‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 594 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Arrivent DEUX FOSSOYEURS, leur bêche à la main.

PREMIER FOSSOYEUR

Faut-il l'enterrer en terre sainte, celle qui est allée volontairement au-devant de son salut ?

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Je te dis qu'oui. Creuse donc vite sa fosse ; le coroner ' l'a visitée, et a décidé qu'elle recevrait une sépulture chrétienne.

PKEMIER FOSSOYEUR.

Comment cela se peut-il, à moins qu'elle ne se soit noyée i son corps défendant?

DEUXIÈME FOSSOYEUR

C'est ce qui a été reconnu.

PREMIER FOSSOYEUR

Il est bien plus probable qu'elle est morte se offettdendo" .lln'en peut être autrement. Voici comme je le prouve : Si je me noie volontairement, il y a évidemment là un acte; or, un acte se subdivise en trois branches : l'action, l'accom-

' Magistrat chargé de constater les morts violentes, (Note du traducteur.)

" En te suicidant. (Note du Iraductei.r.)

plissement et l'exécution ; ergo, elle s'est noyée volontairement

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Oui, mais écoutez-moi , monsieur le fossoyeur.

PREMIER FOSSOYEUR

Permets. L'eau est ici ; fort bien; l'homme est là ; fort bien : si l'homme va trouver l'eau et se noie, alors, nécessairement, c'est de son propre mouvement qu'il meurt ; remarque bien cela. Mais si au contraire c'est l'eau qui va le trouver et le noie, dès lors il ne se noie pas lui-même ; ergo , celui qui n'est pas coupable de sa mort n'a pas abrégé sa vie.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Mais est-ce la loi!

PREMIER FOSSOYEUR

C'est la loi qui préside aux enquêtes du coroner.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Veux-lu que je te dise la vérité? Si la défunte n'avait pas été une demoiselle de qualité, on ne l'aurait pas enterrée en terre sainle.

PREMIER FOSSOÏEin.

Tu dis vrai ; et il est déplorable que les gens de qualité aient plus que les autres chrétiens, leurs égaux , le droit de se noyer ou de se pendre. Allons, ma bêche. 11 n'y a pas de plus anciens gentilshommes que les jardiniers, le» terrassiers et lei

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fossoyeurs; ils continuent la profession d'Adam.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Ëtait-il gentilhomme?

PREMIER FOSSOYEUR

Il est le premier qui ait eu des armes.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Babt il n'eu avait point.

PREMIER FOSSOYEUR

Quel païen es-tu donc? comment comprcndstii l'Écriture? L'Écriture dit qu'Adam travaillait à la terre; pouvait-il travailler sans pioche et sans bêcbeî C'étaient là ses armes. Je vais te poser une autre question : si tu ne me répondi pas juste, avoue-moi que tu n'es, . —

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Va toujours.

PREMIER FOSSOYEUR

Quel est celui qui bâtit plus solidement que le maçon, le constructeur de navires, ou le charpentier î

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Le constructeur de potences; car son ouvrage survit à des milliers d'ocoupans.

PREMIER FOSSOYEUR

Bien répondu, sur ma parole. La potence ne va pas mal ; mais à qui va-t-elle bien î i ceux qui font du mal; or tu fais mal de dire que la potence est plus solide que l'Église; ergo , la potence t'irait bien. Allons, cherche encore, va.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Quel est celui qui bâtit plus solidement que le maçon, le constructeur de navires, ou le charpentier 7

PREMIER FOSSOYEUR

Oui, dis-le moi; et je te tiens quitte.

DEUXIÈME FOSSOYEUR

Parbleu, j'y suis à présent.

PREMIER FOSSOYEUR

Voyons.

DEUXIÈME rOSSOYKUR.

Ma foi, je renonce.

HAMLET et HORATIO paraistent à quelque dittance.

PREMIER FOSSOYEUR

Cesse de te flageller la cervelle; tu auras beau frapper ta bête, elle n'en ira pas plus vite. A l'avenir, quand on te fera cette question, réponds : C'est un fossoyeur ; les demeures qu'il construit dureront jusqu'au jugement dernier. Va chez Vaughan me chercher un verre de liqueur.

Le DEDXiiMS roBgoisuR s'éloigne.

Depuis ce temps, ma belle, MuD cœur a bien cbangé ; De mon âme rebelle L'amour a pris congé.

HAHLET.

(e drôle n'a donc pas la conscience de ce qu'il fait, qu'il chante en creusant une fosse ?

HORATIO

L'habitude l'a familiarisé avec sa profession.

BAHLET.

C'est vrai : la main qui travaille peu a le toucher plus délicat.

LE FOSSOYEUR chante.

Avec sa griffe immonde

Et m'a dans l'autre monde Envoyé faire un tour.

// déterre une tête de mort, BAULET.

Il fut un temps où cette tête avait une langue et chantait; et voilà ce drôle qui la fait rouler à terre, comme si c'était la mâchoire de Cain , le premier homicide. Le crâne quecet imbécile traite avec si peu de cérémonie était peut-être celui d'un profond politique qui se croyait capable d'eu imposer à Dieu lui-même; n'est-il pas vrai?

HORATIO

C'est possible, monseigneur.

Ou ce pouvait être celui d'un courtisan qui excellaitàdire:« Salut, monseigneur. Commeut se porte monseigneur ? » c'était peut-être la tête de monseigneur un tel qui vantait le cheval de monseigneur un tel, avec l'intention de demander qu'on lui en fit présent; n'est-il pas vrai?

BORATIO.

Oui, monseigneur.

BAMLET.

Oui, c'est cela. Et maintenant elle appartient aux vers; elle n'a plus ni peau, ni chair; et un fossoyeur lui assène un coup de bêche sur le museau. Voilà une étrange révolution, si nous étions assez avisés pour la voir. On joue aux quilles avec ces os, comme s'ils n'avaient rien coûté à former. Les miens me font mal rien que d'y penser

LE FOSSOYEUR chante.

Une bêche qui creuse, Un linceul blanc et chaud, Une fosse argileuse, C'est tout ce qu'il me faut.

Il déterre une seconde tête de mort.

LE PREMIER FOSSOYEUfi travaille ( Au temps de ma jeunesse,

Mon cceur, avec simplesse , Jurait d'aimer toujours.

HAHLET.

En voici une autre. Qui sait si ce n'est pas le crâno d'un homme de loi? où sont maintenant ses chicanes, ses distinctions subtiles, ses réles, ses articles, ses finasseries? comment souffre-t-il

HAMLET

que ce grossier drijle lui cogne la téie avec sa sale bêche? Que ne lui intente-t-il une action pour voies de faits et sévices graves? Qui sait? ce personnage était peut-être un gros acquéreur de biens fonds, avec ses droits, ses redevances, ses privilèges, ses hypothèques, ses contrats. Le voilà lui-même hypothéqué; et il a le privilège de voir sa tête saupoudrée de terre et de poussière. Eh quoi! toutes ses acquisitions si bien garanties n'ont-elles donc abouti qu'à lui assurer un espace égalant à peine la largeur et la longueur de deux contrats de vente ? C'est à peine si ses titres de propriété tiendraient dans ce coffre; et c'est tout ce qui est alloué au propriétaire lui-même! Ha !

aORATIO.

Pas davantage, monseigneur.

HAHLET.

Ne fait-on pas le parchemin avec des peaux de mouton?

BORATIO.

Oui, monseigneur, et aussi avec des peaux de veau.

HAMLET

Ce sont des moutons et des veaux que ceux qui ont foi en la validité de pareils titres. Je vais parler à ce drôle. — A qui est cette fosse, l'ami ?

LE FOSSOÏEBR.

A moi, seigneur.

Il chante :

Vue fosse :

C'est tout <

■gileuse . qu'a ,

HAMLET

Je crois effectivement qu'elle est à toi-; car tu es dedans.

LE FOSSOYEOR.

Tousétes dehors, et certes elle n'est pas à vous; mais moi, bien qu'elle ne mé soit pas destinée, elle est pourtant à moi.

HAMLET

Tu mens; elle est pour un mort et non pour un vivant.

LE FOSSOYEUR

Voilà un démenti bien prompt et bien alerte; il ne se fera pas faute d'aller de moi à vous.

HAMLET

Pour quel homme creuses-tu cette fosse?

LE FOSSOYEOR.

Ce n'est pas pour un homme, seigneur.

Pour qitelle femme donc 1

LE FOSSOYEUR

Ce n'est pas non plus pour une femme.

HAMLET

Qui doit-on y enterrer?

LE FOSSOYEUR

Une personne qui était femme; mais, Dieu veuille avoir son àmel elle est morlc

HAMLET

Comme ce maraud est positifl il ne faut lui parler que la carte à la main, si l'on ne veut se laisser enferrer par lui. Par le ciel, Horatio, voilà trois ans que j'en fais la remarque, le monde est devenu singulièrement retors, et le paysan suit le courtisan de si près que son orteil lui écorche les talons. — Combien de temps y a-t-il que tu es fossoyeur?

LE FOSSOYEUR

J'ai commenté ce métier le jour où notre feu roi Hamlet vainquit Fortinbras.

HAMLET

Combien y a-t-il de cela?

LE FOSSOYEDR.

Ne pouvez-vous le dire? il n'y a pas d'imbécile qui ne le dise. Ce fut le jour même où naquit le jeune Hamlet , celui qui est devenu fou, et qu'on a envoyé en Angleterre.

Oui-dà; et pourquoi l'a-t-on envoyé en Angleterre?

LE FOSSOYECH.

Parce qu'il était fou : il retrouvera là-bas son bon sens; ou s'il ne l'y retrouve pas, il n'y aura pas grand mal.

BAMLET.

Pourquoi 1

LE FOSSOYEUR

Sa folie ne sera pas remarquée ; tous les hommes de ce pays-là sont aussi fous que lui.

BAMLET.

Comment est-il devenu fou ?

LE FOSSOYEUR

D'une étrange manière, à ce qu'on assure.

HAULET.

De quelle manière?

LE FOSSOYEUR

Eh mais, en perdant la raison.

BAMLET.

Quel en a été le sujet?

LE FOSSOYEUR

Un sujet danois, un sujet de ce pays où je suis fossoyeur depuis mon enfance, depuis trente ans.

Combien de teniijs un homme resie-t-il enterre avant de pourrir?

LE FOSSOYEUR

Ma foi, s'il n'est pas déjà pour ant de mourir^— car uousavonspar le lem; i courtbeaucoup de corps gangrenésqui pei ■■.: à peine soutenir l'inhumation, — il pourra se conserver huit ou neuf an» ; un tanneur se conserve neuf ans.

HAMLET

Pourquoi plus long-temps qu'un autre?

LE FOSSOYEUR

L'exercice de sa profession lui a tellement tanné la peau , qu'elle reste très-long-temps imperméable; or, vous saurez que l'eau est le destructeur le plus actif des cadavres. Vous voyez bien celte tête de mort : elle est restée en terre vingltruis ans.

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BIMLET.

A qui appartenait-elle î

LE FOSSOÏSVK.

A un étrange original. Qui croyez-vous que c'était?

baulst.

Ma foi, je n'en sais rien.

lE FOSSOTÉDR.

Peste soit de l'extravagantl il m'a un jour versé sur la tête un flacon de vin du Rhin. Cette tête de mort, seigneur, était la tête d'Yorick, le fou du roi.

BA.HLET.

Cette tête quevoiciî

LE rOSSOYEOR.

Celle-là même.

BAHLET, prenant la tête de mort dans ses mains.

Donne, que je la voie. Hélas! pauvre Yorickl— Je l'ai connu, Horatio; c'était une mine inépuisable de bons mots, une imagination vive et féconde ; il m'a mille fois porté sur son dos ; et maintenant je ne puis y penser sans horreur, sans que mon cœur se soulève. Là étaient ces lèvres que j'ai baisées je ne sais combien de fois. Où sont maintenant tes sarcasmes, tes saillies, tes chansons, tes éclairs de gaieté qui faisaient rire aux éclats tous les convives? Quoi 1 pas un seul lazzi pour te moquer de la grimace que tu fais? Les joues toutes décharnées? Va en cet état dans la chambre de l'une de nos beautés du jour ; dis-lui qu'elle a beau faire, dût-elle mettre un pouce de fard, il faudra qu'elle en vienne à ce visage-U. Fais-la bien rire en lui disant cela.— Dis-moi une chose, Horatio.

HORATIO

Quoi, monseigneur?

HAULET.

Penses-tu qu'Alexandre en terre ait eu cette minel

aOKATIO.

Oui, certes.

BAHLET.

Et qu'il sentît aussi mauvais? pouah!

Il jette la tête de mort.

HORATIO

Oui, san» ioute, monseigneur.

BAULET.

A quelltt» destinations grossières il est possible que nous dsicendions , Horatio I Qui sait, si en suivant dans ses transformations successives la cendre glorieuse d'Alexandre, on n'arriverait pas à la trouver employée à boucher le trou d'une futaille?

BORATIO.

Ce serait entrer dans un examen trop minutieux.

BAULET.

Pas le moins du monde. Nous pouvons suivre cette enquête sans extravagance, et avec des probabilités de la mener à bonne fm. Par exemple : Alexandre est mort; Alexandre a été enterré;

Alexandre est redevenu poussière; la poussière es i de la terre ; de la terre on tire l'argile ; et qui empêche que cette argile, dernière métamorphuse d'Alexandre, soit employée à boucher un baril de bière? L'impérial César, mort et devenu poussière, sert à boucher un trou et à intercepter le passage de l'air; et cette argile qui tenait l'univers dans la crainte, va calfeutrer un mur pour nous défendre de la bise. Mais silence 1 silence I écartons-nous, le roi vient.

Arrivent processionnellement des PRÊTRES, portant la bière d'Ophilie que suivent LAERTE et le cortège funèbre ; puis viennent LE ROI, LA REINE et LEUR Soite.

BAULET, continuant.

La reine aussi 1 toute la cour! à qui rendent-ils les derniers devoirs? Pour qui ces funérailles incomplètes? Ceci annonce que la personne dont ils suivent le cercueil a d'une main violente mis ellemême fin à ses jours. Elle devait être d'un certain rang. Tenons-nous tapis un instant, et observons.

11 s'èloigae à quelque distance avec Horatio.

LAERTE

Quelles cérémonies restent encore à accomplir?

BAULET.

C'est Laërte, un noble jeune homme; regarde.

LAERTE

Que reste-t-il à faire?

PRBUIER PRÊTRE.

Nous avons fait pour ses funérailles tout ce qu'il nous était possible de faire : sa mort était suspecte, et si des ordres supérieurs n'avaient imposé silence aux canons de l'Église, elle aurait été déposée en terre profane, où elle serait restée jusqu'au jour où retentira la trompette du jugement dernier. Au lieu de prier pour elle, on eût jeté sur sa dépouille des tessons, des cailloux, des pierres. Et cependant on lui a accordé la couronne virginale; des fleurs ont jonché sa tombe, et le son des cloches l'a accompagnée à sa dernière demeure.

Ne fera-t-on plus rien pour elle ?

PREUIER PRÊTRE.

Plus rien! Nous profanerions le service des morts, si nous chantions un Requiem, si nous implorions pour elle ce repos réservé aux âmes parties en paix.

LAERTE

Déposez-la dans la terre, et puisse de son beau corps, de sa chair pure et sans tache, éclore des violettes 1 C'est moi qui te le dis, prêtre farouche, ma sœur prendra au ciel place parmi les anges, pendant que tu rugiras en enfer.

BAULET.

Quoi lia belle Ophéliel

LA REINE, jetant des fleurs sur te corps. Des fleurs i cotte jeune fleur I adieu 1 J'espérais

HAMLET

te voir la femme de mon Hamlet ; je complais être appelée, fille charmante, à parer ion lit nuptial, non à semer de fleurs ton cercueil.

IIERTB.

Oh I qu'une triple et dix fois triple malédiction descende sur la tète du scélérat dont le forfait a provoqué la perle de ta raison! — Attendez, pour fermer la tombe, que je l'aie une fois encore pressée entre mes bras. ( IL saule dans la fosse.) Maintenant enterrez à la fois les vivans et les morts ; élevez sur nous une montagne qui dépasse en hauteur l'antique Pélion ou le bleuâtre Olympe, dont le front se cache dans les nuages. HAMLET, s'avançant.

Quel est-il, celui dont la douleur s'exprime avec tant d'emphase, dont la voix éplorée arrête dans leur cours les astres étonnés de l'entendre? Je suis Hamlet le Danois.

11 s'êlaoce dans la fosse.

LiEKTE, se jetant sur lui.

Que l'enfer prenne ton âme !

BlULET.

C'est là une abominable prière. Ne me prends pas ainsi à la gorge; retire tes mains, je te le conseille; je ne suis ni méchant, ni colérique; mais il est dangereux de me pousser à bout, et tu feras sagement d'y songer. Ecarte tes mains.

LE KOI.

Séparez-les.

Li. KEIME.

Hamlet, Hamlet t

TOCS.

Messieurs 1

HORITIO.

Soyez calme, monseigneur.

On les se'pare, et ils sortent de la iosse, BlULET.

Oui, pour un sujet comme celui-Iâ, je suis homme à combattre avec lui tant que mes paupières n'auront pas cessé tout mouvement.

LA REIDE.

O mon filsl pour quel sujet T

HAMLET

J'aimais Ophélie; les affections de quarante mille frères n'auraient pu toutes ensemble égaler la mienne. — [A laene. ) Que te sens-tu en état de faire pour elle f

LE KOI.

Oh ! il est fou, Laêrte.

LA KEIKE.

Pour l'amour de Dieu, ne faites pas attention à ce qu'il dit.

HAMLET

Voyons, dis-moi ce que tu comptes faire. Pleurer? combattre? jeûner? te déchirer de tes propres mains? boire l'Isscl * î manger un crocodile? Je puis faire tout cela. — Es-tu venu ici pour te lamenter? pour me braver en te précipitant dans la fosse? Fais-toi enterrer vivant avec

•Flei ducuur.)

: Je l'Aile

eptenlriunale. {Note du ira-

elle, j'en ferai autant; et puisque tu parles de montagnes, qu'on entasse sur nous la terre par millions d'arpens, jusqu'à ce que le sommet de notre pyramide tumulaire s'élève jusqu'à la zone brûlante, et qu'à côté d'elle le mont Ossa ne paraisse pas plus gros qu'une verrue ! Tu auras beau jeter feu et Uammes, je te tiendrai tête.

LA REINE

C'est un accès de folie qui va lui durer pendant quelque temps ; puis, aussi patient que la colombe dont la jeune couvée vient d'éclore, il restera silencieux et immobile.

HAMLET, à Laene.

Dis-moi: pourquoi me traiter ainsi? Je t'ai

toujours aimé : mais n'importe ; Hercule lui-même

aurait beau faire, il faut que le chat miaule, et

que le chien ait son jour.

11 s'iloigne.

LE KOI.

Suivez-le, je vous prie, mon cher Horatio. HoBATio s'éloigne.

LE ROI, continuant, à Laene.

Prends patience, en te rappelant notre entretien d'hier soir. — ( A la Reine, ) Ma chère Gertrude, faites surveiller votre fils. — [A part.) Il faut à ce tombeau donner pour monument une victime vivante. Bientôt nous trouTerons le calme ; jusque là, patientons.

Ili s'e'loîgnent.

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