‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 383 sur 633 · DEP.MU · texte numérisé non relu

DEP.MU

Je le regarde avec loloie, et cependant il continue  m'aimer.

HÉLliSE.

Oh! si mon sourire pouvait ce que peut votre

ciLurel

BERMIA.

Je lui dis des injures; il me répond par des protestations d'amour.

UELÉNE.

Oh I si mes prières pouvaient obtenir de lui cet amour I

UERUIA.

Plus je le bais , plus il s'attache à mes pas.

BÉLÉNE.

plus je l'aime, plus il me hait.

BEBMIA.

Sa fo'.le passion, Hélène, n'est pas ma faute.

BËLÉNE.

C'est la faute de \otre beauté. Plût aux dieux uue ce fût la mienne!

uehuia.

Consolez-vous; il ne reverra plus mon visage; l.yjandre et moi nous allons fuir de ces lieux. A\anl que j'eusse vu Lysandrc, Athènes était un p.uadis * pour moi. Voyea l'eO'et charmant qu'a

• L'expression Je paraji» est plus IiiUique que mylliologH[ut;; c'esl encore un de ces auaclirouismes de pliraseologie si fréqucas diDS Dotre auteur. (Note du traducteur.)

produit mon amour! il a changé mon ciel en

Hélène, nous allons vous communiquer nos irojets. Demain soir, quand Phébé contemplera -a face argentée dans le miroir de l'onde, et fera scintiller la prairie de diamans liquides, à l'heure qui protège la tuite des amans, nous avons résolu (le franchir furtivement les portes d'Aihènes.

BEKUli.

Vous connaissez le bois où , vous et moi, couchées sur uu lit de primevères, nous exhalions nos pensées dans le sein l'une de l'autre ; c'est là que Ljsandre et moi devons nous réunir; puis, détournant nos regards d'Athènes, nous irons chercher de nouveaux amis et une patrie nouvelle. Adieu, chère compagne démon enfance; prie pour nous , et puisses-tu obtenir ton Déméirius! — Tiens ta promesse, Ljsandre : il faut jusqu'à demain, à l'heure de minuit, nous sevrer du bonheur de nous voir, cet aliment de l'amour.

Heduia sort.

ITSANOr.E.

Je tiendrai ma promesse, llermia. — Adieu, Hëlènel Puissiez-vous être aimée de Démétrius comme vous l'aimez vous-même!

LïSiSDUE sort.

HÉLÈNE, seule.

Combien certains mortels sont plus heureux que d'autres ! Je passe dans Athènes pour être son égale en beauté. Mais quoi? Démétrius pense différemment. Il se refuse à reconnaître ce que tout le monde, excepté lui , reconnaît; et nous sommes aveugles tous deux, lui en se passionnant pour les yeux d'Hermia, moi en me montrant éprise de son mérite à lui. L'amour peut transformer les choses les plus abjectes et les plus communes, et leur donner de la dignilé et Je la grâce. L'amour ne voit point avec les yeux du corps, mais avec ceux de l'ame; c'est pour cela que l'enfant ailé, Cupidon, est représenté aveugle; desailesel point d'yeux, sontl'embléme d'une précipitation imprudente. On dit que l'Amour est un enfant, à cause du peu de raison qu'il apporte dans ses choix. Comme ou voit les cnfans dans leurs jeux enfreindre sans scrupule leurs puériles sermens, de même l'enfant qu'on nomme Amour se parjure en tous lieux. C'est ainsi qu'avant d'avoir vu Hermia, Démétrius disait qu'il n'était qu'à moi seule, et il appuyait son dire d'une grêle de sermens; mais aux rayons d'Hermia cette grêle s'est dissoute, et tous ses sermens sont retombés en pluie. Je vaib lui révéler la fuite de la belle Hermia; il ne manquera pas demain soir de la poursuivre au bois; si en retour de cet aviâ j'obtiens de lui quel-

SONGE D'UNE NLIT D'ETE

ques remercîmens , je les aurai acheiés bien cher. Mais je m'eslimerai trop payée par sa seule présence , je ne veux que le voir en ce lieu , et m'en retourner après.

Elle sort.

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