‹ Œuvres du chevalier de Boufflers --Chapitre 3 sur 26 · LA FILLE ET LE CHEVAL · texte numérisé non relu

LA FILLE ET LE CHEVAL

CONTE

Dans un sentier passe un cheval

Chargé d'un sac et d'une fille;

J'observe, en passant, le cheval,

Je jette un coup-d'œil sur la fille;

Voilà, dis-je, un fort beau cheval;

Qu'elle est bien faite cette fille !

Mon geste fait peur au cheval,

L'équilibre manque à la fille;

Le sac glisse en bas du cheval.

Et sa chute entraîne la fille.

J'étais alors près du cheval;

Le sac tombant avec la fille.

Me reuTerse auprès du cheval,

Et sur moi se trouve la fille.

Non assise comme à cheval

Se tient d'ordinaire une fille.

Mais comme un garçon à cheval.

En me trémoussant sous la fille.

Je la jette sous le cheval,

La tête en bas. La pauvre fille!

Craignant coup de pied de cheval

Bien moins pour moi que pour la fille,

Je saisis le mors du cheval,

Et soudain je tire la fille

D'entre les jambes du cheval,

Ce qui fit plaisir à la fille.

LA FILLE ET LE CHEVAL. f)

Il faudrait être un grand cheval ,

Un ours, pour laisser une fille

A la merci de son cheval.

Je voulais remonter la fille;

Preste, voilà que le cheval

S'enfuit et laisse la la fille.

Elle court après le cheval.

Et moi je cours après la fille.

Il paraît que votre cheval

Est bien fringant pour une fille.

Mais, lui dis-je, au lieu d'un cheval,

Ayez un âne, belle fille j

Il vous convient mieux qu'un cheval,

C'est la monture d'une fille.

Outre les dangers qu'à cheval

On court en qualité de fille,

On risque, en tombant de cheval,

De montrer par où l'on est fille.

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