‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 38 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Le camp de Bolingbroke devant Bristol.

Arrivent BOLINGBROKE, YORK, NORTHUM- BERLAND, PERCY, WILLOUGHBY, ROSS; des Officiers amènent BUSHY et GREEN prisonniers.

BOLINGBBOKE.

Faites approcher ces hommes. — Busbj, et vous, Green, je ne veux pas torturer vos âmes, qui vont tout-à-l'heure être séparées de vos corps, en vous reprochant trop sévèrement les crimes de votre vie: cela ne serait pas charitable. Néanmoins, comme je veux laver mes mains de votre sang, je vais ici, devant tous, exposer quelques-uns des motifs qui ont nécessité votre mort. Vous ave.; perverti uu prince, un roi illustre, que sa naissance et la nature avaient si noblement partagé; vous l'avez pervertiet complètement défiguré. Vosdébauches ont en quelque sorte établi un divorce entre la reine et lui. Grâce à vous, elle s'est vue dépossédée de la couche royale ; et des pleurs arrachés par vos coupables outrages ont sillonné les joues d'une reine charmante. Moi-même, prince par ma fortune et ma naissance, proche parent du roi, et qui possédais son affection jusqu'au jour où vous l'avez abusé sur mon compte, — j'ai courbé la tétc sous vos outrages ; Anglais , j'ai respiré l'air de l'étranger, et mangé le pain amer de l'exil, pendantque ïousvous engraissiez de mon patrimoine, que vous détruisiez mes parcs, que vous abattiez les arbres de mes forêts, effacici: de mes l'cnétres mes armoiries, faisiez disparaître mes écussons et ne laissiez de moi aucun signe, — sauf l'opinion publique et ce sang qui coule dans mes veines, — auquel on pilt reionnaitreen moi un gentilhomme. Ces mollis, auxquels j'aurais pu en ajouter deux fois autant, vous condamnent à mort. — Qu'on les livre au bourreau et à la main du irépas.

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