LE GADE MERLUS
voilà pourquoi il a pu être connu d' Aristote, de Pline , et des autres naturalistes de lié Grèce ou de Rome, qui, en effet, ont traité de ce gade dans leurs ouvrages. Il y parvient jusqu'à la grandeur de nuit ou dix décimètres. Il est très-vorace : il poursuit, par exemple, avec acharnement, les scombres et les clupées; cependant, comme il trouve assez facilement dé quoi se nourrir, il n'est pas, au nains fréquemment , obligé de se jeter sur des animaux de sa famille. Il ne redoute pas l'approche de son semblable. Il va par troupes très-nombreuses ; et par conséquent fl est l'objet d'une pèche très-abondante et peu pénible. Sa chair est blanche et lamelteuse ; et dans les endroits où l'on prend une grande quantité d^dividus de cette espèce, on les sale ou on les sèche, comme m prépare les morues, les seys et d'autres jades , pour pouvoir les envoyer au loin. Les merlus sont ainsi recherchés dans un grand nombre de parages : mais, dans d'autres portions de la mer où ils ne peuvent pas se procurer les mêmes alimens, il arrive que leurs muscles deviennent gluans et de mauvais goût ; ce fait étoit connu dés Iç temps de Galien. Au reste , le foie du merlus est presque toujours un morceau tjèa-délicat.
Ce poisson est allongé, revêtu de petites écailles, blanc par-dessous, d'un gris plus ou moins blanchâtre par-dessus ; et c'est à
ruse de ces couleurs , comparées souvent celles de l'âne , qu'il a été nommé ânon par Aristote, Oppien, Athénée, Elien, Pline, et d'autres auteurs anciens et modernes. Le mot tfânon est même devenu, pour plusieurs naturalistes, un mot générique qu'ils ont appliqué à plusieurs espèces de gades.
La tête du merlus est comprimée et déprimée ; l'ouverture desabouche,grande ; sa ligne latérale, plus voisine du dos que du bas-ventre, et garnie, auprès de la tête, de petites verrues, dont le nombre varie depuis cinq jusqu'à neui* ou dix : des dents inégales» aiigufcs, et dont plusieurs sont cro-
chues, garnissent les mâchoires, le palais et le gosier1.
J'ai trouvé dans les papiers de Gommerson une courte description d'un gade à deux nageoires, sans barbillons, et dont tous les autres caractères conviennent au merlus. Gommerson l'a vu dans les mers australes ; ce oui confirme mes conjectures sur la possibilité d'établir, dans plusieurs parages de l'hémisphère méridional, des pêches abondantes de morues et d'autres gades.
Le merlus est si abondant dans la baie de Gatloway, sur la côte occidentale de l'Irlande, que cette baie est nommée, dans quelques anciennes cartes , la baie des haies, nom donné par les Anglais aux merlus.
LE GADE BROSME.
Nous avons maintenant sous les yeux le cinquième sous-genre des gades. Les caractères qui le distinguent sont un ou plusieurs barbillons, avec une seule nageoire dorsale. On ne peut encore rapporter qu'une espèce à ce sous-genre ; et cette espèce est le brosme.
Ge gade préfère les mert qui arrosent le Groenland, pu l'Europe septentrionale.
Il a la nageoire de la queue en forme de ter de lance , et quelquefois une longueur de près d'un mètre. La couleur de son dos est d'un brun foncé ; ses nageoires et sa partie inférieure sont d'une teinte plus claire ; on voit sur ses côtés des taches transversales2.
I, A b membrane des branekies. 7 rayons; à la première nageoire du dos. 10
à la seconde .59
a chacune des pectorales. . . 41 à chacune desjugulaires. . . 7
'a celle de l'anus M
• à celle de la queue .... 20 a. A ta nageoire du «ftoadu br asaae. i 00 rayons, à ehacune «les pectorales. . • lô à chacune des jugulaires . . 5 à celle de l'anus. . . . . 60 a celle de la queue . . . . 30
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