‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 581 sur 633 · IL ET · texte numérisé non relu

IL ET

e, attendant la mort, nlieux de son sort, humeur vagabonde, e l'autre dori, . le monde.

Si jamais ta fortune vient à me traiter de Turc â Maure, nesuffirait-ilpasd'unescéne àetTet comme celle-là, avec l'addition d'une foret de plumes à mon chapeau et de deux roses de Provence à mes escarpins, pour me faire admettre dans une troupe de comédiens?

HOKATIO.

Vous seriez reçu à demi-part*.

HAMLET

Oh! à part entière.

Tu dois savoir, mon cher Damon, Que le royaume est veuf de son monarque auguste.

Qu'à la place d'un roi si juste r^ous avons aujourd'hui sur le trène un — faisan.

HORATIO

Vous auriez pu rimer *'.

BAMLET.

O mon cher Horatio, je gagerais mille livres sterling que l'ombre a dit vrai. As- tu remarqué ?

UOItATlO.

Très-bien, monseigneur.

HAULET.

Quand il a été question d'empoisonnement, —

HOUATIO.

Je l'ai parfaitement observé.

HAMLET

Ha ! ha ! Allons, un peu de musique ; allons, les flageolets. —

Si,

01 qui nous gouverne La cume'die est sans appas , C'est, — c'est qu'apparemment elle ne lui plaît pa

— Allons, de la musique!

Enirenl ROSENCRANTZ et GUILDENSTEKN.

GDILDENSTERN.

Monseigneur, permettezque jevous dise un mot.

HAHLET.

Toute une histoire, si vous voulez.

• Du temps de Sliakspearc, Us acteurs ne recevaient point de traitement fixe; ils partageaient la recette avec le propriétaire de la salle, et c'iaient tarifés selon leur talent, soit à une part entière, soit à une fraction de part. (Sott du traducteur,')

" C'est le mot de'mon qui devait arriver pour rimer avec Damon. Nous avons voulu ici que notre traduction K'pdiidît autant que possible à l'original. (Note du tra- .luclcur.)

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

GUILDËNSTbKN.

Le roi, seigneur, —

BAMLET

Eh bien, qu'est-re que vous me direz de lui 7

GUII.DEIISTBI<[<.

Il s'est retiré dansson appac teiuent, étrangement indisposé.

BAMLIiT

Far le viu 7

GDILDEMSTEBN.

Non, monseigneur; par la colère.

HAHLBT.

Vous auriez agi plus convenablement en allant avertir le médecin; car, moi, si j'essayais de guérir son mal, je ne ferais que l'irriter davantage.

GUILDENSTERN

Monseigneur, veuillez mettre quelque suiledans vos discours, et ne pas vous écarter aussi brusquement de la question.

BAMLET.

Je vous écoute tranquillement; parlez.

GDILDENSTERM.

La reine votre mère, profondément affligée, m'envoie auprès de vous.

HAMUF.T

Vous êtes le bien venu.

GUILDENsTERN.

Monseigneur, cette politesse est déplacée en ce moment : s'il vous plait de me faire une réponse raisonnable, j'exécuterai l'ordre de votre mère; sinon, je vous prierai de m'excuser, je partirai, et tout sera dit.

BAMLET,

Seigneur, je ne puis.

GUILDENSTERN

Quoi, monseigneur?

HAMLET

Vous faire une réponse raisonnable! mon intelligence est malade; mais je suis prêt à vous répondre, ou plutôt comme vous dites, à ma mère, le mieux qu'il me sera possible : sans plus de paroles, venez donc au fait. Ma mère, diles-vous, —

ROSENCRARTZ.

Voici ce qu'elle nous a chargé de vous dire. Votre conduite l'a plongée dans l'étonnement et la stupeur.

0 le fils merveilleux qui peut à ce point ëtonner sa mère! — Mais ne vient-il rien à la suite de cet étonnement d'une mère? Parlez.

KOSENCRANTZ.

Elle désire vous entretenir dans son cabinet avant que vous alliez vous coucher.

BAMLET.

Nous lui obéirons, fùt-elle dix fois notre mère*. A.vez-vous autre chose à me dire?

•• Il semble qu'il y "i contra.Uclion . nlrc In premier et le serona membre Je oetle pl.rase ; il n'en est rien cependant. Hamle. resarde sa mère cmmc d'aulanl plu. coupable nuelle es. sa r.ére; mai. (ûi-elle .l.x lois plus .. mère, et eu.iseqi.emm.n. dU lu.s plus coupable, il lui obcira. (Note du Irndiicteur.)

BOSENCRANTZ.

Monseigneur, il fut un temps où vous aviez de l'araiiié pour moi.

HAMLET

Et j'en ai encore, je le jure par ces dix doigis.

ROSENCRANTZ.

Monseigneur, quelle est la cause de votre égarement? c'est vous imposer une inutile contrainte que de faire à votre ami un secret de vos douleurs.

HAULET.

C'est l'avancement de ma fortune qui m'inquiète.

ROSENCRANTZ.

Comment cela peut-il être, quand le choix du roi lui-même vous appelle à monter après lui sur le trône de Danemarck?

HAMLET

C'est vrai; mais, «pendant que l'herbe pousse,» — le proverbe est un peu vieux *.

Eturent plusieurs COMÉDIENS leiiant chacun à la main un flageolet.

BAMLET, continuant.

Ohl voilà les flageolets qui arrivent. — Donnezm'en iiD. (// prend un flageolet des mains de l'un des comédiens. — J Guildeusiernquiluifaitsiijne.) Vous voulez que je sorte avec vous? — Pourquoi me poursuivre sans relâche, comme si vous me donniez la chasse?

GDILDBIISTERN.

0 monseigneur, si mon zèle est trop hardi, c'est que mon aCTection me rend importun.

BAMLET.

Je ne comprends pas bien cela. Voudriez-vous bien jouer de ce flageolet?

GOILDENSTERN.

Monseigneur, je ne saurais.

BAULET.

Je vous en prie.

GDILDgNSTERN.

Croyez-moi, je ne le puis.

Je vous en supplie.

GUILDENSTEBN.

Je ne sais pas le moins du monde jouer de cet instrument.

BAMLET.

Ce n'est pas plus difficile que de mentir. Aver les doigts et le pouce bouchez et découvrez tour a tour ces trous; soufflez dans celui-ci, et il en soi tira une harmonie ravissante. Tenez, voici les touches.

GUILDENSTEKN.

Mais je ne puis en tirer aucun son harmonieux. Je n'ai pas le talent nécessaire.

' Pen.lanl 'liic llo rlie [luussc, le clieval a le temps de mourir de faim. (iVo/e dli traducteur.)

IIAMLET.

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