L'AMOUR ET LES NYMPHES
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Auprès d'une fëconde source D'où coulent cent petits ruisseaux , L'amour y (àtigué de sa course , Dormoit sur un lit de roseaux.
Les naïades sans défiance S'avancent d'un pas concerté ; Et toutes , en un grand silence , Admirent sa jeune beauté.
Ma soeur , que sa bouche est vermeille ! Dit l'une d'un ton indiscret.
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L'Amour , qui Tentend , se réveille , Et se felîcite en secret.
II cache ses desseins perfides Sous un air engageant et doux :
Les nymphes , bientôt moins timides , Le font asseoir sur leurs genoux.
Eucharis, Naïs, etThémire, Couronnent sa tète de fleurs.
L'Amour d'un gracieux sourire Répond a toutes leurs faveurs.
Mais bientôt aux flammes cruelles Qui brûlentla nuit et le jour Ces indiscrètes immortelles ^Connurent le perfide Amour.
Ah ! rendez-nous, dieu de Cythèrc, Disent-elles , notre repos :
Pourquoi le troubler, téméraire ?
Nous brûlons au milieu des eaux.
Nourrissez plutôt sans vous plaindre , Répond l'Amour, nies tendre feux :
Je les allume quand je veux; Mais je ne saurois les éteindre.