‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 88 sur 633 · HORTON · texte numérisé non relu

HORTON

Oui, mon noble lord , je me suis enfui de Shrewsbury, où l'exécrable mort a mis son masque le plus hideux pour effrayer notre armée.

ISORTHUMBERLAND.

Comment se portent mon fils et mon frère? Tu trembles; et, à défaut de ta bouche, la pâleur de les joues m'annonce la nature de ton message. Tel était le Troyen qui, défaillant, consterné, sombre, la mort dans les yeux, le désespoir dans l'ame, vint, au milieu de la nuit, entr'ouvrir les rideaux de Priam pour lui annoncer que Troie était à moitié consumée; mais Priam aperçut les flammes avant que le messager eut trouvé l'usage de la voix; et moi aussi, j'ai deviné la mort de mon Percy avant que tu me l'aies annoncée. Tu voudrais me dire: — «Voici ce qu'a fait votre fils; voilà ce qu'a fait votre frère; ainsi a combattu le noble Douglas, » tenant mon oreille encliainée au récit de leurs hauts faits; puis d'un seul coup renversant tout cet édifice de gloire, tu terminerais en m'annonçant que... frère, fils, et tous sont morts

MORTOS.

Douglas et votre frère vivent encore; mais pour mylord votre fils, —

nORTHCMBEBLAND.

.\h '. il est mort. Vois comme le soupçon est prompt a parler. L'homme qui redoute un malheur et tremble de l'apprendre, lit instinctivement dans les yeux d'autrui la certitude qu'il redoutait. Néanmoins, Morton, parle; donne un démenti à mes pressentimens, et cette insulte me sera chère, et je l'enrichirai pour m'avoir ainsi outragé.

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