QUARANTE SEPTIÈME GENRE
LES BATRÂGHOJOES.
La tête très-déprimée et très-large; Couverture de la bouche très-grande; un ou plu sieurs barbillons attachés autour ou au-dessous de la mâchoire inférieure.
Le BATRA- CHOÏDE TAU.
CARACTÈRE?
{ Un grand nombre de filameus à la mâchoire inférieure ; trois aiguillons à la première nageoire dorsale ce à chaque opercule.
B8PBCB,
.Le batrachoïde blennioïde.
ÇA1ACTCUS.
' Un ou plusieurs barbillons au-dessous de la mâchoire d'en bas; les deux premier» rayons de chaque nageoire ju-
Î;ulaire, terminés par no ong filament.
LE BATRACHOÏDE TAU.
Nous avons séparé le tau des gades, et le blcnnioïde des blennies, non - seulement parce que ces poissons n'ont pas tous les traits caractéristiques des genres dans lesquels on les avoit inscrits en plaçant le dernier parmi les blennies et le premier parmi les gades , mais encore parce que des formes très-frappantes les distinguent de toutes les espèces que peuvent embrasser ces mêmes genres, au moins lorsqu'on a le soin nécessaire de n'établir ces cadres que d'après les principes réguliers auxquels nous tâchons toujours de nous conformer. Nous avons de plus rapproché l'un de l'autre le tau et le blennioïde , parce qu'ils ont ensemble beaucoup de rapports; nous les avons compris dans un genre particulier, et nous avons donné à ce genre le nom de batrachoïde, qui désigne la ressemblance vague qu'ont ces animaux avec une grenouille, en grec tv-rp^oç , «t qui rappelle d'ailleurs les dénominations de grenouiller et de ràninus, appliquées par Linné, Daubenton, et plusieurs autres célèbres naturalistes, au blennioïde.
Le tau habite dans l'Océan atlantique , comme presque tous les gades, dans le genre desquels on avoit cru devoir le faire entrer ; mais on l'y a péché à des latitudes beaucoup plus rapprochées de Péquateur que celles où l'on a rencontré la plupart de ces poissons. On Ta vu vers les côtes de
la Caroline, où il-a été observé par le docteur Garden, et d'où il a été envoyé en Europe.
Ses formes et ses couleurs, qui sonttrésremarquables , ont été fort bien décrites par le célèbre ichtyologiste et mon savant confrère le docteur Bloch.
Il est revêtu d'écaillés molles, petites, minces, rondes, brunes, bordées de blanc, et arrosées par une mucosité très-abondante, comme celles de la lote et de la mostelle. Le dos et les nageoires sont tachetés de blanc, ou d'autres nuances.
La tête est grande et large , le muse» très-arrondi. Les yeux, placés vers le sommet de cette partie et trés-rapprochés l'on de l'autre, sont gros, saillans, brillanspar l'éclat de l'or que présente l'iris, et entourés d'un double rang de petites verrues. Entre ces organes de la vue et la nuque, s'étend transversalement une fossette et une bande plus ou moins irréguliére, de couleur jaune , sur les deux bouts de laquelle on peut observer quelquefois une tache ronde et très-foncée.
Les dents sont aiguës. Il n'y en *<F deux rangées de chaque côté de la b* choire inférieure; mais la mâchoire a en haut, qui est beaucoup plus coartc,?r montre un plus grand nombre de rang* Une double série de ces mêmes dents nerisse chaque côté du palais. , .
Plusieurs barbillons sont placés sur»»
côtés de la mâchoire supérieure ; unP!j| nombre 4'wtres fibmens sont *tw*« »
LE BATRACHOIDE TAU.
mâchoire d'en bas , et disposés à peu prés en portion de cercle.
Chaque opercule , composé de deux lames, est, de plus, armé de trois aiguillons.
Le tau a deux nageoiress dorsales; la première est soutenue par trois rayons trèsforts et non articulés. Celle de la queue est arrondie.
Le tau a été nommé ainsi, à cause de la ressemblance de la bande jaune et transversale qu'il a auprès de la nuque, avec la traverse d'un T grec, ou fau*.
Le dessin qui représente ce poisson, et que nous avons fait graver, en donne une idée très-exacte.
LE
BATRACHOÏDE BLENNOÏDE.
Ce batrachoïde a un ou plusieurs barbillons au-dessous de la mâchoire inférieure. Les deux premiers rayons de chacune de ses nageoires jugulaires sont beaucoup plus longs que les autres , ce qui , au premier coup-d'œil, pourroit faire croire qu'il n'en a que deux dans chacune de ces nageoires, comme le plupart des blennies. dans le
[. A la membrane branchiale du tau. . . • . .
à la première dorsale .
a la seconde. . . .
à chacune des pectorales.
à chacune des jugulaires, a celle de l'« nus. . .
a celle de la oueue . .
6 rayons.
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genre desquels on l'a souvent placé , et ce qui m'a engagé à lui donner le nom spécifique de btenmoide* On le trouve dans les lacs de la Suède, où il paroît qu'il est redouté de tous les poissons moins forts que lui, qui s'écartent le plus qu'ils peuvent des endroits qu'il fréquente. Quoiqu'il tienne, pour ainsi dire, le milieu entre les gades et . les blennies, il n'est pas bon à manger.
C'est avec toute raison , ce me semble , que le professeur Gmelin regarde comme une simple variété de cette espèce qu'il rap. porte au genre des blennies, un poisson de l'Océan septentrional , dont voici une très* courte description.
Il est d'un brun très-foncé. Ses nageoires sont noires et charnues; son iris est jaune ; une mucosité abondante, semblable à celle dont le tau est imprégné , humecte ses écailles, qui sont petites. Sa tête, trèsaplatie, est plus large que son corps ; l'ouverture de sa bouche très-grande ; chaque mâchoire armée d'un double rang de dents acérées et rougeâtres, suivant plusieurs observateurs; la langue épaisse, musculeuse, arrondie par-devant ; le premier rayon de chaque nageoire jugulaire terminé par une sorte de fil délié ; et le second rayon des mêmes nageoires prolongé par un appendice analogue, mais ordinairement une fois plus long que ce filament/.
I, A la membrane branchiale, à la nageoire dorsale. . . , à chacune des nageoires pec torales. ...... 22
à chacune des jugulaires . « 6 a celle de l'anus. .... 60
à celle de la queue. . • • *•
7 rayons*
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