‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 617 sur 633 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Une chambre dans un bâtiment exte'rieur avoisinant le château.

Entrent GLOSTER el KENT.

GLOSTER.

On est mieux ici qu'en plein air; félicitez-vous d'avoir trouvé cet abri ; j'y ajouterai tous les secours qu'il me sera possible de vous procurer ; je sors et ne tarderai pas à revenir.

KENT

Toute la force de sa raison a succombé et a cédé à son irritation. — (A Glosier.) Que les dieux récompensent votre bonté!

Gloster lorf.

finirent LEAR, EDGAR et LE COl'FFON.

Fraîeretto m'appelle; il me dit que Néron pécha dans le lac des ténèbres. ( Au Bouffon. ) Prie, itinocent, et garde-toi du noir démon.

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

ibbouffou.

Dis-moi, mon oncle, je te prie, un fou est-il gentilhomme ou roturier T

LÉIR.

C'est un roi, c'est un roi I

LE BOOFFON.

Non ; celui quia un gentilhomme pour fils n'est lui-même qu'un roturier, et bien fouesi le roturier qui souffre que son fils soit gentilliojn.ue avant lui.

LEAR

Que n*ai-je des milliers de bourreaux qui, armés de fers rouges et brûlans, viendraient fondre sur elles.

EDGAR

Le noir démon me mord le dos.

LE BOCFPOH.

Insensé qui se fie à la douceur d'un loup apprivoisé, à la santé d'un cheval, à l'amitiéd'un jeune homme, ou auxsermens d'une courtisane.

C'est une chose décidée, je vais les mettre surle-champ en accusation.- — {A Edgar.) Viens, assieds-toi là, magistrat vénérable. — (4u Bouffon.) Et toi, prudent personnage, assieds-loi ici. — A vous maintenant, filles dénaturées I —

EDGAR

Voyez quelle impudence éclate dans les yeux èe celte femme ! — £h bien, madame, vous avez le regard bien insolent devant vos juges.

Traverse la

Dans ton joli bateau.

IB BOUFFOM.

Hélas I berger, je n'ose ; Pour dire an vrai la chose.

Ma nacelle fait eau.

EDGAR

Le démon obsède le pauvre Tom en empruntant la voix du rossignol. Hopdance crie dans mon estomac et me demande deux harengs blancs. Cesse de croasser, noir génie; je n'ai rien à te donner à manger.

KSRT, à Lear.

Comment TOUS trouvez-vous, seigneur T sortez de cet étrange ébabissement ; voulez-vous vous coucher et reposer sur ces coussins?

LEAR

□ faut d'abo«l) que leur jugement s'achève; faite» venir les témoins. — ( A Edgar. ) Magistrat en robe, prends ton siège. — (Au bouffon. }Zt toi, magistrat ion confrère, assieds-toi à cété de lui I — {A JE^enr. )Tous aussi, vous faites partie du tribunal; ass«ja»-voiis également.

BDCAB.

ProcAdoDS avec justice .

Beau berger, tu tommeillet, £t tea moutons sont dans le hlé.

Prends ta ilùle ; au doux son de tes livret merveilles Leur appétit ne sera pas trouble.

Bon t Le chat est gris.

LEAR

Faites comparaître celle-ci la première ; c'est Gotieril. Je jure ici, devant cette honorable assemblée, qu'elle a mis à la porte le pauvre roi son père.

LI BOOFFOH.

Approchez, madame; votre nom est-il Goneril?

LEAR

Elle ne saurait le nier.

LE BOUFFON

Je vous demande pardon, madame, je vous prenais pour un escabeau.

LEAR

En voici une autre, son regard farouche annonce suffisamment de quelle trempe est son cœur. — Arrétez-la 1 des armes! des armes! un glaive! du feu! — La corruption sur le siège de la justice 1 juge inique^ pourquoi l'as-tu laissée échapper?

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