‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 409 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Rome.— Une rue.

écrive UNE FOULE DE CITOYENS atmCs de bâtons et de fourches.

PREMIER CITOYEN

Avant que nous allions plus loin, ccoutcz-rooi.

PLBSIEtlRS CITOVENS, à la fois.

Parlez, parlez.

PREMIER CITOYEN

Ëtes-vous résolus à périr plutôt que de vouslaisser mourii de faim?

les citoyens.

Résolus, résolus.

premier citoyen.

D'abord, vous savez que; Caïus Marcius est le plus grand ennemi du peuple.

LES CITOYENS

Nous le savons, nous le savons premier citoyen.

Tuons-le, et nous aurons le blé au prix qu'il nous plaira. Est-ce décidé?

LES citoyens.

N'en parlons plus; tuons-le; partons, partons.

DEUXIÈME citoyen.

Un mot, bons citoyens.

PREMIER citoyen.

On nous regarde comme des pauvres diaMes; les patriciens seuls sont bons * : le superflu de nos gouvernans suffirait pour soulager notre niisfn'. S'ils nous donnaient setflcmcnt ce qu'ils ont de irop avant qu'il soit g.1té, nous pourrions faire bonneur de ce soulagement à leur humanité; mais

* Hon est pris ici dans le s solvalilc. {Noie du traducteur

iimerci:)! cl signifie

-IVIAGASIJS TIIEAT/IAI. KTR ANC.KR.

nous ne valons pas à leurs yeux ce que cela leur coûterait : la maigreur qui nous afflige, résultat (le notre misère, leur donne la mesure exacte de leur abondance ; nos souffrances sont un gain pour eux. Que nos fourches nous vengent avant que nous soyons réduits à l'état de squelettes ; car les dieux me sont témoins que c'est la faim qui me fait parler, et non la soif de la vengeance.

DEDXIÉUE CITOYEN.

Prétendez-vous agir spécialement contre Caïus Marciusî

LES CITOYENS

Contre lui d'abord; il est le fléau du peuple.

DEUXIÈUE CITOTEM.

Considérez-vous les services qu'il a rendus à son pays?

PREMIER CITOYEN

C'est fort bien, et je ne demanderais pas mieux que de lui en tenir compte, s'il ne s'en était luimême payé en orgueil.

DEUXIÈME CITOYEN

Parlez de lui sans prévention et sans fiel.

PREUIEB CiTOÏEN.

Je vous dis que tout ce qu'il a fait de grand, il l'a fait dans ce but ; ses actions n'ont point eu pour objet l'intérêt de son pays, comme il plait à de bonnes âmes de le dire; i! n'a agi que pour plaire à sa mère, et dans l'intérêt de son orgueil, qui est pour le moins à la hauteur de son mérite.

DEVXIÈUE CITOYEN.

Vous lui faites un crime de ce qui est un défaut de sa nature. Vous ne l'accuserez pas du moins de cupidité.

PKEUIEB CITOYEN.

Si je ne puis lui adresser ce repioche, il m'en reste assez d'autres à lui faire: il a, sans celui-là, des défauts si nombreux que je me fatiguerais à les énumérer. [Des cris se font entendre dans l'éloignement.) Quels sont ces cris? L'autre côté de la ville est en insurrection : pourquoi perdre ici le temps à bavarder? Au Capiiolel

LES CITOYENS

Marchons, marchons.

PREUIER CITOYEN.

Un instant. Qui s'avance vers nous?

Arrive MÉJSÉXIUS AGRIPPA.

DEUXIÈME CITOYEN

C'est le digne Ménénius Agrippa, un homme qu a toujours aimé le peuple.

PREUIER CITOYEN.

C'est un honnête homme : plût aux dieux que tous les autres lui ressemblassent!

MÉNÉNIUS

Qu'avez-vous donc en tête, mes concitoyens? Où allez-vous ainsi armésde bâtons et de fourches? Qu'y a-t-il? parlez, je vous prie.

PREUIER CITOYEN.

L'objet qui nous occupe n'est pas ignoré du si-

n.Tl; nos inlenlionslui »ont ronnucs ilepiiis ■|ni,i/r jours; le moment est venu de les meure a t-xccution. Ils (lisent que les sollicu<'urs iii.ligens uni la voix forte; nous leur prouverons aujouid'hui que nous avons aussi Us bias forts.

MÉNÉNIUS

Eh quoi! mes bous amis, mes honnêtes voisini voulez-vous donc vous |>erdre î

PREMIER CITOYEN

, C'est impossible; nous sommes déjà perdus.

MÉNÉNIUS

Croyez-moi, mes amis, les patriciens sont animés pour vous de la plus charitable sollicitude. Quant à la misère que vous éprouvez, aux souffrances que vous inflige la disette actuelle, autant vaudrait brandir vos bâtons contre le ciel, que de les lever contre le gouverneoient de Rome, qui continuera sa marche, écrasant sous les roues de son cbar mille fois plus d'obstacles que vous ne pouvezlui en susciter. La disette est l'ouvrage non' des patriciens, mais des dieux; vos armes n'jt peuvent rien; recourez aux prières. Ilêlasl le 0»%^ heur vous pousse à des malheurs plus grandsî' vous calomniez les hommes placés au gouvernail de l'état, et vous maudissez comme vos ennemie ceux qui veillent sur vous en pères.

PREMIER CITOYEN

Eux veiller sur nousl — Oui, vraiment! -^ lli ne se sont jamais souciés de nous. Nous lais: mourir de faim, pendant que leurs greniers regorgent de blé; rendre des édits en faveur dft l'usure et dans l'intérêt des usuriers ; révoqu chaque jour quelque loi utile établie contre Ii riches, et promulguer des décrets rigoureux, destinés à enchainer, à pressurer le pauvre, ^^. si Ji guerre ne nous dévore, ce sera eux ; et voila tuuti la sollicitude qu'ils nous portent.

aiÉNÉMIUS.

Ou il fiut que la perversité vous égare étrange ment, ou votre folie est grande. Je vais, à ce sujel vous dire une histoire fort jolie: peut-être quel ques-uns d'entre vous l'ont-ils déjà entend jc mais comme elle vient on ne peut plus â propos je vais essayer de la conter A ceux quil'ignorenl

PREMIER CITOYEN

Je l'entendrai volontiers ; ne croyes pas cej^u dant qu'un conte nous fasse prendre le chani sur nos griefs ; mais si cela peut vous faire pli sir, contez toujours.

MÉNÉNIUS

lu jour tous les membres du corps humain si révoltèrent contre l'estomac. Ils l'accusaient dé rester paresseux etinactif au centre du corps, aWf lant comme un gouffre toute la nourriture, saiÀ jamais partager les travaux communs, tandis oM les autres se fatiguaient i voir, A entendre, à peO' ser, Â diriger, à marcher, à sentir et à pourvoii;^ chacun pour sa part, aux appétits et aux besoinf du corps tout entier. L'estomac répondit, —

PREMIER CITOYEN

Voyons un peu ee que l'estomac répondit.

(.OSUOLAlY.

MtlNENIUS.

ie. vai.~ >i)us li; iliif. — Avec un sourire, non de infraction, mais de mépris, — puisque je fais parler l'estomac, je puis bien le faire sourire, — il rOiiondii d'uu ton railleur aux membres mécon- Bii» et mutinés, jaloux de ce qu'il recevait avec ussi peu de raison que vous en avez d'en vouloir iix sénateurs, parce qu'ils ne sont pascequc vous

PKEUIER CITOYEN.

Voyons la réponse de l'estomac. Eh quoil la tête qui commande, l'œil vigilant, le cœur qui poneillc, le brasqui combat, la jambe qui nous porte, a langue qui nous annonce, et tous ces autres menus organes qui servent deressorts â notre macliine, si l'estomac, ce cormoran, cette seutine du corps, prétendait leur faire la loi, —

UÉNËNIIIS.

Eh bien, après? Voyez-vous comme ce drôle parle! — Eli bien, après? après?

PIlEMIER CITOYEN.

Les autres or;;anes seraient en droit de se plaindre; cl alors, que pourrait répondre l'estomac?

MÈNÉNIOS.

.le vais vous le dire; si vous voulez bien m'aclordiir un peu de ce que vous n'avez guère, un l'cu de patience, vuus allez entendre la réponse (i« l'estomac.

PREUII'.K CITOYEN.

Vous nous la faites bien attendre.

HÉNÉNIUS.

Notez bien ceci, mou ami; l'estomac était calme et refléchi autant que ses accusateurs étaient (ioleus et inconsidérés ; il leur répondit : « I! ) est vrai, mes cbers associés, que je re- ' (jois le premier la nouriiturc dont vous vivez " luus : et cela doit être ; car je suis l'entrepôt et » Icmagasiu du corps; mais soiivencz-vous bien que ■ ce que je reçois, je le fais p;irvenir par les ri- « liéresdu s:ing jusqu'au cœur, centre de la puis- » sjnce vitale, — jusqu'au siège du cerveau; par "l'intermédiaire d'une multitude de canaux si- » !!ueux, les nerfs les plus forts et les plus petites » voiucs reçoivent de moi l'alimeiii qui les fait •vivre. Il est vrai, mes amis, » ajoutait le ventre, '•■iiiaîquez bien ceci, —

PREMIEIl CITOYEN.

Oui, oui, fort bien.

HÉNÉNIUS.

'■ Il est vrai que chacun de vous ne peut pas

>'iir ce que je donne aux autres; rependant il

' 'lie serait facilede vous démontrer, comptes en

'■HP, que je vous donne la (leur de toute chose,

■ ' l m: Rarde pour moi que le son.» — Eh bien ,

; l'en diles-vous?

phemieh citoyen.

'•était une réponse. Qu'en voulez-vous cou- 'liire?

MËNÉNinS.

Les sénateurs de Rome sont ce ventre raisoniiilile, et vous êtes les membres révoltés : exami- «ri leurs conseils et leurs soins: vovez les du. ses

sainement, et sous le point de vue de l'intérêt général. Vous vous convaincrez que tout le bien public auquel vous avez part, vous le tenez d'eux, et nullement de vous. — Qu'en penses-tu, toi, le gros orteil de cette assemblée?

PKEHIEn CITOYEN.

Moi, le gros orteil? pourquoi le gros orteil '/

MÈNÉNIUS.

Parce qu'étant l'un des plus chétifs, des plus vils, des plus pauvres de cette multitude révoltée, drôle déguenillé, le dernier en courage, tu te mets en tête du désordre, dans l'espoir d'en tirer quelque profit. — Eh bien, préparez vos bâtons et vos fourches : puisque Rome aujourd'hui doit livrer bataille à ses rats, nous verrons auquel des deux partis la lutte sera fatale. ^ Salut, noble Marciusl

Arrive CAIUS MARCIUS.

UARCIDS.

Je vous remercie. — Qu'est-ce donc? Qu'avezvous, misérables factieux, qui, cédant à la démangeaison de vos opinions ridicules, envenimez vos plaies à force de les gratter?

PREMIER CITOYEN

Vous avez toujours des choses agréables à nous dire.

MARCIUS

Celui qui te dirait des choses agréables serait un flatteur pour lequel il n'y aurait pas assez de mépris. — Que demandez-vous, impudens, que ne satisfait ni la paix ni la guerre? L'une vous fait peur; l'autre vous rend orgueilleux. Malheur i qui se fie à vous : où il espérait trouver des lions, il trouvera des 'dèvres ; au lieu de renards, il n'aura que des oies. Vous n'êtes pas plus sûrs, pas plus solides que le charbon qui s'éteint sur la glace, que .la grêle qui fond au soleil : votre vertu consiste â exalter le crime et à maudire la justice qui le frappe. Toute gloire méritée obtient votre haine; et vos affections ressemblent aux appétits d'un malade qui convoite surtout ce qui doit aggraver son mal. S'appuyer sur votre faveur, c'est nager avec des nageoires de plomb, c'est vouloir abattre un chêne avec des roseaux. Se fier à vous I chaque minute vous voit changer de sentimens; vous exaltez maintenant celui que tout-à-l'heure poursuivait votre haine; vous accablez de vos mépris celui pour qui vos mains tressaient des couronnes. Qu'avez-vous? Pourquoi, dans tous les quartiers de la ville, élevez-vous vos clameurs contre ce noble sénat qui, après les dieux, vous maintient en respect et vous empêche de vous dévorer les uns les autres? — Que veulent-ils? MÉNÉmus.

Ils veulent acheter du blé au prix qui leur convient, et prétendent savoir que la ville en est abondamment approvisionnéq.

MftUeius.

Ali I ils préieiKli'nt le savoir? Assis au coin de

MAGASIN THEATRAL ÉTRANGER

leur feu, ils prétendent savoir ce qu'on fait au Ca|iitole, qui a des chances d'élévation, qui prospère ou décline; ils prennent fait et cause pour tel et tel, font circuler des bruits de mariage, exaltent tel parti ; et tel autre qu'ils n'aiment pas, est rabaissé par eux au-dessous de la semelle de leur chaussure. Ils prétendent savoir que le blé abonde! Ahl si nos patriciens étaient moins indulgcns, s'ils laissaient agir mon épée, je taillerais en pièces des milliers de ces misérables, et j'élèverais les monceaux de leurs cadavres assez haut pour que ma lance y disparût toute entière.

HÉNÉNICS.

Je crois ceux-ci complètement persuadés ; car bien qu'ils n'aient pas la plus légère dose de jugement, ils sont d'une poltronnerie sans égale. Mais que fait, je vous prie, l'autre attroupement?

UARCIDS.

11 s'est dispersé. Que le ciel les confonde I Ils s'éciiaient qu'ils avaient faim, citaient de vieux proverbes , disaient que la faim brise les murs de pierre, qu'il faut que le chien mange, que la viande est faite pour la nourriture de l'homme, que les dieux n'ont pas créé le blé seulement pour les riches; ils ont assaisonné leurs plaintes de ces lambeaux de phrases décousues. Lorsqu'on y eut fait droit, et qu'on eut accueilli leur requête , ^ et quelle requête encore? elle ne va pas à moins qu'à frapper au cœur l'ordre des patriciens et qu'à faire pâlirl'autorité suprême, — ils ontjetéleurs bonnets en l'air, comme pour les accrocher au croissant de la lune — et ont exhalé par des cris leur factieuse joie.

UÉNENIUS.

Que leur a-t-on accordé ?

MARCIDS.

Cinq tribuns de leur choix, pour défendre leur politique roturière ; ils ont nommé Junius lîrutus, Sicinius Velutus ; j'ai oublié le nom des autres. — Mort de ma vie I la populace aurait démoli tous les toits de la ville avant d'obtenir de moi de pareilles concessions : ce sera, par la suite, une arme contre le pouvoir et la source d'insurrections plus graves.

MÉNÉMUS.

Voilà qui est élraiipo.

MAKCIUS.

Allez, retournez chez vous, malheureux.

Arrive UN MESSAGER.

LE MESSAGER

Où est Caius Marcius?

HAKCICS.

Me voici; de quoi s'agil-il?

LE MESSAGER

On annonce que les Voisques ont pris les armes.

HARCIDS,

J'en suis bien aise Nous allons avoir le moyen de nous débarrasser d'un superOu infect. — Voici no s anciens.

Arrivent COMINIUS , TITUS LARTIUS , et AUTRES SÉNATEURS; JUNIUS BRUTOS et SICINIUS VELUTUS.

PREHIER SÉNATEUR.

Marcius, vous nous avez dit vrai ; les Volsquei sont en armes.

UARCIDS.

Ils ont un général, Tullus Aufidius, qui vous donnera de la tablature. Je ne puis m'empêcber de porter envie à sa gloire, et si je n'étais moi, je voudrais être lui.

COUINIUS.

Vous vous êtes déjà mesurés?

UARCIDS.

Si la noitié du monde était en guerre avec l'autre, et qu'il fût de mon parti, je me révolterait . pour avoir le plaisir de le combattre : c'est un lion auquel je suis fier de donner la chasse.

PREMIER SÉNATEUR

Eh bien ! digne Marcius, suivez Cominius à cettt guerre, et soyez son lieutenant.

COUINIDS.

Vous nous l'avez promis.

MARCIUS

C'est vrai, et je tiendrai ma parole. — Titui Lartius, vous me verrez encore attaquer Tullus en face. • — Eh quoi ! êtes-vous perclus ? voulez-vous rester en arrière ? I

COMINIDS. l

Non, Marcius; je m'appuierai sur une béquiller^ et combattrai avec l'autre, plutôt que de rester en arrière en cette circonstance.

UÉNÉNIDS.

Je reconnais là un homme de cœur.

PREMIER SÉNATEUR

Allons au Capitole ; nos meilleurs amis noui J attendent.

LARTIDS.

Précédez-nous ; passez, Cominius ; c'est à noil de vous suivre, vous, notre digne chef.

COUINlDS.

Noble Lartius t

PREMIER SÉNATEUR, OU peuple.

Hors d'ici 1 rentrez chez vous! partez!

UARCIDS.

Non, laissez-le» nous suivre; les Voisques on beaucoup de blé ; emmenez cbezeuxnQ» rats poui

CORIOLAN

ronger leurs provisions. — Kcspcotablcs mutins, TOUS venez de faire acte de valeur : suivez-nous, je vous prie.

Les Sénatedbs, Cominius, Marcius, Lartius et MÉKÉNius s'éloignent, les Citoyens se relirenl.

SICINIBS.

Vit-nn jamais mortel plus orgueilleux que ce Marcius?

BRUTOS.

11 n'a pas son pareil.

SICINIUS.

Quand nous avons été élus tribuns du peuple,—

BROIUS.

Avei-vous remarqué son regard et le mouvement (le sa lèvreî

SICINIBS.

Et ses insultans sarcasmes ?

DRCTUS.

Dans sa colère, ses insultes ne feraient pas grâce aux dieux.

SICINIUS.

Ni même à la modeste Diane.

BRtlTlIS.

Que cette guerre le dévore! c'est dommage que tant de valeur soit jointe à tant d'orgueil.

SICINIUS.

Un homme de ce caractère, enflé de ses succès, dédaigne jusqu'à l'ombre sur laquelle il marche en plein midi. Mais je m'étonne que son insolence consente à se laisser commander par Cominius.

BRCTCS.

La gloire à laquelle il aspire, et dont il a déjà conquis une assez belle part, ne saurait s'acquérir et se conserver plus sûrement qu'à la seconde place : car les échecs seront mis sur le compte du général, cùt-il fait au-delà de ce qu'on peut attendre de l'homme; et le blâme inconsidéré ne manquera pas de s'écrier : «Oh! si Marcius avait été chargé de cette opération ! »

SICINIUS.

En cas de succès, l'opinion, prévenue en faveur de Marcius, dépouillera Cominius de tous ses mérites.

BRUTUS

Allons; Marcius partagera avec Cominius tous les honneurs de ce dernier, sans avoir rien fait pour les obtenir; et toutes les fautes qu'il lui arrivera de commettre tourneront à la gloire de Marcius, sans qu'il y ait le moindre litre.

SICINIUS.

Allons voir la nature des pouvoirs qui lui sont confiés, et quels sont ceux qui doivent l'accompagner.

cr.cius.

AI'iniF nous en assurer.

lUs'cK.icnciit.

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