ODE IV
Rousseau parolt : Thèbes respire Aux nouveaux accents d'Amphion :
Neptune, au fond de son empire, S'émeut à la voix d'Arion.
David renatt ; l'olympe s'ouvre ; Dieu sur un trône se découvre Au peuple dont il est l'appui.
Que tout s'abaisse et se confonde :
Les cieux , les âges , et le monde , S'évanouissent devant lui.
Du maître immortel de la lyre Tels sont les sublimes portraits :
Qu'il seroit grand si la satire Avoit moins aiguisé ses traiu , Si plus souvent la douce ivresse Du fameux vieillard de la Grèce Déridoit son front sérieux , Et si la main de la nature Efiaçoit l'empreinte trop dure De ses efibrts laborieux !
La Motte a peu senti la flamme Dont bruloient ces chantres divers ; Les vains éclairs de l'épigramme Brillent trop souvent dans ses vers.
Plus philosophe que poète , 11 touche une lyre muette ; La raison lui parle , il écrit :
On trouve en ses strophes sensées
LES POETES LYRIQUES. xi7
Moins d'images que de pensées Et moins de talent que d'esprit.
Foible disciple de Pindare , Rival heureux d' Anacréon , Le François chérit la guitare Que Sapho mon toit pour Phaon.
Souvent la charmante Dione Répète Thétis, Hésione , Tancrède , Issé , les Éléments ; Et le dieu de la poésie Chante l'hymne de Marthésie Et les amours des Ottomans.
Fille aimable de la folie , La chanson naquit parmi nous ; Souple et légère , elle se plie Au ton des sages et des fous.
Amoureux de la bagatelle , Nous quittons la lyre immortelle Pour le tambourin d'Ërato.
Homère est moins lu que Chapelle ; Et, si nous admirons Apelle, Nous aimons Téniers et Yateau.
Heureux qui peut, comme Voltaire , Chanter les belles et les dieux , Voler de l'Olympe k Cy thère , De Paphos remonter aux cieux !
Né pour les arU, il les éclaire ;