‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 45 sur 96 · A M. LE C. DE FOR€ALQUIER · texte numérisé non relu

A M. LE C. DE FOR€ALQUIER

Le spectacle de la nature ,

Qui renaît toujours h nos yeux ,

N'offre qu'une foible peinture

Aux regards des ambitieux :

Plus sa beauté se renouvelle ,

Plus nos yeux deviennent perçants ;

Les plaisirs nous donnent des sens

Qui rendent la terre plus belle.

Que les ambitieux mortels

Etendent leur gloire fëconde ;

Qu'à des hommages éternels

Ils condamnent la terre et l'onde :

L*amitié pour nous est le monde ,

Dans son temple sont nos autels.

Tout ici n'est que rêverie ; Je le sais : mais des vains honneurs Mon ame dès long-temps guérie Choisit de plus douces erreurs ; Mes biens , mes trésors , sont les fleurs , £t mes jardins une prairie.

J'aime mieux penser avec vous , Dont l'esprit facile et si doux S'étend , s'élève , et se marie A tous les temps , à tous les goûts.

Rempli du plus charmant délire , J'aime mieux jouir des appas De votre amitié qui m'inspire , Que de cadencer sur ma lyre Ces vers coulants et délicats Qu'il est si malaisé d'écrire ,

3oo ÉPITRE IX.

Et dont on fait si peu de cas.

Cependant ma mase s'engage A remplir vos heureux loisirs.

Qui sait au printemps de son âge Soufïrir les maux avec courage A bien des droits sur les plaisirs.

J'ai peine a retrouver les traces Des muses dont j'ai fui la cour; Loin de moi s'envole l'Amour :

Mais je vois près de vous les Grâces ; Elles m'instruiront a leur tour.

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