‹ Œuvres du Comte de Adrien de SarrazinChapitre 72 sur 91 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

avoir disgracié Giafar ; aujourd'hui , il me platt de rappeler Giafar, et de disgracier Àdib avec toute sa famille. Qu'il abandonne donc un poste pour lequel il n*est point fait y et quMl rentre dans la poussière d'où je Tai tiré. »

» Âpres la lecture de cet arrêt foudroyant , les convives se relèvent , se regardent avec étonnement et stupeur. Toutes leurs espérances sont détruites ; ils n'auront point ces belles places sur lesquelles ils avaient si bien compté. La disgrâce d'Adib entraine celle de toute sa famille. Il n'a plus de parents ; c'est à qui ne le sera pas ; et dans un clin d'œil la salle du festin est déserte : il n'y reste plus que le bon Adib qui rit , le vieux Rustaf qui tremble , et la belle Agéli qui pleure. Adib prend la parole en riant, et dk : «Vous voilà bien étonnés , mes chers amis! Tout à rheure , mon palais était rempli de parents qui célébraient mes louanges et qui m'aimaient à la folie , et maintenant il ne m'en reste pas un seul : la fortune me les avait prêtés , la fortune me les reprend. J'étais un tisir de circonstance , et j'avais des parents de circonstance; mais , 'grâce à Mahomet et à mon adresse , ces parents-là m'en ont valu bien d'autres qui me consoleront de leur perte , qui sont en grand nombre , et qui ne m'abandonneront pas au besoin. Vous vous demandez où sont ces bons parents dont je vous parle? Dans mes coffres , mes cbers amis , dans mes coffres. J'ai pour le moins deux cent mille tomans, et ces cousins-là sont plus solides que les autres. »

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