I. U CAl.UOJf ÏME LYftC
t. Ll CALLIOWTMI
CARACTÈRES
("Le premier rayon de la première nageoire dorsale , de la longueur du corps e4 de la queue; l'ouverture de la bouche très-grande ; la nageoire de k queue arrondie.
/ Les rayons de la première 4 nageoire du dos beau- 1 coup plus courts que le ' corps et la queue , l'ouverlure de la bouche très-grande ; la nageoire de ta queue arrondie.
ESPÈCES
CABlACTÈKES.
, Trois rayons à 4a meu-
^ , I Jbrane des branchies ;
S. Le calmonyme) 1W;rtUre de )a bouche
FLÈCHE. 1 Ue . ja uageoire Je
\ la queue arrondie.
Le premier rayon de la , , ( première nageoire dor-
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japonais. I fiUunens; la nageoire de
la queue fourchue.
SECOND SOUS-GENRE
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S. La CAlUOTTYMl
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Les yeux très-peu rapproches Vun de Vautra*
CAaACTftASS.
! L'ouverture de la bouehe très-petite ; la nageoire de la queue arrondie.
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LE CALLIONYME LYRE.
LE CALLIONYME LYRE '.
Callionyme2 lyre; quelles imagesagréables, quels souvenirs touchans rappellent ces deux noms ! Beauté céleste , art enchanteur de la musique , toi qui charmes les yeux, et toi qui émeus si profondément les. cœurs sensibles! ces deux noms, ingénieusement assortis, renouvellent, pour ainsi dire, en la retraçant à la mémoire, votre douce , mais irrésistible puissance. Vous que la plus aimable des mythologies fit naître du sein des flots azurés ou sur des rives fortunées, qui, prés des poétiques rivages de la Grèce héroïque , formâtes une alliance si heureuse, confondîtes vos myrtes avec vos lauriers, et échangeâtes vos couronnes, que vos images riantes cmbellissent à jamais les tableaux des peintres de la Nature ! Béni soit celui qui, par deux noms adroitement rapprochés, associa vos emblèmes comme vos deux pouvoirs magiques avoienl été réunis, et qui ne voulut pas qu'un des plus beaux habitans d'une mer témoin de votre double origine pût exposer aux regards du naturaliste attentif ses couleurs brillantes, ni l'espèce de lyre qui paroît s'élever sur son dos, sans ramener l'imagination séduite et vers le dieu des arts, et \ers la divinité qui les anime, et dont le berceau fut placé sur les ondes! Non, nous ne voudrons pas séparer deux noms dont l'union est d'ailleurs consacrée par le génie ; nous ne ferons pas de vains efforts pour empêcher les amis de la science de l'être aussi des grâces; nous ne croirons pas qu'une sévérité inutile doive repousser avec au-térité des sentimens consolateurs; et si nous devons chercher à dissiper les nuages que l'ignorance et l'erreur ont rassemblés devant la Nalurc, à déchirer ces voiles ridicules et surchargés d'ornemens étrangers dont la main maladroite d'un mauvais goût froidement imitateur a entouré le sanctuaire de cette Nature si admirable et si féconde , nous n'oublierons pas que nous ne pouvons la connoître telle qu'elle est, qu'en ne blessant aucun de ses attraits.
Nous dirons donc toujours callionyme lyre. Mais voyons ce qui a mérité au poisson que nous allons examiner l'espèce de
i. Lavandière , sur quelques côtes françaises de l'Océan.
». Catlionyme vient du grec, et signifie beau nom.
consécration qu'on en a faite, lorsqu'on hd a donné la dénomination remarquable que nous lui conservons.
• Nous avons sous les yeux l'un des premiers poissons jugulaires que nous avons cru devoir placer sur notre tableau ; et déjà nous pouvons voir des traits trés-prononces de ces formes qui attireront souvent notre attention , lorsque nous décrirons les osseux thoracins et les osseux abdominaux. Mais à des proportions particulières dans la tète, à des nageoites élevées ou prolongées, à des piquans plus ou moins nombreux, lescallionymes, et surtout la lyre, réunissent un coips et une queue encore un peu serpentiformes , et une peau dénuée d'écaillés facilement visibles. Ils mon- ' trent un grand nombre de titres de parenté avec les apodes que nous venons d'étudier.
Et si de ce coup d'oeil général nous passons à des considérations plus précises, nous trouverons que la tête est plus large que le corps, très-peu convexe par-dessus, et plus aplatie encore par -dessous. Les yeux sont très rapprochés l'un de l'autre. On a écrit qu'ils étoient garnis d'une men" brane clignotante ; mais nous nous sommes assuré que ce qu'on a pris pour une telle membrane n'est qu'une saillie du tégument le plus extérieur de la tête, laquelle se prolonge un peu au-dessus de chaque œil, ainsi qu'on a pu l'observer sur le plus grand nombre de raies et de squales.
L'ouverture de la bouche est très-grande ; les lèvres sont épaisses, les mâchoires néiïssées de plusieurs petites dents, et les mouvemjens de la langue assez libres. On voit à l'extrémité des os maxillaires un aiguillon divisé en branches dont le nombre paroît varier. L'opercule branchial n'est composé que d'une seule lame : mais il est attaché, ainsi que la membrane branchiale, à la tête ou au corps de l'animal, dans une Si grande partie de sa circonférence , qu'il ne reste d'autre ouverture, pour la sortie ou pour l'introduction de l'eau , qu'une très-petite fente placée de chaque côté au-dessus de la nuque, et qui, par ses dimensions, sa position et sa figure , ressemble beaucoup à un évent.
L'ouverture de Panus est beaucoup plus prés de la tête que de la nageoire de la queue. La ligne latérale est droite.
Sur le dos s'élèvent deux nageoires : la plus voisine de la tête est composée de quatre ou de cinq et même quelquefois de sept rayons. Le premier est si allongé et dépasse
LE CALLlO.WME LYHE.
h membrane en s'étendant à une si grande hauteur, que sa longueur égale l'intervalle qui sépare la nuque du bout de la queue. Les trois ou quatre qui viennent ensuite sont beaucoup moins longs, et décroissent dans une telle proportion, que le plus sou- . vent ils paraissent être entre eux et avec le premier dans les mêmes rapports que, des cordes d'un instrument destinées à donner, par les seules différences de leur longueur, lestons ut , ut octave, sol, ut double octave, et mi, c'est-à-dire, l'accord Je plus parfait de tous ceux que la musique admet. Au-delà, deux autres rayons plus courts encore se montrent quelquefois et paroissent représenter des cordes destinées à faire entendre des sons plus élevés que le mi; et voilà donc une sorte de lyre à cordes harmoniquement proportionnées, qu'on a cru, . pour ainsi dire , trouver sur le dos du callionyme dont nous parlons; et comment dés-lors se seroit-on refusé à l'appeler lyre oa porte-lyre * ?
Les autres nageoires, et particulièrement celle de l'anus et la seconde du dos, qui se prolongent vers l'extrémité de la queue en bandelette membraneuse, ont une assez grande étendue , et forment de larges surfaces sur lesquelles les belles nuances de la lyre peuvent , en se déployant, justifier son nom de callionyme. Les tons de couleurs qui dominent au milieu de ces nuances, sont le jaune, le bleu, le blanc , et le bran qui les encadre, pour ainsi dire.
Le jaune règne sur les côtés du dos, sur la partie supérieure des deux nageoires dorsales, et sur toutes les autres nageoires, excepté celle 3è l'anus. Le bleu paroît avec des teintes plus ou moins foncées sur cette nageoire de l'anus, sur les deux nageoires dorsales où il forme des raies souvent ondées, sur les côtés où il est distribué en taches irréguliéres. Leblanc occupe la partie inférieure de l'animal.
Ces nuances, dont l'éclat, la variété et l'harmonie distinguent le callionyme lyre, «ont une nouvelle preuve des rapports que ûous avons indiqués dans notre Discours
I* A la membrane des branchies. 6 rayons. » la première nageoire dorsale,
àe. 4 à 7
à ia seconde nageoire du dos. 10 à chacune des pectorales. . 18 à chacune des nageoires jugulaires 6
a celic de l'anus 10
àcellc de la queue, qui est arrondie; . 9
sur la nature des poissons, entre les couleurs de ces animaux et la nature de leurs alimens : nous avons vu que très-fréquemment les poissons les plus richement colo rcs étoient ceux qui se nourrissoient d. mollusques ou de vers. La lyre a reçu une parure magnifique, et communément elle recherche des oursins et des astéries.
Au reste, ce callionyme ne parvient guère qu'à la longueur de quatre ou cinq décimètres : on le trouve non-seulement dans la Méditerranée, mais encore dans d'autres mers australes ou septentrionales ; et on dit que, dans presque tous les climats qu'il habite , sa chair est blanche et agréable au goût.