‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 87 sur 633 · TRAVERS · texte numérisé non relu

TRAVERS

Mylord, sir John Umfreville m'a fait rebrousser chemin avec de joyeuses nouvelles ; et comme il était mieux monté que moi, il m'a devancé. Après lui est arrive, au grand galop, un cavalier exténue de fatigue, qui s'est arrête auprès de moi pour laisser respirer son cheval tout en sang ; il m'a demandé le chemin de Chester ; et moi, je lui ai demandé des nouvelles de Shrewsbury. Il in'a dit que les choses allaient mal pour la rébellion, et que l'éperon du jeune Henri Hotspur était refroidi. Ce disant, il a lâché la bride i son cheval; se penchant sur ses arçons, il a enfoncé ses éperons jusqu'à la molette dans les Dancs haletans de la pauvre béte; sans attendre d'autres questions, il est parti comme l'cclair, et il semblait, dans sa course, dévorer le chemin.

NORTHUHBERLAÏID.

Ah I... répète. A-t-il dit que l'éperon d'Hotspur était refroidi '; que les choses allaient mal pour la rébellion ?

LORD BARDOLPBE.

Hylurd, écoutez-moi. Si mon jeune lord, votre fils, n'est pas victorieux, sur mon honneur, je con-

Od se r.ippcUe t\a Uotsfnir sigaiûe \Nvtc du traducteur.)

sens à échanger ma baronie contre une garniture de dentelles; qu'il n'eu soit plus question.

KORTUCMBERLA^D.

Comment se fait-il que le cavalier qui a rencontré Travers lui ait si positivement annoncé une défaite?

LORD BABDOLPHE.

Qui ? lui ? Croyez-moi, c'est quelque manant qui aura volé le cheval sur lequel il était monte, et qui aura parlé à l'aventure. Mais voici encore des nouvelles qui arrivent.

Arrive MORTON.

.NORTOUMBERLAND

Oui, le front de cet homme, comme la page de titre d'un livre, annonce la nature tragique de l'ouvrage. Telle est la rive où les flots irrités ont laissé les traces de leur passage. — Morton, vienstu de Shrewsbuiy?

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