‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 320 sur 633 · L'INTENDANT · texte numérisé non relu

L'INTENDANT

Sire, un moine chartreux, son confesseur, qui à chaque instant nourrissait son orgueil de révcs de souveraineté.

LE ItOI RENII1.

Comment savez-vous cela ?

l'intendaht.

Quelque temps avant le départ de votre majesté pour la France, le duc étant à l'hùtel de la Rose', dans la paroisse de Saint-Laurent-Poultney, me demanda ce qu'on disait à Londres du voyage du roi en France ; je répondis qu'on craignait que les Français ne jouassent au roi quelque mauvais tour qui mettrait sa vie en danger. Le duc me dit alors qu'en effet cela était à craindre; il ajouta : « Cela tend à confirmer la vérité des paroles d'un certain moine; ce saint homme a souvent envoyé chez moi demander la permission d'entretenir en particulier Jean de la Cour, mon chapelain, voulant, disait-il, lui faire une révélation importante. Après lui avoir fait jurer, sous le sceau de la confession, de ne révéler à aucune créature vivante, hormis moi, ce qu'il allait luicommuniquer, il lui dit d'une voix grave et soilennelle : — « Dites au duc que ni le roi ni ses héritiers ne prospéreront; dites-lui de faire tout son possible pour se concilier l'attachement du peuple; le duc gouvernera l'Angleterre. "

LA HEINE CATUERINE.

Si je ne me trompe, vous avez été l'intendantdu duc, et vous avez perdu votre place sur les plaintes de ses tenans ". N'allez pas accuser par dépit un noble personnage, et perdre votre ame plus noble encore. Prenez-y garde, vous dis-je; oui, je vous le recommande avec instance.

Qu'il poursuive. — Continuez.

l'intendant.

Sur mon ame, je ne dis que la vérité. Je dis à mylord le duc qu'il était possible que ce moine fut égaré par les inspirations du démon, qu'il y avait danger pour lui à trop s'arrêter à dépareilles idées, qu'il en pourrait résulter dans sa pensée quelque projet arrêté qu'une conviction lorte l'engagerait vraisemblablement à mettre à exécution, u I!ah I répondit-il, il n'en peut résulter pour moi aucun mal. » Il ajouta que si le roi était mort, le-, s de sa dernière maladie, les tètes du cardinal et de sir Thomas Lovell auraient saute.

LE ROI UENRI.

Comment donc ? sa haine va jusque là? Ali! ah! cet homme est dangereux. En savez-vous davantage?

• Cet éainc,., situé àLanJrcs dans Suflolk-hnc-, fut adielé en t561 pur Richard Hill, alors iircsidrnl .ic la compagnie <lcs marchands tailleurs, cl sert maiiilriiant <lc maison d'école à celte corporation, qui réunit loul eo que l'-irislurralie anglaise a de plus cmioent. (3'ofr du trntlrtctettr.)

" Ceui qui ti«uncnl (les terrés à bail, (^'vte du lirtdtrC* ta.,:)

MAGASIN THEATRAL ÉTRANGER

l'intekdant.

Oui, sirc.

LE ROI nENr.i.

Poursuivez.

l'ixtendaht.

Le duc se trouvani à Greenwich, le jour où votre majeslé lui témoigna son déplaisir au sujet de sir William Clomer, —

LE r.OI HENRI.

Je me rappelle ce jour-ià : bien qu'il fût à mou service, le duc l'avait pris au sien : — mais, continuez.

l'intendant.

« Si, pour ce fait, me dit-il, j'avais ctè arrêté et envoyé à la Tour, j'aurais agi comme mon père se proposait d'agir à l'égard de l'usurpateur Kichard ; étant à Salisbnry, il demanda à êtreconduit en piôsencedu roi; si on le lui avait accordé, il se serait approché de lui sous prétexte de lui rendre son lionimage, et lui aurait enfoncé son poignard dans le sein. »

le r.ui BEKKI.

L'effroyable traître I

wolsey, à la Reine,

Je vous le demande, madame, la vie de sa majesté peut-elle cire en sûreté, et cet bomme rester libre?

LA reine CATHEIilNE.

Que le ciel ordonne tout pour le mieux! LE ROI DENiïi, a rinletiduni.

Vous, scmblez avoir encore quelque chose à ajouter. Pailez.

l'intendakt.

Après ces paroles, sur le duc son père et sur son poignard, il a pris une attitude d'exaltation menaçante, et une main sur sa dague, l'autre sur sa poitrine, les yeux levés \ers le ciel, il a juré, en accompagnant son seiment des imprécations les plus horribles, que si on en usait mal avec lui, il irait plus loin que son père de toute la distance qui sépare l'exécution d'un projet indécis.

LE ROI UENRI.

VoiKi sa conclusion, c'est de nous plonger son poignard dans le sein. Il est arrêté ; qu'on lui fasse immédiatement son procès; si la justice lui est indulgente, qu'il en ait le bénélice; dans le cas contraire, qu'il n'attende de nous aucunegrâce. Par le jour et la nuit, c'est un traîne au premier chef.

Ils sortent.

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