‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 74 sur 633 · VERROU · texte numérisé non relu

VERROU

J'ai appris, en outre, que le roi en personne s'est mis en campagne, et se dispose à marcher contre nous i la tête de forces imposantes.

BOTSPDR.

11 sera le bien venu aussi. Où est son fils, ce prince de Galles, aux pieds légers, à la tête folle? Où est- il avec ses camarades, qui laissent le

inde tourner, sans se mêler de ses affaires ?

TERNON.

Tous sont équipés, tous en armes, tous la tête ombragée de plumes d'autruche " balancées au souffle du vent, battant des ailes comme des aigles fraîchement baignés, éclatans comme des images sous l'or de leurs armures, pleins d'espoir comme le mois de mai, resplendissans comme un soleil d'été , folâtres comme de jeunes faons , fougueux comme de jeunes taureaux. J'ai vu le prince Henri, couvert de son casque, revêtu de ses missarls, armé de pied en cap, s'enlever de ter:e avec la légèreté d'un Mercure ailé, et s'asseoir en selle avec aisance et grâce; on eût cru

ir un ange descendu des nuées pour monter un P'gase indompté, et charmer les spectateurs par la noblesse de son équitation. '

BOTSPDR.

En voilà assez. Pires pour moi que le soleil de mars, ces éloges me donnent la fièvre. Qu'ils

On distinguait le prince de Galles et ses hommes , rmes aux plumes d'aulruclie qui surmontaient leur casque. {Hôte du Iradiicleur.)

viennent. Ce sont des victimes pompeusement parées que toutes fumantes, toutes saignantes encore, nous offrirons en holocauste à la farouche déesse de la guerre. Mars, bardé de fer, assis sur son autel, sera plongé dans le sang jusqu'aux oreilles. Je m'indigne à la pensée que cette riche conquête est si près de nous et n'est pas encore à nous. Allons, qu'on me laisse mouler mon coursier qui doit me lancer comme la foudre contre la poitrine du prince de Galles. Les deux Henri vont se trouver face à face, et ils ne se sépareront que lorsque de l'uu d'eux il ne restera qu'un cadavre. Ohl que Glendower n'est-il arrivé I

VEKNON.

J'ai encore d'autres nouvelles. J'ai appris, en traversant Worcester, que Glendower ne pourra réunir ses troupes que dans quinze jours.

DOUGLAS

De toutes les nouvelles que j'ai entendues, voilà la plus fâcheuse.

WORCESTER

Oui, sur ma foi; elle a un son glacial.

BOTSPDR.

A combien peut s'élever la totalité des forces du roi ?

VERNON

A trente mille hommes.

HOTSPDIt.

Va pour quarante mille. En l'absence de mon père et de Glendower, nos forces sont suffisantes pour soutenir cette grande lutte. Allons, hàionsnous de passer nos troupes en revue. Le moment décisif approche; s'il nous faut mourir, mourons tous avec joie.

DOCGLAS.

Ne parlez pas de mourir ; je n'ai rien à craindre de la mort, ni de son bras, d'ici à six mois.

Ils s'éloignent.

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