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été employées à alimenter les embryons..
Lorsque le temps de la sortie de ces petits animaux approche, leur queue, qui d'abord avoit paru sinueuse, se redresse, et leur sert à se mouvoir en différens sens , comme pour chercher une issue hors de l'ovaire. Si dans cet état ils sont retirés de cet organe, ils ne périssent pas à l'instant, quoique venus trop tôt» à la lumière ; mais ils ne vivent que quelques heures : ils se tordent comme de petites murènes , sautillent et remuent plusieurs fois leurs mâchoires et tout leur appareil branchial avant d'expirer.
On a vu quelquefois dans la même femelle jusqu'à trois cents embryons, dont la plupart avoient plus de vingt-cinq millimètres de longueur.
Il s'écoule souvent un temps très-long entre le moment où les œufs commencent à pouvoir être distingués dans le corps de la mère et celui où les petits sortent de l'ovaire pour venir au jour. Après la naissance de ces derniers , cet organe devient flasque, se relire, comme une vessie vide d'air ; et les mâles ne diffèrent alors des femelles que par leur taille , qui est moins grande , et par leur couleur, qui est plus vive ou plus foncée.
Nous ne terminerons par cet article sans faire remarquer que , pendant que la plupart des poissons pélagiens s'approchent des rivages de la mer dans la saison où ils ont besoin de déposer leurs œufs, les blennies dont nous nous occupons , et qui n'ont point d'œufs à pondre , quittent ces mêmes rivages lorsque leurs fœtus sont déjà un peu développés, et se retirent dans l'Océan à de grandes distances des terres, pour y trouver apparemment un asile plus sur contre les pêeheurs et les grands animaux marins, qui, à cette époque, fréquentent les côtes de l'Océan , et à la poursuite desquels les femelles , chargées du poids de leur progéniture , pourroient plus difficilement se soustraire.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que les œufs de ces blennies éclosant dans le ventre de la mère, et par conséquent devant être fécondés dans son intérieur, il y a un accouplement plus ou moins prolongé et plus ou moins intime entre le mâle et la femelle de cette espèce, comme entre ceux des squales, des syngnathes, etc.
LE BLENNIE GUNNEL \
Lb gunnel est remarquable par sa forme comprimée , ainsi que très-allongée , et par la disposition de ses couleurs. Il est d'un gris jaunâtre, et souvent d'un olivâtre foncé dans sa partie supérieure ; sa partie inférieure est blanche , ainsi que son iris ; la nageoire dorsale et celle de la queue sont jaunes ; les pectorales présentent une belle couleur orangée , qui paroît aussi sur la nageoire de l'anus, et qui y est relevée vers la base par des taches très-brunes. Mais ce qui frappe surtout dans la distribution des nuances du gunnel, c'est que , le long de la nageoire dorsale, on voit de chaque côté neuf ou dix et quelquefois douze taches rondes ou ovales, placées à demi sur la base de la nageoire , et à demi sur le dos proprement dit, d'un beau noir, ou d'une autre teinte très-foncée, et entourées sur plusieurs indiyidus , d'un cercle blanc ou blanchâtre , qui les fait ressembler à une prunelle environnée d'un iris.
La tête est petite , ainsi que les nageoires jugulaires 2. Des dents aiguës garnissent les mâchoires , dont l'inférieure est la {dus avancée. La ligne latérale est droite ; 'anus plus éloigné de la nageoire caudale que de la gorge.
Par sa forme générale , la petitesse de ses écailles , la viscosité de l'humeur qui arrose sa surface, la figure de ses nageoires pectorales, le peu de hauteur ainsi que la longueur de celle de son. dos, et enfin la vitesse de sa natation, le gunnel a beaucoup de rapports avec la murène anguille : mais il n'a pas une chair aussi agréable au goût que celle de ce dernier animal. Il vit dansl'Océan d'Europe; il s'y nourrit d'œufs 4e poisson, et de vers ou d'insectes marins ; et il y est souvent dévoré parles cartilagineux et les osseux un peu grands, ainsi que par les oiseaux d'eau*.
t. Gunnel, d'où vient gtmneUua , signifie en anglais , plat bord , et désigne la forme très-allongée et très - comprimée du blennie dont il est question dans cet article.
Butter fish, sur quelques côtes d'Angleterre ; liparis , dans quelques contrées de l'Europe.
2. A la nageoire dorsale. . . .88 rayons, a chacune des pectorales. . . 10
a chacune des jugulaires . . 2
& celle de l'anus 43
a celle de la queue , qui est un peu arrondie 48