‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 34 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

, — Un appartemeot dans le p:

lUis d'EIy.

DE G AND est couche sur un lit de repos; LE DUC D'YOKK et Uoilqoes autres Seigneurs fon(-uupris de lui.

DE GAND

Le roi viendra-t-il? Pourrai-je, à mon dernier soupir, donner encore un avis salutaire ù sa jeunesse imprudente?

TORE

Ne vous tourmentez pas; ménagez le souffle qui TOUS reste. Avec lui tous les conseils sont vains.

DE GAXD.

Oui; mais l'on prétend que la voix des mourans a une harmonie qui cumuianile l'attention ; il est f«r» ^u'nn* bouf.h» économe «1^ paroles ait pail»

en vain. L'homme souffrant dit la vérité. Celui qui parle pour la dernière fois est écouté plus attentivement que ceux qui, pleins de jeunesse et dosante, pérorent à leur aise. La mort d'un homme fait plus d'impres.iion que n'en faisait sa vie. En toute chose, le plus délicieux, ce qui laisse les plus longs souvenirs, c'est la fin. Tels sont les rayons du soleil couchant, le morceau final d'un concert, le dernier service d'un festin. Vivant, Richard a refusé d'entendre mes conseils; mais peut-être son oreille ne sera pas sourde à ma voix mourante.

YORK

Kon ; elle est obsédée par la voix des flatteurs, dont l'hommage s'adresse à sa puissance; par des vers licencieux, dont le venin trouve toujours auprès lie la jeunesse un facile accueil; on l'entreti«ni dfls modf* de la snp^ibe Italie, dont noir*

MAGASIN THÉÂTRAL ÉTRANGER

■ation s'applique, par une imitation maladroite, à singer les manières. Est-il au monde une frivolité, quelque futile quMle soit, pourvu qu'elle soit nouvelle, dont on ne se bàle aussitôt d'étourdir son oreille? Les meilleurs conseils arrivent trop tard, alors que la volonté est en révolte contre la raison. Ne cherchez point à guider un roi qui n'en veut faire qu'à sa tête; ne prodiguez point votre souffle en pure perte; vous en avez besoin pour TOUS- même.

DE CAND.

Il me semble éprouver l'iuspiration prophétique; et voici l'avenir que je lui prédis. Cet ardent brasier de licence ne saurait durer ; car tout feu violent s'éteint de lui-même; une pluie modérée dure long-temps, mais les orages passent vile; se fatigue bientôt qui va trop vite. En mangeant trop avidement on s'étouffe. La vanité frivole, vautour insatiable, après avoir consommé ses alimens, ne tarde pas à se dévorer elle-même- Ce trône des rois, cette ile impériale, cette terre de majesté, cette patrie de Mars, cet autre Eden, ce paradis terrestre, celte forteresse bâlie par la nature elle-même pour repousser l'invasion de la peste et de la guerre; letie admirable race d'hommes, cet univers en minialure, celle pierre précieuse incrustée dans une mer d'argent, qui lui sert de rempart ou de fossé contre la jalousie de pays moins heureux ; ce coin de terre fortuné, ce sol béni du ciel, ce royaume, cette Angleterre, cette mère féconde de tant de rois redoutés pour leur courage, fameux par leur naissance, renommés pour leurs chevaleresques exploits au service de la cbréiienté, et qui ont porté leur gloire |usque sur les rivages de la rebelle Judée, jusqu'au sépulcre du Rédempteur du monde, du fils de la Bienheureuse Marie ; cette patrie de tant d'ames d'éliie, cette patrie si chère à ses enfans pour la gloire dont elle les couvre, est maintenant affermée, — je meurs en le prononçant, — affermée comme un lot de terre, comme une location à bail. L'Angleterre, entourée de la mer comme d'une glorieuse ceinture, l'Angleterre, qui, du haut de ses rocheux rivages, repousse les assauts jaloux de l'humide Neptune, est maintenant asservie au grimoire de honteux contrats, à des parchemins pourris.L'Angleterre, accoutumée à conquérir les autres, s'est lâchement conquise elle-même. Plût à Dieu que sa honte finit avec ma vie I Combien alors je m'estimerais heureux de mourir I

Bnirent LE ROI RICHARD, LA REINE, AUMALE, BUSHY, GREEN, BAGOT , ROSS ei WIL- LOUGHBY.

TORK.

Voici le roi ; ménagez sa jeunesse ; car le jeune coursier qu'on irrite n'en devient que plus indomptable.

LA REINE

Comment se porte notre oncle, le noble Lan •istr*.

RICBABn.

Comment va 7 Comment se porte le débile vieillard ?

DE GAND

Oh I combien celte épiihètem'estapplicable ! Je suis vieux, en effet, et débile, parce que je suis vieux. Dans moi, la douleur a soutenu un long jeûne; et qui peut jeûner long-temps sans pirdre de ses forces? J'ai long-temps veillé l'Angleterre endormie; l'insomnie amenda maigreur; la maigreur, la débilité. Ce plaisirdont vivent les pères, la vue de mes enfans m'a été interdite; et cette abstinence m'a fait maigrir. Il ne me reste plus que les os, cette propriété de la tombe, qui maintenant me réclame.

RICHARD

Un mourant peut-ilbien ainsi jouersurles mots?

DE GASD.

La douleur se fait un jeu de se moquer d'elle* même. Je me tourne moi-même en ridicule pour te flatter.

RICHARD

Ceux qui meurent devraient-ils flatter ceux qu vivent ?

DE GAND

Non, non ; ceux qui vivent doivent flaiter ceux qui meurent:

RICHARD

Toi qui te meurs, tu viens de dire toul-àl'beure que tu me flattais.

DE GAND

Obi non; c'est toi qui meurs, bien que de nous deux je paraisse le plus malade.

RICHARD

Je suis plein de santé, je vis, je respire; et je te vois mourant.

DE GAND

Celui qui m'a créé sait que je le vois tout aussi malade que moi-même. Tu as pour lit de douleur Ion royaume , où gii ta réputation agonisante; et toi, malade imprudent, tu cmifies la cure de ta personne sacrée à ces mêmes médecins qui t'ont infligé tes premières blessures. Abrités sous ta (onronne, dont la dimensiou n'est après tout que celle de ta léte, siègent des milliers de flatteurs, qui de ceue étroite enceinte où ils sont confinés, promènent la ruine sur le pays tout entier. Oh ! si d'un regard prophétique ton aïeul avait pu voir dans l'avenir comment le fils de son fils ruinerait sa postérité, il eùl mis la honte hors deta poriée; il l'auraiidéposéavamque tu ne montasses sur le trône, toi, qu'un fatal vertige pousse a te détrôner toi-même. Mon neveu quand le monde entier serait soumis a tes lui^ ce serait une honte que de donner ce rovauiuc à bail ; mais lorsque ce royaume est tout ce que tu possèdes au monde, n'est-ce pas le comble de l'infamie que de l'avilir à ce point? L'Angleterre est une propriété que tu exploites; lu n'en es plus le roi; lu as enchaîné ta souveraineté dans les liens de la loi , et tu, —

RICHARD

Vieil insensé, tu te prévaux des privilèges de la

RICHARD 11

maladie: tu pousses l'audace jusqu'à faire pilir | nos joues par ta morale glacée, et à chasser notre sang royal de sa résidence habituelle. J'en jure par la royale majesté de mon trône, si tu n'étais pas le frère du fils du grand Edouard, pour prix des libertés que vient de prendre ta langue, je ferais tomber de tes épaules ta tète insolente.

DE GAMD.

Fils de mon frère Edouard, parce que je suis le fils de ton père Edouard, que ce ne suit pas pour toi une raison pour m'épargncr. Semblable au pélican, tu as déjà fait couler ce sang, et tu t'en es abreuvé. Mon frère Gloslir, ame loyale et candide, — Dieu lui fasse paix au séjour des bienheureux ! — te servira de précédent, etprouverait au besoin que tu ne te fais pas scrupule de répandre le sang d'Edouard. Joins-toi a la maladie qui nie mine en ce moment; que ta cruauté, venant en aide à la vieillesse, moissonne une fleur depuis long-temps flétrie. Meurs infâme, mais que Ion infamie te survivel — que mes paroles deviennent plus tard ton supplice 1 Portez-moi sur mon lit, puis dans ma tombe; que ceux-là aiment la vie , à qui il reste encore affection et honneur.

Il sort.

RICBAKD.

Et qu'ils meurent ceux qui n'ont plus en partage que la vieillesse et la mauvaise humeur, ces deux auxiliaires de la tombe, dont tu es affligé.

YORK

Que votre majesté n'impute ses paroles qu'à l'égarement de la maladie et de la vieillesse. Il vous aime, sur ma vie, et vous chérit à l'égal d'Henri Hereford, s'il était ici.

niCBAIVD.

C'est juste; vous dites vrai; son affectinn est comme celle d'Hereford; la mienne ressemble à la leur; les choses sont ce .ju'elles doivent être.

Entre NORTHUMBERLAND

NORTUUMBERIAND.

Sire, le vieux De Gand se recommande au souvenir de votre majesté.

RICHARD

Que dit-il maintenant?

nORTHUUBËRI.AND.

Rien; tout est dit pour lui; sa langue est un iiislrumcnt sans corde; parole, vie, tout est fini pour le vieux Lancastre.

TORK.

Qu'Yoïk soit après lui le premier qui fasse banqueroute à la vie! Bien que la mort soit indigent'', elle met un terme  de mortelles douleurs I

RICHARD

Les fruits les plus mûrs tombent les premiers; son tour est venu; il a lait son temps; nous devons achever notre pèlerinage : n'en ç.nilons plus. — SonieoDt maintenant i la guerre dliliiiHe 11

nous faut mettre à la raison ces têtus d'Irlandais, bétes venimeuses qui vivent 14 où nul autre reptile ne saurait vivre *. El comme cette entreprise va nécessiter des dépenses, pour en défrayer une partie, nous saisissons l'argenterie, le numéraire, les revenus et le mobilier que possédait notre oncle De Gand.

TORE

Jusques à quand garderai- je le silence? Jusque? à quand le zèle et l'alTection me feront-ils supporter l'injustice? Ni la mort de Gloster, ni le bannissement d'Hereford, ni les indignes traitemens infligés à De Gand , ni les griefs de l'Angleterre, ni la rupture du mariage de l'infortuné Bolingbroke **; ni les mépris dont j'ai moi-même été l'objet, n'ont jamais rembruni mon visage patient, ni contracté mon front en présence de mon souverain. — Je suis le dernier des fils du noble Edouard, de ces fils dont votre père, le prince de Galles, était l'ainé; à la guerre , il n'y eut jamais de lion plus terrible; pendant la paix, jamais agneau ne fut plus doux que ce jeune et royal prince; vous avez ses traits : car il vous ressemblait lorsqu'il avait votre Age; mais quand éclatait sa colère, c'était contre les Français, et non contre ses amis; ce que sa noble main dépensait, elle l'avait conquis; et il ne gaspilla jamais le fruit des conquêtes de son père victorieux; ses mains étaient rougies, non du sang de ses proches, mais du sang des ennemis de sa race. 0 Richard 1 la douleur a déjà fait sur moi trop de ravages; sans cela, jamais je n'aurais établi une telle comparaison.

RICHARD

Eh bieni mon oncle, qu'avez-vousT

YORK

Sire, pardonnez-moi , s'il plait à votre majesté ; sinon, je me résigne à ne pas être pardonné. Eh quoi ! vous voulez saisir et vous approprier les droits souverains et les biens d'Hereford exilé? De Gand n'est-il pas mort? Hereford n'est-il pas vivant? De Gand ne fut-il pas un sujet loyal? Hereford n'cst-il pas un sujet fidèle? Le premier ne racritait-il pas d'avoir un héritier? Et n'a-t-il pas laissé pour héritier un fils plein de mérite? Enlever à Hereford sesdrolts, c'est briser les chartes et lespriviléges consacrés par le temps; c'est vouloir que demain ne succède pas à aujourd'hui ; c'est vouloir ne plus être vous-même; car à quel titre étes-vous roi, si ce n'est par droit de primogéniture et de succession légitime? Je le déclare devant Dieu, et Dieu veuille que je ne dise pas vrai, si vous saisissez injustement les biens d'Hereford,

ion , à laquelle les paysans implicite que saint Patrick ispèce de reptiles venimeux.

' CVsl une antique tradi irlandais, ajoutent une foi délivra l'Irlande de toute {Note du traducteur. )

•• Bolingtroke, apr'es son exit.s'clanl réfugié à la cour de France, y reçut un bienveillant accueil ; il fut même sur le point il'épouser la fille Ju duc de Berry, oncle du roi de France ; mais Richard II y mil obslacl» et fit rompt» !• mariât» 'iV/>ff </ii InténrifUr.)

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

si vous révoquez les lettres-patentes qui l'aulori<i-nl à revendiquer ses armoiries, si vous refusez de recevoir son hommage, vous ainassez mille dangers sur votre léle; vous vous aliénez des milliers de cœurs qui vous sont attachés, et vous me ferez moi-même, tout patient que je suis, accueillir des pensées que réprouvent l'honneur et la fidélité.

ntCBABD.

Comme il vous plaira; quoiqu'il en soit, nous saisissons sou argenterie, son numéraire, son mobilier et ses terres.

YOBK.

Je n'en serai pas témoin. Adieu, sire. Quelles seront les suites de tout ceci? Nul ne le sait, nul ne le peut dire; mais d'actes répréhensibles il ne saurait sortir rien de bon.

Il sort.

.mCHAIlD.

Bushy, va sur-le-champ trouver le comte de Wiltshire ; dis-lui de venir me trouver au palais d'Ely , afin de traiter celte affaire. Demain nous parlons pour l'Irlande; et il est grand temps, sur ma parole. En notre absence, nous créons notre oncle York lord gouverneur d'Angleterre; car c'est un homme juste, et qui nous a toujours été attaché. — [A /u reine.) Venez, madame; demain, je pars; chassez loin de vous la tristesse : nous n'avons pas long-temps à rester ensemble.

Bruit de fanfares; le Roi, t* Reine, Bushi , AcUALE, Green el Bagot sortent.

KORTHUMBERLAND.

Eh bien I messieurs, le duc de Laucastrc est mort.

ROSS

Et vivant: car voilà son fils devenu duc.

WILLOOCaBV.

lien a le titre, et non la l'ortune

^ORTHCMBERLA^n.

L'un et l'autre seraient son partage si la justice avait son cours.

ROSS

Uon cœur est gros; mais il se brisera dans la coniraiole du silence plutôt que de s'épancher dans un libre entretien.

MORTHUHSERLAND.

Dites-nous votre pensée, et que la parole soit à jamais ravie à quiconque répéterait nos paroles pour vout nuire.

WILLOCGHBÎ.

Ce que vous voulez dire est-il relatif au duc d'Hcreford? S'il en est ainsi, parlez hardiment; je prête une oreille avide à tout ce qui peut lui être favorable.

ROSS

Je ne puis rien en sa faveur; «n retour du patrimoine dont on le dépouille, je n'ai à lui offrir qu'une stérile pitié.

NORTUCMBERl.AND.

Par le ciel, c'est une bonté de souffrir que de telles injure! soient iniligées A un prin'udu sring

royal tel que lui, et à tant d'autres rejetons d'un sang illustre dans ce royaume qui penche vers son déclin. Le roi n'est plus lui-même; il se laisse làchemeul gouverner par des tlatteurs; et sur leurs rapports dictés par la haine, des poursuites rigoureuses sont dirigées contre nous, nos enfans, et , nos héritiers.

BOSS

Il a surchargé le peuple de taxes exorbitantes, et il a perdu son affection : il a, pour de vieux différends, condamné les nobles à de grosses amendes , et s'est pareillement aliéné leurs cœurs.

W'ILLOUGHBY.

Chaque jouron invente des exactions nouvelles, telles que blancs-seings, dons volonlaires, et je ne sais quoi encore. Oui pourra, au nom du ciel, me dire ce que devient tout cet argent?

NORTHCMBERLAAD.

Les guerres ne l'ont point absorbé, car il n'a point fait la guerre ; mais il a làchementconcédé ce que ses ancêtres avaientconquis les armes à la main ; il a plus dépensé dans la paix qu'eux dans la guerre.

ROSS

Le comte de Wiltshire lient le royaume à ferme.

«ILLOCCBBY.

Le roi a fait banqueroute comme un marchand insolvable.

NOBTHDMBEKLAND.

L'opprobre et la ruine planent sur lui.

ROSS

Malgré l'énormité de ses taxes, il n'a pas d'argent pour la guerre d'Irlande, et il faut qu'il dépouille le duc exilé.

KORTHCHBERLAND.

Son noble parent. Roi dégénéré I Mais, messieurs , nous entendons mugir cette redoutable tempête , et nous ne cherchons aucun abi i contre l'orage. Nous voyons le vent s'engouffrer dans nos voiles, et nous ne mettons pas en panne, et nous nous laissons tranquillement périr.

ROSS

Nous voyons le naufrage qui nous attend, et nous n'en écartons pas la cause, et nous ne faisons rien pour nous soustraire au danger.

KORTUtlMBEULAI^D.

Non, non , à travers les yeux creux de la mort, je vois poindre la vie; mais je n'ose dire combien est pioche l'avénemenl de notre salut.

VVILLUUCUBY.

Faites-nous part de vos pensées, comme nous vous avons fait part des ndircs.

ROSS

Parlez avec assurance, Norihumberland ; vous et nous, nous ne faisons qu'un; en nous parlant, VOS paroles ne seront véritablement que des pensées. Bannissez donc toute crainte.

^ORTUU)IIIellLAII0

F.li bien, éccuiez-mui. — De Purt-le-Blanc, petite baie de Bretagne, j'ai revu la nouvelle qn'llcuri Hereford, Reginaid lord Cobham, la fili

RICHARD II

de Richard, comte d'Arundel; qui a rompu récem- | facettes qui, vus de face, n'offrent qu'un tout ment avec le duc d'Kxeter; son frère, ci-devant arclicvé iue de Caiitorbéry , sir Thomas Erpingliam, sir John KaiiisUin , sir John Nurbcry , sir Koberl Waterlon, et Francis Quoint, — tous bien

irovlsioniics par le duc de Bretagne, font voile en diligence vers l'Angleterre , avec liuii grands

sseaux et trois oiille hommes de guerre. Leur inleniion est de prendre terre sous peu sur nus cùies septentrionales; peut-être même seraientils débarqués; mais ils attendent le depait du rui pour l'Irlande. Si donc nous voulons secouer noire joug servile, raviver l'aile brisée de notre patrie expiiaute, racheter la couronne aulie et mise en gage, effacer la poussière dont l'or lie noire sccpire est maintenant couvert, et rendre i la majesté du trône son antique splendeur, partez sans délai, avec moi, pour Ravenspurg, mais si le Courage vous manque, si la crainte vous arrête, restez, gardez-moi le secret, et je partirai seul.

ROSS

A clievall à cheval 1 parlez de vos doutes à ceux qui ont peur.

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