LES NASONS
Une protubérance en forme de corne ; ou de grosse loupe sur le nez deux plaques ou boucliers de chaque côté de l'extrémité de ta queue; le corps et la queue recouverte d'une peau rude et comme chagrinée.
espèce.
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CABACTBRES.
Une protubérance cylindrique , horizontale, et __ en forme de corne a»- ' devant des yeux ; une ligne latérale très-sensible.
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CARACTERES
/Une proéminence en forme de grosse loupe audessus de la mâchoîra supérieure, point de ligne latérale visible»,
LE NASON LICORNET.
Sans les observations de l'infatigable Commerson, nous ne connoitrionspas tous les iraits de l'espèce du licornet , et nous ignorerions l'existence du poisson loupe, que nous avons cru, avec cet habile voyageur, devoir renfermer, ainsi que le licornet , dans un genre particulier , distingué par le nom de nason,
La premfère de ces deux espèces frappe aisément les regards par la singularité de la forme de sa tète ; elle attire l'attention de ceux même qui s'occnpent le moins des sciences naturelles. Aussi avoit-elle été très-remarquée par les matelots de l'expédition dont Commerson faisoit partie : ils l'avoient examinée assez souvent pour lui donner an nom ; et comme ils avoient facilement saisi un rapport très-marqué que présente son museau avec le front des animaux fabuleux auxquels l'amour du merveilleux a depuis longtemps attaché la dénomination de licorne, ils l'avoient appelée la petite licorne, ou le licornet , appellation que j'ai cru devoir conserver.
Eu effet, de l'entre-deux des yeux de ce poisson part une protubérance presque cylindrique, renflée à son extrémité, dirigée horizontalement vers le bout du museau, et attachée à la tête proprement dite par une base assez large.
C'est sur cette même base que Ton voit de chaque coté detrx orifices de narines, dont l'antérieur est le plus grand.
Les yeui sont assez gros.
Le museat pointu ; l'ou« la lèvre sapéi la mâchoire < que celle d'ei dernière, de peu serrées le
Des lamés cules, au-des lés dans leur j chaque côté 1
Le corps c mes, caréné recouverts d' comparera c< et notammen
La conleui que entière d mais la nageo l'anus , sont i raies courbes, jaunes ou dorées.
Cette même nageoire dorsale s'étend depuis la nuque Jusqu'à une assez petite distance de la nageoire caudale.
La ligne latérale est voisine du dos, dont
1. A rayons a la membrane des branchies. 6 aiguillons et 30 rayons articulé* a la n
1 aiguillon et 3 rayons articulés a chacune
des thoracihes.
2 aiguillon* et 90 rayons articules à la Ha*
geoire de l'anus.
20 rayons a. la nageoire de la queue.
LE ÏUSON LICORNET.
elle «rit la courbure ; l'anus est situé très* près de la base des thoracines, et, par conquent , plus éloigné de la nageoire caudale que de la gorge.
La nageoire de l'anus est un peu plus basse et presque aussi longue que celle du dos.
La caudale est échancrée en forme de croissant, et les deux cornes qui la terminent sont composées de rayons si allongés, que, lorsqu'ils se rapprochent , ils représentent presque un cercle parfait , au lieu de ne montrer qu'un demi- cercle.
De plus , on voit auprès de la base de celte nageoire, et de chaque côté de la queue , deux plaques osseuses , que Commerson nomme de petits boucliers , dont chacune est grande, dit ce voyageur, comme l'ongle du petit doigt de l'homme, et composée d'une lame un peu relevée en ' carène et échancrée par-devant.
On doit apercevoir d'autant plus aisément ces deux pièces qui forment un caractère remarquable , que la longueur totale de ranimai n'excède pas quelquefois trente-cinq centimètres. Alors le plus grand diamètre vertical du corps proprement dit, celui que l'on peut mesurer au-dessus de l'anus, est de dix ou onze centimètres ; la plus grande épaisseur du poisson est de quatre centimètres ; et la partie de la corne frontale et horizontale, qui est entièrement dégagée du front, a un centimètre de longueur.
Gommerson a vu le licornet auprès des rivages de l'Ile-de-France ; et si les dimensions que nous venons d'indiquer d'après le manuscrit de ce naturaliste , sont celles que ce nason présente le plus souvent dans les parages que ce voyageur a fréquentés, il faut que cette espèce soit bien plus favorisée pour son développement dans la mer Bouge ou mer d'Arabie. En effet , Forskael, qui Ta décrite, et qui a cru devoir la placer parmi celles de la famille des chétodons, au milieu desquels elle a été laissée par le savant Gmelin et par M. Boonaterrc, dit qu'elle parvient à la longueur de cent dis -huit centimètres (une aune ou environ). Les licornets vont par troupes nombreuses dans celte même mer d'Arabie ; on en voit depuis deux cents jusqu'à quatre cents ensemble ; et l'on doit en être d'autant moins surpris , que l'on assure qu'ils ne se nourrissent que des plantes qu'ils peuvent rencontrer sous les eaux. Quoiqu'ils n'aient le besoin ni l'habitude d'attaquer une proie , ils usent avec cou-
rage des avantages que leur donnent leur grandeur et la conformation de leur tête ; ils se défendent avec succès contre des ennemis dangereux ; des pêcheurs arabes ont même dit avoir vu une troupe de ces thoracins entourer avec audace un aigle qui s'étoit précipité sur ces poissons comme sur des animaux faciles à vaincre , opposer le nombre à la force , assaillir l'oiseau carnassier avec une sorte de concert, et le combattre avec assez de constance pour lui donner la mort.