‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 125 sur 658 · I. A la première nageoire dorsale. 6 rayons · texte numérisé non relu

I. A la première nageoire dorsale. 6 rayons

à la seconde • . ; Î4

à chacune des nageoires pectorales. . , •. . . . 19 à chacune des jugula ires ... 6 à la nageoire dé 1 anus. . . . Î5 à celle de la queue, qui est un jeu fourchue. . , . . . 15

sons , et qu'on emploie plusieurs moyens pour s'en procurer un grand nombre.

PendanL la fin du printemps et le commencement de l'été, temps où les vives s'approchent des rivages pour déposer leurs œufs, ou pour féconder ceux dont les femelles se sont débarrassées, on en trouve quelquefois dans les mantt* ou filets à nappes simples, dont on se sert pour la péefae des maquereaux. On emploie aussi pour les prendre , lorsque la nature du fond le permet, des dréges ou espéeas de fileta qui reposent légèrement sur ce même fond, et peuvent dériver avec la marée.

On s'efforce d'autant phi» de pécher une grande quantité de vives, que ces animaux non-seulement donnent des signes trèsmarqués d'irritabilité après qu'ils ont été vidés , ou. qu'on leur a coupé la tète, mais encore peuvent vivre assea long-temp* hors de l'eau, et par conséquent étretrans portés encore en we à d'assez grandes distances. D'ailleurs, par un rapport réunir* quable entre l'irritabilité des muscles et leur résistance à la putridité , la chair det trachines vives ne se corrompt pas «£•&• ment, et peut être conservée pendant plu» sieurs jours sans cesser d'être très hémm à manger ; et c'est à cause de ces trois propriétés qu'elles ont reçu le nom spéeiuauu que j'ai cru devoir leur laisser.

Cependant, si plusieurs marins vont sans cesse à la recherche de ces trachines , la crainte fondée d'être cruellement blessés par les piquans de ces animaux, et surtout par les aiguillons de la, première nageoire dorsale , leur fait prendre de grandes précautions ; et les accidens occasionés par ces dards ont été regardés comme assez graves pour que, dans le temps, l'autorité publique ait cru, en France, devoir donner, à ce sujet , des ordres très-sévères» Lut pécheurs s'attachent surtout à briser ou arracher les aiguillons dos vives qu'ils tirent de l'eau. Lorsque, malgré toute leur attention , ils ne peuvent pas parvenir à évi-

LA TRACHINE VIVE

flux auxquels ils sont forcés de faire une attention continuelle , à cause de l'influence desmouvemens de la mer sur toutes leurs opérations. Au reste , les moyens dont les marins de l'Océan ou de la Méditerranée se servent pour calmer leurs souffrances, lorsqu'ils ont été piqués par des trachines vives, ne sont pas peu nombreux; et plu* sieurs de ces remèdes sont très-anciennement connus. Les uns se contentent d'appliquer sur la partie malade le foie ou le cerveau encore frais du poisson ; les autres, après avoir lavé la plaie avec beaucoup de soin» emploient une décoction de lentisque, ou les feuilles de ce végétal , ou des fèves Je marais. Sur quelques côtes septentrionales, on a recours quelquefois à de l'urine chaude ; le plus souvent on y substitue du sable mouillé, dont on enveloppe la tumeur, en tâchant d'empêcher tout contact de l'air avec les membres blessés paà la trachine.

L'enflure considérable et les douleurs longues et aigués qui suivent la piqûre de la vive ont fait penser que cette trachine étoit véritablement venimeuse : et voilà pourquoi, sans doute , on lui a donné le nom de l'araignée , dans laquelle on croyoit devoir supposer un poison assez actif. Mais la vive ne lance dans la plaie qu'elle fait avec ses piquans aucune liqueur particulière : elle n'a aucun instrument propre à déposer «ne humeur vénéneuse dans un corps étranger, aucun réservoir pour la contenu: dans l'intérieur de son corps, ni aucun organe pour la filtrer ou la produire. Tous les effets douloureux de ses aiguillons doivent être attribués à la force avec laquelle elle se débat lorsqu'on la saisit , à la rapidité de ses mouvemens, à l'adresse avec laquelle elle se sert de ses armes , à la promptitude avec laquelle elle redresse et enfonce ses petits dards dans la main , par exemple, qui s'efforce de la retenir, à la profondeur à laquelle elle les faitparvenir, et à la dureté ainsi qu'à la forme trés-pointue de ces piquans.

La vive n'emploie pas seulement contre les marins qui la pèchent et les grands poissons qui l'attaquent, l'énergie, l'agilité et les armes dangereuses que nous venons de décrire : elle s'en sert aussi pour se procurer plus facilement sa nourriture, lorsque ne se contentant pas d'animaux à coquille, de mollusques, ou de crabes, elle cherche à dévorer des poissons d'une taille presque égale à la sienne.

Tels sont les faits certains dont on oeut

composer la véritable histoire de la trachine vive. Elle a eu aussi son histoire fabuleuse, comme toutes les espèces d'animaux qui ont présenté quelque phénomène remarquable. Nous ne la rapporterons pas, cette histoire fabuleuse. Nousne parlerons pas des opinions contraires aux lois de la physique maintenant les plus connues , ni des contes ridicules que l'on trouve , au sujet de la vive , dans plusieurs auteurs anciens, particulièrement dans Élien, ainsi que dans quelques écrivains modernes, et qui doivent principalement leur origine au nom de dragon que porte cette trachine -, et à toutes les fictions vers lesquelles ce nom ramène l'imagination ; nous ne dirons rien du pouvoir merveilleux de la main droite ou de la main gauche lorsqu'on touche une vive, ni d'autres observations presque du même genre : en tâchant de découvrir les propriétés des ouvrages de la Nature, et les • divers effets de sa puissance , nous n'avons qu'un trop grand nombre d'occasions d'ajouter à l'énumératiou des erreurs de Tesprit humain.

Il paroît que, selon les mers qu'elle habite, la vive présente dans ses dimensions, ou dans la position et les nuances de ses couleurs , des variétés plus ou moins constantes. Voici les deux plus dignes d'attention.

La première est d'un gris cendré avec des raies transversales , d'un brun tirant sur le bleu. Elle a trois décimètres, ou à peu prés de longueur.

La seconde est blanche, parsemée , sur sa partie supérieure, de points brunâtres, et distinguée d'ailleurs par des lâches de la même teinte, mais grandes et ovales, que l'on voit également sur sa partie supérieure. Elle parvient à une longueur de plus de trois décimètres.

C'est vraissemblement de cette variété qu'il faut rapprocher les trachines vives de quelques côtes de l'Océan, que l'on nomme saccavailles blancs, et qui sont longues de cinq ou six décimètres.

LA TRACHINE OSBECK.

C'est dans l'océan Atlantique, et auprès de l'île de l'Ascension qu'habite cette trachine, dont la description a été publiée par le savant voyageur Osbeck. Les deux mâchoires de ce poisson sont également avancées, et garnies de plusieurs rangs de dents lona*t oointues, dont trois en haut et trois

LA TRAG01HB OSBECK.

tubas sont plus grandes que les antres ; des dents aiguës sont aussi placées auprès du gosier. Chaque opercule se termine par deux aiguillons inégaux en longueur. ia nageoire de la queue est rectiligne *.

I. A la membrane dee branchies • 6 rayone. à chacune des nageoires pectorales. ....... 18

Tout l'animal est blanc, arec de* tachas noires. Telles sont les principales différences qui écartent cette espèce de la tra* dune rive.

à chacune de» j

tnageoi à celle de la queue.

se jugulairet,* â la nageoire de Panu*. .

Page 1