la présence de votre seigneurie, afin d'éviter la censure des mauvaises langues.
BUCitlNCBAM.
Mais puisque vous êtes venu trop tard pour remplir nos intentions, prenez acte de ce que nous vous avons dit sur les motifs qui ont guidé notre conduite; sur ce, mylord, adieu.
Le Lord Maire s'éloigne.
Suis-le, suis-le, mon cousin Cuckingliam. Le maire va se rendre en toute hàle à Guild-Uall'; vas-y avec lui: là, quand tu trouveras le moment favorable, mets en avant la bâtardise des enfans d'Édouaid; dis-leur comme quoi Edouard fit mettre à mort un citoyen pour avoir dit qu'il fe« rait de sou fils l'héritier de la couronne, voulant parler de sa maison, qui avait une couronne pour enseigne. En outre, parie-leur de ses impudiques amours et de la brutalité de ses volages convoitises, qui s'attaquaient indistinctement à leurs servantes, à leurs filles et â leurs femmes, partout où son oeil lascif, son cœur grossier et sans frein voyaient une proie. Tu pourras même, au besoin, frapper plus près de ma personne. Dis-leur que lorsque ma mère était enceinte de cet insatiable Edouard, le noble York, mon illustre père, était occupé à faire la guerre en Franrc, cl qu'un calcul exact du temps écoulé le convainquit quel l'enfant n'était pas de lui; ce qu'indiquaient suffis.-.mmcutscs traits, qui ne ressemblaient en rien
* C'est U maison commune de U Cité de Londres*': (flo(e (tu traducteur.) •'
RICHARD îll.
i ceux (lu noble «lue mon père. Toutefois, ne louche ce chapitre qu'avec ménagement, car tu sais que ma mère vit encore,
Bl'CKISCHAM.
Soyez tranquille, mylorj : je vais m'acquitter du rôle d'orateur comme si le brillant salaire pour lequel je plaiderai devait m'appartenir. Sur ce, mylord, adieu.
CLOMEK.
Si tu réussis, amène-les au château JeBaynard*, où tu me trouveras accompagné de révérends pères et de savans évéques.
BtICKIKGBAM,
J'y vais; vers trois ou quatre heures, attendezvous à recevoir des nouvelles de Guild-Hall.
BocKiNGHtH s'éloigne.
GIOSTER.
Lovel, rends-toi sur-le-champ chez le docteur Shaw; — (à Catesby) toi, va trouver le moine Penker"; — dites-leur de venir me joindre, d'ici uoe heure, au château de Baynard.
LovEL et Catesby s'éloignent.
ciosTER, seul, continuant.
Maintenant, rentrons; allons donner secrètement l'ordre d'éloigner de tous les regards les marmots de Clarence, et recommander que personne ne puisse, sous aucun prétexte, avoir accès auprès des princes.
Il s'éloigne.