SCENE
Rome— Un appartemeoldansla maison de Marcius.
Entrent VOLUMNIE et VIRGILIE : elles vont s'asseoir sur des escabeaux et cousent.
VOLUHNIE.
Je vous en prie , ma fille , cbaotez , ou mettez moins de tristesse dans vos discours. Si mon fils était mon époux, je serais plus heureuse d'uni; abseuce pendant laquelle il acquiert de la gloire, que des embrassemens de sa couche et des plus doux transports de son amour. Lorsque ce fils unique de mes entrailles était dans un âge encore tendre; quand sa jeunesse et sa beauté attiraient sur lui tous les regards; à l'époque où, lors même qu'un roi l'en eût suppliée tout un jour, sa mère n'eût pas consenti à se priver une heure de sa vue, — eh bien, convaincue que l'honneur ne pouvait que relever merveilleusement sa bonne mine, que si elle n'était embellie parl'amour de la renommée, elle n'aurait pas plus de prix qu'un vain portrait attaché à la muraille, je me plus A l'envoyer chercher le péril là où il pouvait espérer de lenconirer la gloire. Je l'envoyai à une guerre cruelle; il en revint le front ceint de la couronne de chêne". Croyez-moi , ma fille, je n'éprouvai pas plus de joie eu apprenant que j'avais donné naissance à un enfant mâle, que le jour où je vis pour la première lois qu'il s'était montré homme.
VinCILIE.
Cependant s'il avait péri dans cette guerre?
VOLOMNIE.
Alors j'aurais eu pour enfant sa gloire : elle m'aurait tenu lieu de postérité. Je le déclare en toute sincérité, — si j'avais douze fils, tous l'gaiix dans mon amour, et que chacun d'eux me lût aussi cher que l'est pour nous notre cher Marcius , — j'aimerais mieux en voir onze mourir glorieusement pour leur pays, que d'en voir un m:iiI h\nt;uir dans la voluplé et l'inaction.
Entre UNE SUIVANTE de VinjiUc.