SUR LE MARIAGE DE LOUIS
PAUPHIR DB FRANCE, FILS DB LOUIS XY, AVEC MAEIB-TH^ftÈSE,
INFANTB d'eSPAGNE.
Descends , Hymen , descends des cieux ; Viens remplir les vœux des deux mondes. Les Bourbons , ces enfants des dieux , Unissent leurs tiges fécondes.
Descends , Hymen , descends des cieux ; Viens remplir les vœux des deux mondes.
Tandis qu'au sein de ses roseaux La nymphe du Tage éplorée Répand sur son urne azurée Des pleurs qui grossissent ses eaux , Les dieux enfants de Cy thérée , A la lueur de leurs flambeaux , Conduisent Tiniànte adorée.
POÉSIES. 3ai
Descends , Hymen , descends des cieux ; Viens remplir les vœux des deux mondes. Les Bourbons , ces enfents des dieux , Unissent leurs tiges fécondes.
Descends , Hymen , descends des cieux; Viens remplir les vqeux des deux mondes.
Pour célébrer un si beau jour, Dioné dans les airs portée Répand , par les mains de TÂmour^ Les riches trésors d'Amaltbée.
Ses cygnes volent alentour, Et couvrent d'une ailé argentée Les plaisirs qui forment sa cour.
Cypris du ciel est descendue :
La terre est son heureux séjour; Les oiseaux chantent son retour ; Toute la nature est émue.
Il semble qu au gré de nos vœux Le feu des plaisirs se rallume :
A l'ombre d'un myrte amoureux , Hébé couronne ses cheveux , La jeune Flore les parfume.
Il semble enfin que l'univers Sorte du chaos et renaisse :
Vertumne étend ses tapis verts ; Et les couleurs de la jeunesse Brillent sur le front des hivers.
O toi qui choisis la décence
Bciiris. 21
3aa POÉSIES
Pour servir de guide aux plaisirs , Toi qui couronnes les désirs Sans faire rougir Tinnoeence , Descends , Hymen , descends des cieux ; Viens remplir les vœux des deux mondes. Les Bourbons , ces en(ànts des dieux , Unissent leurs tiges fécondes.
Descends , Hymen , descends des cieux ; Viens remplir les vœux des deux mondes.
Junon dans les airs embellis De Borée encfaaine la rage :
UHymen porté sur un nuage Descend dans T empire des lis.
Bientôt nos vœux seront remplis :
L'Hymen approche de son temple ; L'Hymen , au bruit de mille voix , Perce la foule qui contemple Le fils du meilleur de nos rois.
Conduite par la main des Grâces, L'infante est au pied des autels :
L'époux, semblable aux immortels, S'empresse et vole sur ses traces.
Des dieux par l'Hymen avertis La troupe auguste est assemblée ; Ce sont les noces de Thétis; Tous les yeux y chercbent Pelée ; Tous les yeux y trouvent son fils.
Les plaisirs en foule descendent. . . .
Que tous les François vous entendent,
DIVERSES. 3a3
Jeunes époux , tendres amants !
Prononcez vos derniers serments ; L'Hymen et l'Amour les attendent.
Le nœud que vous allez former Ne sauroit être trop durable :
L'Hymen fiiît un devoir d'aimer; L'Amour rend ce devoir aimable.
Tous deux épuisent leurs bieniàits , Tendres amants , ils vous unissent; Ils vous enivrent à longs traits Du plaisir pur dont ils jouissent ; Que tous les peuples applaudissent Au présage heureux de la paix.
Que la discorde désarmée Se taise au bruit de nos concerts.
Que l'Europe moins alarmée Répète nos chants et nos vers, es cent voix de la Renommée Les apprendront à Funivers.
Bénissons le siècle où nous sonunes :
L'Hymen , en comblant tous nos vœux , Promet au monde de grands hommes , Et de grands rois à nos neveux.
C'en est (ait, l'Amour et la Gloire Couronnent nos tendres amants :
Les dieux ont gravé leurs serments Au temple immortel de Mémoire.
Remonte , Hymen , remonte aux cieux ; Tu remplis les vœux des deux mondes.
3a4 POÉSIES
Les Bourbons , ces enfants des dieux , Ont uni leurs tiges fècondes.
Remonte , Hymen , remonte aux cieux ; Tu remplis les vœux des deux mondes.
Heureux qui n'a point vu le dangereux séjour
Où la fortune éveille et la haine et Tamour ;
Où la vertu modeste , et toujours poursuivie ,
Marche au milieu des cris qu'elle arrache a l'envie !
Tout présente en ce lieu l'étendard de la paix :
Où se forge la foudre , il ne tonne jamais ,
Les cœurs y sont émus , mais les fronts y sont dPmes,
Et toujours les cyprès s'y cachent sous les palmes.
Théâtre de la ruse et du déguisement ,
Le poison de la haine y coule sourdement.
Il n'est point à la cour de pardon pour TofFense.
Hommesdans leurs arrêts, etdieuxdansleurvengeance,
Les courtisans cruels restent toujours armés
Contre des ennemis que la haine a nommés.
Partout j'y vois errer la sombre jalousie,
Qui , cachant le poignard dont elle s'est saisie ,
Imprime sur son front les traits de l'amitié ,
Appelle sur ses pas l'amour et la pitié ,
Redouble les serments, s'abandonne aux alarmes,
Et prépare son fiel, en répandant des larmes. La fureur dans le cœur, et la paix dans les yeux , Même en les invoquant, elle trahit les dieux : Elle attaque a la fois le nom et la fortune ; La gloire Féblouit, la grandeur Timportune. Fuyez de cet aspic les yeux étincelants , Il vous perdra, mortels, sHl connolt vos talents.