LE CALLIONYME DRAGON- NEAU
Ce callionyme habite les mêmes mers que la lyre, avec laquelle il a de trèsgrands rapports; il n'en diflëre même d'une manière très-sensible que par la brièveté et les proportions des rayons qui soutiennent la première nageoiie dorsale, par le nombre des rayons des autres nageoires1, par la forme de la ligne latérale qu'on a souvent de la peine à distinguer , et par les nuances et la disposition de ses couleurs. Beaucoup moins brillantes que celles de la lyre , ces teintes sont brunes sur la tète et le dos, argentées avec des taches sur la partie inférieure de l'animal ; et ces tons simples et très-peu éclatans ne sont relevés communément que par un peu de verdâtre que Ton voit sur les nageoires de la poitrine et de l'anus, du verdâtre mêlé à du jaune qui distingue les nageoires jugulaires, et du jaune qui s'éteud par raies sur la seconde nageoire florsale, ainsi que sur celle de la queue.
D'ailleurs la chair du dragonne au est, comme celle de la lyre, blanche et d'un goût agréable. 11 n'est donc pas surprenant que quelques naturalistes, et particulièrement le professeur Gmelin, aient soupçonné que ces deux callionymes pourraient bien être de la même espèce, mars d'un sexe différent. Nous n'avons pas pu nous procu-
1. A la première nagroire dorsale, k rayons, à ia seconde nageoire du dos. . 40 à chacune des pectorales. . .19 à chacune des jugulaires. . • 6 à celle de l'anus . ♦ • • 9 à colle de la queue. ... 40
LÉ CALL10INYME DRAGONNEAU.
rer assez de renseigncmens précis pour nous assurer de l'opinion que Ton doit avoir relativement à la conjecture de ces sa^vans ; et dans le doute, nous nous somme» conformé à l'usage du plus grand nombre des auteurs qui ont écrit sur l'ichtyologie , en séparant de la lyre le callionyme dragonneau, qu'il sera, au reste, aisé de retrancher de notre tableau méthodique.
LE CALLIONYME FLÈCHE
ET I Jî
CALLIONYME JAPONAIS.
Ces deux espèces appartiennent, comme la lyre et le diagonneau , au premier sousgenre des callionymes; c*est-à-dire , elles ont les yeux trés-rapprochés l'un de l'autre. L'illustre Pallas a fait connnoîlre la première, et le savant Houttuyn la seconde. -
La flèche décrire par le naturaliste de Pétersbourg avoit à peine un décimètre de longueur. L'espèce à laquelle appartenoit cet individu vit dans la mer qui entoure l'île d'Amboine ; elle est, dans sa partie su-
Sérieure, d'un brun mêlé de taches irréguéres et nuageuses d'un gris blanchâtre, qui régne en s'éclaircissant sur la partie inférieure. Des taches ou des points bruns paraissent sur le haut de la nageoire caudale et sur les nageoires jugulaires; une bande tres-noire se montre sur la partie postérieure de la première nageoire dorsale ; et la seconde du dos, ainsi que les pectorales, soht très-transparentes , et variées de brun et de blanc1. Voici, d'ailleurs, les principaux caractères par lesquels la flèche est séparée de la lyre. L'ouverture de la bouche est très petite, les lèvres sont minces et étroites; les opercules des branchies sont mous, et composés, au moins, de deux lames, dont la première se terminé par une longue pointe , et présente, dans son bord postérieur, une dentelure très-sensible ; on ne voit que trois rayons à la membrane branchiale ; la première nageoire du dos et celle de l'anus sont très-basses, ou, ce qui
i . A la membrane des branchies. 3 rayons, n lu première dorsale. . , ' 4 à la seconde. . ... 9
à chacune des peeloraics. . . \\ à chacune dis jugulaires. . . 5 à la nageoire de l'anus-. . .8 à cullc de la i[i»euc. . ... 10
est la même chose, forment une bande très* étroite.
Le nom de callionyme japonais indique qu'il vit dans des mers assez voisines de celles dans lesquelles on trouve la flèche. Il parvient à la longueur de trois décimètres, ou environ. 11 présente différentes ' nuances. Sa première nageoire dorsale montre une tache noire, ronde, et entourée de manière à représenter l'iris d^un œil; les rayons de cette même nageoire sont noirs, et le premier de ces rayons se termine par deux filamens assez longs , ce qui forme un caractère extrêmement rare dans les divers genres de poissons. La seconde nageoire du dos est blanchâtre ; les nageoires pectorales sont arrondies , les jugulaires très-grandes; et celle de la queue est très-allongée et fourchue '.
LE
CALLIONYME POINTILLÉ.
Ce poisson , qui appartient au second sous-genre des callionymes, et qui, par conséquent , a les yeux assez éloignés l'on de l'autre , ne présente que de très-petites dimensions. L'individu mesuré par le naturaliste Pallas , qui a fait connoftre cette espèce, n'étoit que de la grandeur du petit doigt de la main» Ce callionyme est d'ailleurs varié de brun et de gris, et parsemé, sur toutes les places grises, de points blancs et brillans; le blanchâtre règne sur la partie inférieure de l'animal ;" Ta seconde nageoire du dos est brune avec des raies blanches et parallèles ; les pectorales sont transparentes, et de plus poiuti liées de Manc à leur base , de même que celle de la queue; les rayons de ces trois nageoires présentent d'ailleurs une ou deux places brunes; les jugulaires sont noires dans leur centre, et blanches dans leur circonférence; et la nageoire de l'anus est blanche à sa base et noire dans le reste de son étendue.
Telles sont les couleurs des deux sexes; * mais voici les différences qu'ils offrent.dans leurs nuances : la première nageoire do dos du mâle est toute noire ; celle de la fe-