A la première nageoire dorsale. 12 rayons
h la seconde 42
h chacune des pectorales.. . . 20 à chacune des thoracincs . . 6
à celle de lanus. 13
% celle de la queue 20
xMA^UERBAU*
If?
queue, dont la partie inférieure est argon-* tée, ainsi que l'iris et les opercules des branchies : presque toutes les nageoires sont grises ou blanchâtres.
Plusieurs individus ne présentent pas de grandes taches latérales; ils forment une variété à laquelle ou a domé le nom de marchais daus plusieurs pêcheries françaises, et qui est communément moins estimée pour la table que les maquereaux ordinaires.
Au reste, toutes ces couleurs ou nuances sont produites ou modifiées.par des écailles petites, minces et molles.
Ajoutons que les vertèbres desscombres que nous décrivons sont grandes , et au nombre de trente ou trente-une , et que l'on compte, dans chacun des côtés de l'épine dorsale, onze ou douze côtes attachées aux vertèbres par des cartilages.
On peut voir , par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, que les formes ni les armes des maquereaux ne les rendent pas plus dangereux que leur taille , pour les autres ha bilans des mers. Cependant , comme leurs appétits sont trés-violens, et que leur nombre leur inspire peut-être «ne sorte de confiance, ils sont voraces et même hardis : ils attaquent souvent des poissons plus gros et plus forts qu'eux ; et on les a même vus quelquefois se jeter avec une. au? dace aveugle sur des pécheurs oui vouloienf les saisir, ou qui se baigpoient dans les eaux
US SCOMBRE MAQUERBA0.
l'intelligence, et l'intelligence animée par la sensibilité , n'avoient pas, par un heureux accord, fait naître la société, la civilisation , la science , la vertu ! et combien ils pèseront encore sur sa tête infortunée , jusqu'au moment où la lumière du génie , plus généralement répandue, éclairera un plus grand nombre d'hommes sur leurs véritables intérêts, et dissipera les illusions de leurs passions aveugles et funestes 1
C'est au maquereau que nous croyons devoir rapporter le scombre qu'Aristote , Athénée , Aldrovande , Gesner et Willughby , ont désigné par le nom de colias, que l'on pêche près des côtes de la Sardaigne , qui est souvent plus petit que le maquereau , qui en diffère quelquefois par les nuances qu'il offre , puisque , suivant le naturaliste Getti , il présente un vert gai mêlé à de l'azur , mais qui d'ailleurs a les plus grands rapports avec le poisson que nous venons de décrire. Le professeur Gmelin lui-même , en l'inscrivant à la suite du maquereau , demande s'il ne faut pas le considérer comme ce dernier scombre encore jeune.
Au reste , quelques auteurs , et particulièrement Rondelet , ont appliqué cette dénomination de colias à d'autres scombres que l'on nomme coguoits auprès de Marseille, qui habitent dans la Méditerranée, oui s'y plaisent surtout dans le voisinage des côtes d'Espagne, qui sont plus grands et plus épais que le maquereau ordinaire , et que néanmoins Rondelet regarde comme n'étant qu'une variété de ce dernier poision, avec lequel on le confond en effet trèssouvent.
M. Chalet m'a iiKrtruit, par deux lettrée, datées de Serriéres, département de l'Ardèche, l'une le 19 vendémiaire, l'autre le 16 brumaire an 4, qu'en 1776 il étoit occupé dans l'île de la Guadeloupe, non seulement à faire une collection de dessins coloriés de plantes , qu'il destinoit pour- le Jardin et le Cabinet d'histoire naturelle de Paris, et qui furent entièrement détruits par le fameux ouragan de septembre de cette même année 1776, mais encore a terminer avec beaucoup de soin des dessins de différentes espèces de poissons pour M. Barbotteau , habitant du Port-Louis, connu par un ouvrage intéressant sur les fourmis, et correspondant de Duhamel , qui publia
{>lusieurs de ses dessins ichtyologiques dans e Traité général des pêches.
Les liaisons de M. Charvet avec les Caraïbes , chez lesquels il trouvoit de l'ombrage et du repos lorsqu'il étoit fatigué de parcourir les roches et les profondeurs des anses, lui procurèrent, de la part de ces insulaires, des poissons assez rares. Ces Caraïbes le dirigèrent, dans une de ses courses, vers une partie des rivages de l'île , sauvage, pittoresque et mélancolique, appelée Porte d? enfer. Ce fut auprès de cette côte qu'il trouva un poisson dont il m'a envoyé un dessin colorié. Cet animal avoit l'air si familier et si peu effrayé des mouvemens de M. Charvet , qui se baignoit , que cet artiste fut tenté de le saisir. A peine le tenoit-il , qu'une fente placée sur le dos du poisson s'entrouvrit , et qu'il en sortit une liqueur d'un pourpre vif, assez abondante pour teindre l'eau environnante , en troubler la transparence , et donner à l'animal la facilité de s'échapper, au moment où l'étohnement de M. Charvet l'empêcha de retenir le poisson qu'il avoit dans les mains. Cet artiste cependant prit de nouveau le
Eoisson qui répandit une seconde fois sa queur ; mais ce fluide étoit bien moinstoloré, et bien moins abondant qu'au premier jet, et cessa de couler, quoique l'animal continuât d'ouvrir et de fermer la fente dorsale , comme pour obéir à une grande irritation. Le poisson rendu à la liberté , ne parut pas trés-affoibli. Un second individn de la même espèce , placé promptement sur une feuille de papier , la teignit de la même manière qu une eau fortement colorée avec de la laque ; néanmoins, après trois jours , la tache rouge étoit devenue jaune. Des affaires imprévues, une maladie grave, les. suites funestes du terrible ouragan de septembre 1776, et l'obligation sou-
LE SCOMBRK
daine de repartir pour l'Europe , empêchèrent M. Gharvet de dessiner et même de décrire , pendant qu'il étoit encore à la Guadeloupe, le poisson à liqueur pourprée: mais sa mémoire , fortement frappée des traits, de l'allure et de la propriété de cet animal , lui a donné la facilité de faire en France une description et un dessin colorié de ce poisson , qu'il a eu la bonté de me faire parvenir.
Les individus vus par ce voyageur av oient un peu plus de deux décimètres de longueur. Leurs nageoires pectorales étoient assez grandes. La nageoire dorsale étoit composée de deux portions longitudinales, charnues à leur base , terminées dans le haut par des filamens qui les faisoient paraître frangées, et appliquées l'une contre l'autre de manière à ne former qu'un seul tout , lorsque l'animal vouloit tenir fermée la fente propre à laisser échapper la liqueur rouge ou violette. Gette fente , située à l'origine et au milieu de ces deux portions longitudinales de la nageoire dorsale , ne paroissoitpas s'étendre vers la queue aussi loin que cette même nageoire; mais le fluide coloré, en sortant par cette ouverture , suivoit toute la longueur de la nageoire du dos, et obéissoit à ses ondulations.
La peau étoit visqueuse , couverte d'écailles petites et fortement adhérentes. La couleur d'un gris blanc plus ou moins clair faisoit ressortir un grand nombre de petits points jaunes, bleus, bruns, ou d'autres nuances. L'ensemble des formes de ces poissons , et les teintes qu'ils présentaient, étoient agréables à la vue. Us se nourrissoient de petits mollusques et de vers marins, qu'ils cherchoient avec beaucoup de \oin parmi les pierres du fond de l'eau , tons se détourner ni discontinuer leurs pestes manœuvres avant l'instant où on voufoit les saisir; et la contraction qu'ils éproutoient lorsqu'ils faisoient jaillir leur liqueur pourprée, étoit apparente dans toute la longueur de leur corps , mais principalement vers l'insertion des nageoires pectorales.
Ces teinturiers de la Guadeloupe , car c'est ainsi que les nomme M. Gharvet, cherchent un asile lorsque la tempête commence à bouleverser les flots : sans cette précaution , ils résisteroient d'autant moins aux agitations de la mer et aux secousses des vagues impétueuses qui les briseraient contre les rochers, que leurs écailles sont fort tendres, leurs muscles très-délicats, et leurs tégumens de nature à se rider bientôt après leur mort.
MAQUEREAU. Mtr
Ges faits né suffisent pas pour déterminer l'espèce ni le genre , ni même l'ordre de ces poissons. Plusieurs motifs doivent donc engager les naturalistes qui parcourent les rivages de la Guadeloupe à chercher des individus de l'espèce observée par M. Charvet , à reconnoître leur conformation , à examiner leurs habitudes, à constater leurs propriétés.
LE SGOMBRE JAPONAIS.
Gb scombre n*est peut-être qu'une variété du maquereau , ainsi que l'a soupçonné le professeur Gmelin. Nous ne l'en séparons que pour nous conformer à l'opinion de plusieurs naturalistes, en annonçant aux voyageurs notre doute à cet égard» et en les invitant à le résoudre par des ob* servations.
Ce poisson vit dans la mer du Japon '. Sa longueur n'est quelquefois que de deux décimètres ; ses mâchoires sont hérissées de petites dents; sa couleur générale est d'un bleu clair ; sa tête brille de la couleur de l'argent"; ses écailles sont très-petites ; et l'on a comparé l'ensemble de sa conformation à celle du hareng.
Uouttuyn l'a fait connoître.
LE SCOMBRE DORÉ
Le nom de ce poisson annonce la riche parure que la Nature lui a accordée, et la couleur éclatante dont il est revêtu. Il est en effet resplendissant d'or sur une trèsgrande partie de sa surface, et particulièrement sur son dos. Peut - être n'est - il qu'une variété du maquereau. Le professeur Gmelin a témoigne de l'incertitude au sujet de l'espèce de ce scombre, aussi bien qu'à l'égard de celle du japonais. Le doré s'éloigne cependant du maquereau beaucoup plus que ce japonais, non seulement par ses nuances , mais encore par quelques détails de sa conformation , et notamment par le nombre des rayons de ses nageoires.
Quoi qu'il en soit, on trouve le doré dans les mers voisines du Japon, ainsi qu'on y