‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 22 sur 96 · LES POÈTES LYRIQUES · texte numérisé non relu

LES POÈTES LYRIQUES

A-t-on vu l'aigle au vol rapide Quitter le vaste champ de l'air Pour raser d'une aile timide Les bords arides de la mer?

Non : plus hardi dans sa carrière , Jusqu'au séjour de la lumière Il perce d'uft vol assuré ; Et la y devenu plus tranquille , Il soutient d'un œil immobile Les feux dont il est entouré.

Ainsi les poètes célèbres ^ Ainsi les esprits créateurs

LES POÈTES LYRIQUES. a45

Laissent ramper dans les ténèbres Le peuple orgueilleux des auteurs.

Ennemis des routes connues , Ils volent au-dessus des nues ; Ils s'ouvrent le palais des dieux :

Aussi promptes que la pensée , Leurs muses , rivales d* Alcée , Vont se reposer dans les cieux.

Pindare, ce peintre sublime , Marche sans ordre et sans dessein ; Ce n'est pas l'esprit qui l'anime , C'est un dieu caché dans son sein :

Aux champs de Mars ce fier Tyrtée Souffle le feu que Prométhée Ravit au céleste séjour.

Plus grand encor , le seul Horace Réunit la force , la grâce , Et chante Bellone et l'Amour.

Qu'entends-je? les sons de la lyre Font taire les sistres gaulois ; La raison règle le délire , Et l'enthousiasme a des lois.

J'aperçois le sage Malherbe Assis sur le trône superbe De Stésichore et de Linus :

Quinault y rempli de leur génie , Accorde aux chants de Polymnie Le luth de la tendre Vénus.

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