CHINOIS
CARACTÈRES
La nageoire du dos trèslongue ; celle de l'anus assez courte; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure , et relevée; de grandes écailles sur le corps et sur les opercules; la couleur générale d'an vert argentin.
ESPECE
LES CORYPHÈNES.
CINQUIÈME SOUS-GENRE
La nageoire de (a queue, lancéolée*
CA1ACTEMS.
14. L« coR»«âit*(Quara,ll.e-ciD5"yon!à1,f poihto. ™&ovc* du dos; la U-
\ gne la lérale courbe.
£«?<!<** dont /a forme de la nageoire de ta queue n'ett pas encore connue.
ESPECE
CARACTÈRES
KPÈCI.
CAJUCTZMf.
/La«ageoire da dos, celle /Trente-deux «ayons k h
15. Le coryfbbiie! de l'anus, et les thora- 16» La cc*ym»*b) nageoire do dot; «m
vert, j cines, garnies chacune cassjbA, i lama nsismo tor le I
V d'un long filament. \ m«t de U tète.
LE CORYPHÈNE HIPPURUS '.
De tous les poissons qui habitent la hante mer, aucun ne paroît avoir reçu de parure plus magnifique que les Coryphènes. Revêtus d'écaillés grandes et polies, réfléchissant avec vivacité les rayons du soleil, brillant des couleurs les plus variées, cou- 1 verts d'or, pour ainsi dire, et resplendissant de tous les feux du diamant et des pierres orientales les plus précieuses, ils ajoutent d'autant pins, ces coryphènes privilégié^ à la beauté du spectacle de l'Océan, lorsque, sous on ciel sans nuages, de légers zéphirs commandentseuls aux ondes, qu'ils nagent fréquemment à la surface des eaux, qu'on les voit, en quelque sorte, sur le sommet des vagues, que leurs mouvemens très agiles et très répétés multiplient sans cesse les aspects sous lesquels on les considère, ainsi que les reflets éclatans qui les décorent, et que, vo races et audacieux, ils entourent en grandes troupes les vaisseaux qu'ils rencontrent, et s'en approchent d'assez près pour ne rien dérober à l'œil du spectateur, de la variété ni de là richesse des nuances qu'ils étalent. C'est pour indiquer cette prééminence des coryphènes dans l'éclat et dans la diversité de leurs couleurs, ainsi que dans la vélocité de leur course et la rapidité de leurs évolutions, et pour faire allusion d'ailleurs à la hauteur à laquelle ils se plaisanta nager»
1. Dorade; rondanino, sur la côte de Gênes; lampugo en Espagne; dolphin, en Angleterre; dofMfc, dam plusieurs autres endroits 4e l'Europe.
que, suivant plusieurs écrivains, Us ont reçu le nom générique qu'ils portent, et qui vient de deux mots grecs, dont l'un, xopvfri, veut dire commet, et l'autre **#, signifie je nage. On a également prétendu
Sie la dénomination de coryphène, em- , oyée dés le temps des anciens naturalistes, désignoit une des formes les plus remarquables des poissons dont nous parlons, c'est-à-dire, la position de leur nageoire dorsale, qui commence très-prés du haut delatéte.QueU - • • à cet égard, on nom parlieutiei de cheval, dontt espèces de cory formation de ce dont les rayons ques rapports ai hippurus, qui c parvient quelqo d'un mètre et d mé aussi bien c sa bouche tresses lèvres sont é nies de quatre r courbées en arri d'une seule pié( ture branchiale chre vttrs la poit qu'à la nageoire
. A la membrane des branchies* a la nageoire du dos. . • • a chacune des pectorales. . • à chacune des thoracine*. .
k celle de l'anus. . . ♦ ♦ ecsMede le.
iurayosM,
LE CORYPilE.NE MPI CRU».
les écailles sont minces, mais fortement attachées.
A l'indication des formes ajoutons Pexposilion des nuances, pour achever de donner une idée de ce superbe coryphéne. Lorsqu'il est vivant, dans Peau, et en mouvement, il brille sur le dos d'une couleur d'or très-éclatante , mêlée à une belle teinte de bleu ou de vert de mer, que relèvent des taches dorées et le jaune doré de la ligne latérale. Le dessous du corps est argenté. Les nageoires pectorales et thoracines présentent un jaune très vif, à la splendeur duquel ajoute la teinte brune de leur base ; la nageoire caudale, qui offre la même nuance de jaune, est d'ailleurs bordée de vert ; celle de l'anus est dorée ; et une dorure des plus riches Tait remar-
3uer les nombreux rayons de la nageoire orsalc, au milieu de la membrane d'un bleu céleste qui les réunit.
C'est ce magnifique assortiment de couleurs d'or et d'azur qui trahit de loin le coryphéne hippurus, lorsque, cédant à sa voracité naturelle, il poursuit sans relâche les trigîes et les exocets, dont il aime à se nourrir, contraint ces:', poissons volans à s'élancer hors de Peau, les suit d'un regard assuré, pendant que ces animaux effrayés parcourent dans Pair leur demi-cercle, et les reçoit, pour ainsi dire, dans sa gueule, à l'instant où, fatigués d'agiter leurs nageoires pectorales, et ne pouvant plus soutenir dans l'atmosphère leur corps trop pesant, ils retombent au milieu de leur fluide natal, s>ans pouvoir y trouver un asile.
Non-seulement les hippurus cherchent ainsi à satisfaire le besoin impérieux de la faim qui les presse, au milieu des bandes nombreuses de poissons moins grands et plus foibles qu'eux : mais encore, peu difficiles dans le choix de leurs alimens, ils voguent en grandes troupes autour des vaisseaux, les accompagnent avec constance, et saisissent avec tant d'avidité tout ce que les passagers jettent dans la mer, qu'on a trouve dans l'estomac d'un de ces poissons jusqu'à quatre clous de fer, dont un avoit plus de quinze centimètres de longueur.
On profite d'autant plus de leur gloutonnerie pour les prendre, que leur chair est ferme, et très-agréable au goût. Pendant le temps de leur frai, c'est-à-dire, dans le printemps et dans Pautomne, on les pèche avec des filets auprès des rivages, vers lesquels ils vont déposer ou féconder leurs œufs ; et dans les autres saisons, où Ua préfèrent la haute mer, on se sert de li-
gnes de fond * , que la voracité de ces coryphènes rend très-dangereuses pour ce s animaux. Ce qui fait d'ailleurs que leur recherche est facile et avantageuse, c'est qu'ils sont en très-grand nombre dans les parties de la mer qui leur conviennent, parce qu'indépendamment de leur fécondité, ils croissent si vile, qu'on les voit grandir d'une manière très-prompte dans les nasses où on les renferme après les avoir pris en vie.
Us vivent dans presque toutes les mers chaudes et même tempérées.On les trouve • non-seulement dans le grand Océan, équalorial , improprement appelé mer Pacifique, mais encore dans une grande portion de l'Océan atlantique, et jusque dans la Méditerranée.
LE CORYPHÉNE DORADOiN.
Nous conservons ce nom de doradon à un coryphéne qui a plusieurs traits communs avec Pbippurus, mais qui en diffère par plusieurs autres. Il en est séparé par le nombre des rayons de la nageoire dorsale, qui n'en renferme que cinquante ou environ, par celui des rayons de la membrane des branchies, qui n'en comprend que six, pendant que la membrane branchiale de Phippurus en présente sept et quelquefois dix, et de plus par la disposition des taches couleur d'or qui ne sont disséminées que sur la partie supérieure du corps et de la queue. D'ailleurs, en jetant les yeux sur une peinture exécutée d'après Jes dessins coloriés et originaux du célèbre Plumier, laquelle fait partie de la belle collection de peintures sur vélin déposées dans le Muséum d'Histoire Naturelle, et qui représente avec autant d'exactitude que de vivacité les brillantes nuances du doradon, on ne peut pas douter que ce dernier coryphéne n'ait chacjn des opercules de ses branchies composé de deux lames, pendant que l'opercule de Phippurus est formé d'une seule pièce. On pourra s'en assurer en examinant la copie de cette peinture, que nous avons cru devoir faire graver. Au reste, l'agilité, la voracité et les autres qualités du doradon, ainsi que les diverses habitudes de ce poisson, sont à peu près les mêmes que celles de Phippurus ; et on
1. Voyes, sur les lignes de fond, l'article d s U ait bouclé* et celai de 1« murbu cengrt*
LE CORYPHEtfE DORADON.
la trouve également dans un grand nombre de mers chaudes ou tempérées *.
LE
CORYPHÈNE CHRYSURUS*.
C'est dans la mer Pacifique, ou plutôt dans le grand Océan équatorial, que ce superbe coryphéne a été vu par Gommerson, qui accompagnoit alors notre célèbre navigateur Bougainville. Il Ta observé sur la fin d'avril de 1768, vers le 16' degré de latitude australe , et le 170e de longitude. Au premier coup d'œil, on croiroit devoir le rapporter à la même espèce que l'hippurus ; mais, en le décrivant d'après Commerson, nous allons montrer aisément qu'il en diffère par un grand nombre de caractères.
Toute la surface de ce coryphéne, et particulièrement sa queue, brillent d'une couleur d'or trés-éclatante. Quelques nuances d'argent sont seulement répandues sur la gorge et la poitrine; et quelques teintes d'un bleu céleste jouent, pour ainsi dire, au milieu des reflets dorés du sommet du dos. Une belle couleur d'azur paroit aussi sur les nageoires, principalement sur celle du dos et sur les pectorales ; elle est relevée sur les thoracines par le jaune d'une partie des rayons, et sur celle de l'anus, par les teintes dorées avec lesquelles elle y est mêlée ; mais elle ne se montre sur la nageoire de la queue que pour y former un léger liseré, et pour y encadrer, en quelque sorte, l'or resplendissant qui la recouvre, et qui a indiqué le nom du coryphéne 8.
Ajoutons, pour achever de peindre la magnifique parure du chrysurus, que des taches» bleues et lenticulaires sont répandues sans ordre sur le dos, les côtés et la partie inférieure du poisson, et scintillent au milieu de l'or, comme autant de saphirs enchâssés dans le plus riche des métaux.
L'admirable vêtement que la Nature a