‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 43 sur 96 · A M. LE C. DE FORCALQUIER · texte numérisé non relu

A M. LE C. DE FORCALQUIER

De peindre tout avec décence :

Ovide et le gentil Bernard Alarment un peu F innocence.

Soyez moins libre qu'ingénu :

On peut avec un art extrême OHrir k la sagesse même L'amour qui rougit d'être nu.

Si vous avez la voix légère De la maltresse de Phaon , Ne quittez point Anacréon Pour imiter le grand Homère :

En voulant copier Milton , J'avois déjà perdu le ton De l'heureux amant de Glycère.

Les vers dans ma jeune saison N'étoîent pour moi qu'un badinage :

Ils me coûtèrent davantage Quand j'écrivis pour la raison.

Qu'il est dangereux d'être sage 1 Moins prodigue de ses trésors, Je sens enfin que la nature Les verse avec plus de mesure , Et répond mal k mes transports.

Quelquefois la philosophie Vient s'armer contre l'art des vers.

Pour plaire k ce triste univers Il faut qu'un auteur sacrifie Les jours du printemps de la vie , Qui sont et si courts et si chers.

Le plaisir, d'une aile légère ,

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