CHIMÈRE ANTARCTIQUE
Cette chimère , qui se trouve dans les mers de l'hémisphère méridional , et particulièrement dans celles qui baignent les rivages du Chili et les côtes de la Nouvelle- Hollande, ressemble beaucoup, non-seulement par ses habitudes , mais encore par sa conformation , à la chimère arctique. Elle en est cependant séparée par plusieurs différences, que nous allons indiquer en la décrivaut d'après un individu apporté de l'Amérique méridionale par le célèbre voyageur Dombey. La peau qui la recouvre est, comme celle de la chimère arctique, blanche , lisse , et argentée ; le corps est également très - allongé , et plus gros vers les nageoires pectorales que dans tout autre endroit. Mais la ligne latérale, au lieu de se réunir à celle du côté opposé, se termine à la nageoire de l'anus; le filament placé
nous devions d'autant plus les faire con- a,a b<ml de la queue est plus court que sur noître , que cette conformation , très - rare "«relique; on voit sur le dos trois nageoires
dans plusieurs classes d'animaux , est tréséloignée de celle que présentent le plus souvent les parties sexuelles des femelles des poissons.
très-distinctes, très-séparées l'une de l'autre, dont la dernière est très-basse, la se-
i. Cfuilguttj Mchaçuat, en langue arawrae.
LA CHIMEAE ANTARCTIQUE.
rconde en forme de faux, ainsi que la première, et la première soutenue vers la tête par uu rayon long , très - fort et très - dur. Les nageoires pectorales et ventrales sont attachées à des espèces de prolongations charnues. La tète est arrondie ; elle présente plusieurs branches de deux lignes latérales qui serpentent sur ses côtés, entourent les yeux , aboutissent aux lèvres ou au museau , ou se réunissent les unes aux autres : mais ces rameaux ne sont pas creusés en sillons, ni disposés de la même manière que sur l'arctique ; et ce qui forme véritablement le caractère distinctif df la chimère
antarctique , c'est que le bout de son museau, et en quelque sorte sa lèvre supérieure , se termine par un appendice cartilagineux, qui s'étend en avant et se recourbe ensuite vers la bouche. Cette extension , assimilée à une crête par certains auteurs, a fait nommer la chimère antarctique le . poisson coq, et, comparée à une trompe par d'autres écrivains, a fait appeler la même chimère poisson éléphant, La chair de ce cartilagineux est insipide , mais on en mange cependant quelquefois. U parvient ordinairement à la longueur de trois pieds.