CHAPITRE X. ài
Encore uti cotlp de bêche... encore... Qui sait ? dans une minute, peut-être, tu vas trouver Panneau et le bonhenr.» Bardouc donnait autant de coups de bêche que la gazelle disait de paroles ; mais , hélas ! il ne retrouvait point le^ merveilleux anneau.
. Enfin le champ est retourné plus de vingt fbis tfew tous les sens. Bardouc commençait à perdre paiieiwe, et prêtait utie oreille un peu plus atteniive aux conseils d^ son vieux compagnon, lorsque Zélida vient à luï avec une physionomie toute rayonnante d'espérance ef de Joie, «Cesseton travail, lui dit-elle, il devient inutile; la> bonne' fée est complètement satisfaite : En vain , m'a-t-elledit,en vain tu chercherais le talisman que je t'avais donné .* je* i'ai enlevé moi-même; mais je veux te faire présent de cent mesures de maï». Dans \e^ cent mesures, il se trouve douze' grains qu'il faut semer; ils produiront des épis de perles^ magnifiques. Tu cueilleras ces belles perles, ton amant le^* disposera pour t'en faire nn collier auquel je donnerai' toutes h'S propriétés de Tanneau. Tant que tu porteras cfe* riche collier, tu seras la plus heureuse des femmes, et toti' jeune époux le pins heureux des maris. La seule diffi*cullê, contihue Zélida, c'est de pouvoir choisir ces douz^ grains merveilleux sur les cent mesures de maïs ; tous len grains se ressemblent, et douze seulement doivent pr<r* duire des perles. -»- Belle difficulté ! s'écrie la petite gabelle; nous n'avons qu'à semer les cent mesure» de niai^ â la fois, et nous serons bien sûrs de ne pus nous tromper) *^ Par Mahomet ! dit Bardouc^ dans un transport de joi^ inexprimable ; tu as bien raison. Que tu as d'esprit ! h^ mais mon vieux docteur n'eût trouvé dans sa tête treusi^ tin moyen aussi simple et aussi expéditif. »
Voilà donc le berger qui travaille sur de nouveaux frais,' et qui se met à ensemencer les champs qu'il avait si bien' défrichés. Ce genre de travail n'était pas bien difficile ; eti' peu de jours Bardouc arrive au moment fortuné où tant de peines et de fatigues vont enfin recevoir leur récom*»
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pense. Zélida ne demande plus qu'une seule chose. Un saint fakir , révéré dans toute la Perse pour sa piété profonde, habite un ermitage éloigné de huit journées de chemin ; la jeune fille désire ardemment que le saint homme, dont elle est d'ailleurs un peu parente , soit présent à son mariage, et le bénisse ; mais pour que le saint paraisse, il faut aller le chercher. Bardouc peut- il se refuser à ce désir pieux de son amante ? La petite gazelle dit non en soupirant, et le vieux bouc n'est pas consulté.