‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 53 sur 96 · SUR LA SUPERSTITION · texte numérisé non relu

SUR LA SUPERSTITION

De la crédule erreur, ce tyran du vulgaire. Naquit un monstre affreux , que le feux zèle éclaire , Qui , respecté du peuple , et redouté des grands , Sur ce vaste univers traine ses pas errants. L'Egypte lui fournit une retraite impure , D'où le monstre vola sur toute la nature. Les Mèdes , les Persans , les Grecs et les Romains , Sucèrent le poison préparé par ses mains. Erreurs du Plébéien , politique des sages , Vous triomphiez alors , augures et présages : Inventions du prêtre et maximes des rois , Sur le trône et Tautel vous étendiez vos droits. Ce temps affreux n'est plus ; mais votre souveraine Des aveugles mortels sera toujours la reine. Les états ont changé , la superstition , Toujours ferme, a suivi la révolution.

Par elle la vengeance inventa la magie ; L'ignorance entraîna la fausse astrologie ; La laideur découvrit les foibles talismans , Piège que rompt toujours l'adresse des amants. Par elle la terreur dans les retraites somhres , Vit en tremblant des corps qu'elle prit pour des ombres ; Et, de fantômes vains peuplant l'air et les cieux , Fit une vérité de l'erreur de nos yeux.

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