‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 203 sur 658 · A la membrane des branchies. 7 ravons · texte numérisé non relu

A la membrane des branchies. 7 ravons

à la première nageoire du dos. 44

h la seconde . . 42

à chacune des pectorales. . . 35

l» cette dej'anns . , . . , 42

à celle do la queue 30

à l'extérieur une belle couleur d'argçpl.

La première nageoire dorsale s'élève au-dessus du sillon longitudinal, dans lequel l'animal peut la coucher ; et elle s'avance comme une faux vers la queue.

La seconde , presque entièrement semblable à celle de l'anus, au dessus de laquelle on la voit, par sa rigidité, ses dimensions, sa figure et sa couleur, est petite et souvent rougeâtre ou dorée.

Lés petites nageoires du- dessus et dp dessous de la queue sont triangulaires , et au nombre de huit ou neuf dans le haut , ainsi que dans le bas. Ce nombre paroi t être très constant dans les individus de l'espèce que je décris, puisque Coinmerson assure l'avoir toujours trouvé, et cependant avoir examiné plus de vingt germons.

La nageoire de la queue , découpée comme un croissant, est assez grande pour que la distance , en ligne droite, d'une extrémité du croissant à l'autre , soit quelquefois égale au tiers de la longueur totale de l'animal. Le thon a également , et de même que presque tous les scombres , une nageoire caudale très - étendue ; et nous a\ons vu, dans l'article précédent, les effets trés-curieùx qui résultent de ce développement peu ordinaire du principal instrument de natatioh.

La ligne latérale , fléchie en divers sens jusqu'au dessous de la seconde nageoire du dos, tend ensuite directement vers le milieu de la nageoire caudale.

On voit enfin, de chaque côté de la queue , la peau s'élever en forme de carène longitudinale ; et cette forme est donnée à ce tégument par un cartilage qu'il recouvre , et qui ne contribue pas peu à Ja rapidité avec laquelle le germon s'élance au milieu ou à la surface des eaux.

J etons maintenant un coup d'œil sur Ja conformation intérieure de ce scombre.

Le cœur est triangulaire, rougeâtre, assez grand, à un seul mais très-petit ventricule ; l'oreillette grande et très-rouge ; le commencement de l'aorte blanchâtre, et en forme de bulbe ; le foie d'un rouge pâle, trapézoïde , convexe sur un0* de ses surfaces, hérissé de pointes vers une extrémité, garni de lobules à l'extrémité opposée, creusé à l'extérieur par plusieurs ciselures, et composé à l'extérieur de tubes vermiculaires, droits, parallèles les uns aux autres, et exhalant une humeur jaunâtre par des conduits communs ; la rate allongée comme une languette , noirâtre , et suspendue «ous le côté droit du foie ; la vésicule du

&E SOOMBBE GERMON.

fiel conformée presque comme un lombric, plus grosse par un bout que par l'autre, égale en longueur au tiers de la longueur totale du pui.vson. appliquée contie la .rate, et remplie d'un suc ti es vert; l'estomac sillonné par des rides longitudinales; le canal intestinal deux fois replié; le péri- 'oine bi<uuâtre; et la vessie natatoire longue, laigo, attachée au dos et argentée.

Commerson a observé le germon dans te grpnd Océan austral , improprement appelé mer Pacifique, vers le vingt-sep tiéme degré de latitide méridionale, et le cent troisième de longitude.

U vit pour la première fois cette espèce de scombi e dans le voyage qu'il fit sur cet océan, avec noire célèbre- na\igateur et mon savant confrère liougain ville. Une troupe très nombreuse d'individus de cette espèce de scombre entoura le vaisseau que montait Commeison, et leur vue ne fut pas peu agréable a dos matelots et à des passagers fatigués par l'ennui et les privations in- .séparables d'une longue navigation. On lendit tout de suite des cordes garnies d'hameçons ; et ou prit très - promplemeut un grand -nombre de ces poissons, dont Je plus petit pesoit plus d'un myi iagrainmc , et le plus gros plus de ti ois. A peine ces thoracins étoient-ils hors de l'eau , qu'ils mouroient au milieu des tremblemens et des soubresauts. : Les marins, rassasiés de l'alimeut que ces animaux leur fournirent , .

cessèrent d'en prendre : mais les tioupes Ce nom de thazard a été donné à des de germons, accompagnant toujours le" ésoces, à des dupées, et à d'autres scom-

1er vers les autres, et donner ainsi à oe

bâtiment favorisé une sorte de privilège exclusif pour la pèche. Il croit que cette préférence des tioupes de poissons pour un navire dépend du p-us ou moins de subsistance qu'ils trouvent à la suite de ce vaisseau, .et surtout de la saleté ou de l'état extérieur du bâtiment au-dessous de sa ligne (le llotïei.son. 11 lui a semi.lé ru-y Jes navires préférés étoient ceux dont la carène avoit été léparée le plus anciennement, ou qui venoienl de servir à de plu*, longues navigations : dans les voyages de long cours, il s'atiache aux vaisseaux, des fucus, des goémons, descendîmes, des pinceaux de mer, et d'autres plantes ou animaux marins qui peuvent servir à nourrir les poissons et doivent les attirer avec force. Au reste, Commerson remarque, ainsi que nous l'avons observé à l'article du thou , que , parmi les causes qui eut. aîneçt les poissons auprès d'un vaisseau, il faut compter l'ombre que le corps du bâtiment et sa voilure répandent sur la mer ; et dans les climats très-chauds, on voit, dit-il, pendant la plus grande chaleur du jour, ces animaux se ranger dans la place plus ou moins étendue que le navire couvre 4c son ombre.

LE SCOMBRE THAZARD'.

vaisseau, furent, pendant les jours suivans , l'objet de nouvelles pèches, jusqu'à ce que, les matelots se dégoûtant de celle soi te de nourriture, les pêcheurs manquèrent aux poissons, dit le voyageur naturaliste , mais non pas les poissons aux pécheurs. Le goût de la chair des germons étoii très-agréable , et comparable à celui des thons et des bonites ; et quoique les ma'elots en mangeassent jusqu'à satiété ,' aucun d'eux n'en éprouva l'incommodité la plus légère.

Commerson ajoute à ce qu'il dit des germons une observation générale que nous

■ oyons ut le de rapporter ici. U pense •"-c tous les navires ne sont pas également

tivis par des colonnes de scombres ou d'autres poissons analogues à ces légions de gennous dont nous venons de parler; il «t*stiie même qu'on a vu , lorsque deux ou plusieurs vaisseaux voguoienl de conserve, \qs poissons ne s'attacher qu'à un seul de .ces lumens, ne le jamais quitter pour al-

bres que celui dont nous allons parler : mais nous avons cru devoir, avec Commerson, ôler cette dénomination à toute espèce de scombre, excepté à celle que nous allons faire connaître. La description de ce poisson n'a encore clé publiée par aucun naturaliste. Nous avons trouvé, dans les papiers du célèbre compagnon de Bougaiuville, une figure de ce thazard, que nous avons fait graver, et une notice des formes et des habitudes de ce thoracin , de laquelle nous nous sommes servi pour composer l'article que nous écrivons.

La grandeur du thazard tient le milieu entre celle de la bonite et celle du ma qnereau; mais son corps, quoique très muscuîeux , est plus comprimé que celui du maquereau, ou celui de la bonite.

Sa couleur est d'un beau bleu sur la tète, le dos, et la portion supérieure dés parties latérales ; elle se change en nuances argen-

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