‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 610 sur 633 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Une bruyère.

.irrive EDGAR

EDGAR

J'ai entendu la proclamation promulguée contre moi ; heureusement que j'ai pu, dans le creux d'un arbre, me dérober aux poursuite». Toutes les issues sont gardées; partout une active vigilance est sur ma trace. Tant qu'il me sera possible d'échapper, je veux dérober ma tête au danger qui la menace ; dusse- je descendre, pour me déguiser, à la condition la plus abjecte, la plus rapprochée de la brute, que la misère ait imposée à l'homme. Je noircirai ma figure, je ceindrai mes reins d'une couverture; je ferai à ma chevelure une multitude de nœuds; et, le corps nu, je braverai l'injure des vents et l'inclémence des saisons. Je prendrai pour modèle ces inendiaos, ces échappés de Bedlam** qui, poussant d'horribles clameurs, enfon-

• Littéralement ; « lu justifies le proverbe; te voii'a pasSe ie U bénédiction du ciel à U chaleur du soleil. ., Tous les commentateurs so ^ont mépris sur la signification de ce passage ; nous croyons en avoir donné le sens véritable. {No!e du traducteur.')

'■ Brdiam ou Itttlilcem, nom de l'hipitai des fous à Londres. (Note du traducteur.)

cent dans leurs bras nus et leurs chairs meurtries des épingles, des brocbeiies de bois, des clous, des tiges de romarin ; et accompagnant ce spectacle hideux de malédictions insensées ou de prières, mettent à contribution la charité des habitans des villages, des moulins et des chaumières. Je suis le pauvre Turlupin 1 le pauvre Tom! C'est quelque chose encore; — en restant Edgar, je ne suis plus rien.

11 s'éloigne.

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