‹ Œuvres du Comte de Adrien de SarrazinChapitre 43 sur 91 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

et la surprendre; nous verrons comment elle supporte votre absence. » Bardouc consulte la petite gazelle, et, «hose merveilleuse, elle se trouve de Pavis du vieux bouc. «Il a raison, dit-elle, avec une extrême vivacité, il serait possible que, pendant ton absence, un autre amant... — Parlons, partons, » s^écrie Bardouc.

Il se remet en chemin , et, après une absence de huit jours , il touche pres(iu'à la demeure de Zélida. Comme .son cœur palpite d'espérance et d'amour lorsqu'il aper- «çoit ce vieil oranger dont le feuillage protégea long- temps :son sommeil ! Plus il avance, plus il se reproche Tinjusttice de ses soupçons, et gronde son vieux bouc d'avoir fait maître dans son cœur une défiance qu'il regarde comme «n crime. Il entre déjà dans le joli jardin qui lui doit sa fertilité. Ses inquiétudes sont dissipées , la nuit est calme cft ipure ; l'air est frais et parfumé *, les étoiles brillent à la voâle duciel, et répandent une douce clarté sur le monde. Toul)e .la nature semble sourire à l'amoureux Bardouc , lui présager son bonheur et s'embellir de ses illusions.

Il arràve devant la chaumière, qu'un groupe d'arbres fruitiers dérobe encore à sa vue. Quel estsonétonnement! il aperçoit une brillante illimiination, il entend des cris de joie qui se mêlent au son champêtre de plusieurs instruments. Tout lui annonce que Zélida donne ce soir une fête. Il voit une table chargée de mets et couronnée de fleurs , sous un berceau de myrtes qull avait tressé luimême; il n'ose en croire ses yeux. Zélida aurait-elle prévu son retour? Voudrait- elle lui causer une agréable surprise? Le vieux bouc assure bien po«'itivement que cela n'est pas possible; la petite gazelle affirme, au contraire, que rien n'est plus vraisemblable; la fée , protectrice de Zélida , l'aura sans doute avertie du retour de Bardouc : une fée sait prédire des événements plus extraordinaires. Le pâtre est pleinement de Tavis de sa petite gazelle. Le cœur rempli d'une émotion très-vive, il s'avance vers la chaumière, et voit an jeune homme dont-

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les traîts loi sont inconnus , et qni s>àt nn peu retiré à Técaft ponr veiller au festin préparé sous le herceau. Bardouc le salue, et lui demande en souriant pourquoi tous ces préparatifs, et dans quelle intention celle fête est

<lonnée.

« Quoi ! répond le jeune homme ; vous ne savez pas que 1a belle Zclida va se marier? Vous Vf nez donc de l'autre monde! Kiitrez sous ce lerceau , je vais vous apprendre toutes les parricolarilés de ce mariage; elles vous surprendront, j'en sais sûr. » Bardouc suit le jeune homme et jouit d'avance du plaisir 'd'entendre raconter sa propre histoire.

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